Retraites : l’opinion de plus en plus hostile à la réforme
Selon plusieurs enquêtes d’opinion, la part des Français hostiles vis-à-vis de la réforme des retraites a progressé depuis le début du mois de décembre. Un argument pour les syndicats qui se retrouvent ce jeudi à Matignon.

Retraites : l’opinion de plus en plus hostile à la réforme

Selon plusieurs enquêtes d’opinion, la part des Français hostiles vis-à-vis de la réforme des retraites a progressé depuis le début du mois de décembre. Un argument pour les syndicats qui se retrouvent ce jeudi à Matignon.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Après deux semaines de grève contre la réforme des retraites, la défiance s’installe dans l’opinion. Le discours du gouvernement n’y a rien fait, la part des Français mécontents par le projet de réforme des retraites semble progresser. Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié le 18 décembre, 57% des personnes interrogées se disent opposées au projet. Le 12 décembre, selon le même institut, ils étaient 49 % à y être opposés, et 50 % à y favorables.

L’enquête dévoilée le 18 décembre précise aussi que 49 % des Français attendent une révision en profondeur de la réforme de la part de l'exécutif. Selon un conseiller de l’Élysée, Emmanuel Macron serait « disposé à améliorer » le projet, mais pas au point de le « dénaturer ». Et si 67% de l’échantillon se disent favorables à la fin des 42 régimes spéciaux existants, seulement 52% des sondés adhèrent à la mise en place d'un système universel de retraite par points. L’hypothèse d'un âge pivot à 64 ans avec un système de bonus-malus, dont la CFDT a fait une ligne rouge dans ses lignes, est d’ailleurs massivement rejetée : seulement 33 % des sondés sont convaincus par la mesure.

Pour près d’un Français sur deux, la responsabilité du conflit incombe au gouvernement

Selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, publié le 14 décembre, l’opinion publique soutient toujours le mouvement de grève : 54 % des sondés le soutiennent, alors qu’ils n’étaient que 46 %, avant le début de la mobilisation, selon une enquête du même institut rendue publique le 1er décembre. C’est d’ailleurs ce qu’a mis en avant Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, lors de sa rencontre avec le Premier ministre, hier. « L’opinion publique est toujours très favorable au mouvement social. J’ai dit au Premier ministre que plus la grève durerait, plus sa capacité à convaincre allait être ardue. »

Seule la perspective de difficultés dans les transports à l’approche des fêtes semble altérer le soutien d’une majorité de la population. Selon l’enquête Elabe ou l’enquête Ifop, 60 à 70% des personnes interrogées souhaiteraient une « trêve de Noël ». Mais le gouvernement est la première victime de la prolongation du conflit. Toujours selon l’enquête Elabe, 46% des Français considèrent désormais qu’Emmanuel Macron et le gouvernement sont les principaux responsables du conflit social. C’est 5 points de plus en six jours. 26% attribuent la responsabilité aux syndicats (deux points de moins par rapport au 12 décembre), et 28% aux deux (moins trois points).

Partager cet article

Dans la même thématique

Retraites : l’opinion de plus en plus hostile à la réforme
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le