Retraites : l’utilisation du vote bloqué « n’est pas un coup de force », assure Franck Riester
Au micro de Public Sénat, Franck Riester, le ministre des relations avec le Parlement, assure que le recours à l’article 44-3 de la Constitution pour permettre un vote unique sur l’ensemble de la réforme des retraites, permettra d’aller « au fond des débats », et de mettre fin à l’obstruction déployée par la gauche.

Retraites : l’utilisation du vote bloqué « n’est pas un coup de force », assure Franck Riester

Au micro de Public Sénat, Franck Riester, le ministre des relations avec le Parlement, assure que le recours à l’article 44-3 de la Constitution pour permettre un vote unique sur l’ensemble de la réforme des retraites, permettra d’aller « au fond des débats », et de mettre fin à l’obstruction déployée par la gauche.
Romain David

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Ce n’est pas du tout un coup de force ». Franck Riester, le ministre des relations avec le Parlement a justifié sur notre antenne le recours à la procédure dite du « vote bloqué » sur la réforme des retraites. Ce vendredi 10 mars, l’examen du projet de loi a connu un ultime rebondissement au huitième jour de débats lorsque le gouvernement a utilisé l’article 44-3 pour accélérer les débats. Il permet à une assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie d’un texte en discussion en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le Gouvernement.

« Le gouvernement souhaite la clarté des débats, souhaite éviter l’obstruction et utilise une disposition de la Constitution française, notre règle suprême en matière de droit, pour veiller à ce que nous puissions aller au fond des débats », a expliqué Franck Riester. « Cet article 44-3 a déjà été utilisé par le passé, encore sous le quinquennat de François Hollande ici au Sénat. »

» Lire aussi - Vote bloqué sur les retraites : « Nous avons constaté une volonté des groupes de gauche de faire de l’obstruction », justifie Olivier Dussopt

Les signataires des amendements retenus par le gouvernement ont encore la possibilité d’intervenir pour les défendre, tout comme ceux non retenus. les non retenus ne seront eux pas soumis au vote et il n’y aura pas d’explication de vote. Si bien que les débats pourraient encore se prolonger jusqu’à dimanche. « Cela laissera tout le temps au sénateur, de proposer, de défendre et de critiquer ce texte de loi », indique le ministre des Relations avec le Parlement. « L’échec démocratique c’est l’obstruction lorsque cela fait plus de 74 heures de débat, et qu’il y a des séries d’amendements déposés en permanence par les sénateurs de gauche pour ralentir les débats et ne pas permettre la clarté. »

« Nous souhaitons, au-delà de la majorité présidentielle, une majorité plus large pour voter cette réforme »

Le texte sera débattu en commission mixte paritaire mercredi, lors de laquelle des représentants des deux chambres tenteront de s’accorder sur une version commune, sachant que l’Assemblée nationale n’avait pas pu aller au bout de l’examen. S’ils parviennent à élaborer une version dite « de compromis », celle-ci sera encore soumise au vote du Parlement, avec ce risque à l’Assemblée, d’un recours au 49-3. « Nous voulons un vote majoritaire à l’Assemblée, c’est pour ça que nous avons écouté les oppositions, les organisations syndicales et que nous avons modifié le texte. Nous sommes toujours et encore à l’écoute, et nous souhaitons, au-delà de la majorité présidentielle, une majorité plus large pour voter cette réforme et sauver notre système par répartition », conclut Franck Riester.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Emmanuel Gregoire presentation programme elections municipales
9min

Politique

Metro 24h/24, « refondation du périscolaire », logements sociaux, goûter gratuit : Emmanuel Grégoire présente son projet pour les municipales à Paris

Le candidat de la gauche unie, hors LFI, mise sur un projet classique de gauche, mêlant mesures sociales et écologiques. Il récuse les attaques de la droite sur le manque de sérieux budgétaire et renvoie « Rachida Dati et Sarah Knafo » dos à dos. Pour le socialiste, ce sont « les deux faces d’une même pièce ».

Le

CONSEIL MUNICIPAL DE TOULOUSE
6min

Politique

Municipales 2026 :  près d’un maire sortant sur deux a hésité ou renoncé à se représenter

Organisée à quelques semaines des élections municipales, une consultation Ipsos bva pour le Sénat souligne l'incertitude de près de la moitié des maires sur une nouvelle candidature. La difficulté de concilier mandat et vie privée est largement invoquée, mais d’autres motivations sont régulièrement citées, comme les violences verbales ou physiques et le manque de reconnaissance.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
6min

Politique

Budget : la saisine du Conseil constitutionnel par Sébastien Lecornu « interroge » au Sénat

Inédit dans l’histoire récente, le Premier ministre a saisi lui-même le Conseil constitutionnel sur le budget. Sébastien Lecornu s’interroge notamment sur la solidité juridique de dispositifs, portant sur des niches fiscales et taxation de grandes entreprises. Les socialistes craignent la remise en cause à retardement d’éléments constitutifs du pacte de non-censure.

Le

Retraites : l’utilisation du vote bloqué « n’est pas un coup de force », assure Franck Riester
6min

Politique

Jeux vidéo : « Le harcèlement ne s’est arrêté que lorsqu’un homme a pris la parole » témoigne la streameuse Ultia

Alors que les femmes représentent aujourd’hui la moitié des joueurs de jeux vidéo, elles ne constituent qu’environ 10 % des streamers sur les grandes plateformes. Lors d’une table ronde organisée par la délégation aux droits des femmes, au Sénat, streameuses, journalistes et professionnelles du secteur ont dressé un constat sévère : le streaming, devenu un véritable espace de travail et de carrière, reste structuré par des violences sexistes, racistes et économiques qui freinent, voire brisent, les trajectoires des femmes.

Le