Retraites : « La Constitution a été respectée, je ne vois pas pourquoi deux mois après on reviendrait sur ce texte » s’étonne Philippe Manière.

La réforme des retraites a beau avoir été adoptée mi-avril sans vote du Parlement, les oppositions tentent toujours d’abroger un texte qu’elles estiment injuste. Les élus du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT) ont mis sur la table une proposition de loi visant à faire revenir l’âge légal à 62 ans. Mais avant son éventuel examen le 8 juin, la majorité présidentielle est parvenue ce mercredi à supprimer sa principale mesure en commission. Est-il normal de vouloir débattre d'une loi récemment adoptée par le Parlement ?
Antoine Ogier

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Interrogé à ce sujet sur le plateau d' »Et Maintenant ! », le président de la société Vae Solis, spécialisée dans la communication politique, donne raison au gouvernement, qui ne souhaite pas débattre de nouveau dans l’hémicycle. Selon Philippe Manière, l’adoption de la réforme des retraites est le résultat d’un processus démocratique. 

La Constitution a été respectée, je ne vois pas pourquoi deux mois après on reviendrait sur ce texte

Philippe Manière juge par ailleurs que cette réforme est nécessaire, et estime que « le gouvernement ne tire aucun bénéfice politique » à la faire mais qu’il agit « en responsabilité ».

 Faire cette réforme est nécessaire et le gouvernement a le courage de la faire 

Des propos qui ont suscité la vive réaction de Christophe Aguiton. Comme 71% des Français (sondage Elabe), il souhaite que la proposition de loi LIOT soit débattue et mise au vote à l’Assemblée.

 

Financer les hôpitaux, lutter contre le changement climatique, réduire la dette, mettre en place une retraite minimum : pour le sociologue et militant altermondialiste, le gouvernement a avancé trop d’arguments contradictoires et rétropédalé à de trop nombreuses reprises sur cette réforme pour être pris au sérieux.

Depuis le début le gouvernement patauge dans le débat et ne l’assume pas 

Le texte déposé par les députés LIOT représente une opportunité de revenir sur un vote qui selon lui n’a « pas vraiment eu lieu », étant donné que les députés se sont uniquement prononcés sur une motion de censure visant à renverser le gouvernement. 

C’est une des rares réformes de cette importance où il n’y a jamais eu de vote du Parlement, jamais ! 

Malgré le rejet de l’abrogation des 64 ans mercredi par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, les députés de l’opposition ont affirmé vouloir rester mobilisés. Mais dans un tel contexte, reste-t-il un espoir de voir l’âge légal de départ à la retraite revenir à 62 ans ? Quelles conséquences ce rejet va-t-il avoir et comment les frustrations de l’opposition vont-elles s’exprimer ? En attendant l’examen définitif du texte prévu le jeudi 8 juin en séance publique de l’Assemblée nationale, la réforme risque encore de faire beaucoup parler d’elle.

 

retrouvez l’émission en intégralité ici

Partager cet article

Dans la même thématique

Retraites : « La Constitution a été respectée, je ne vois pas pourquoi deux mois après on reviendrait sur ce texte » s’étonne Philippe Manière.
3min

Politique

« À l'EHPAD ! » : Gabriel Attal face aux questions sans filtre de nos aînés

Pour le lancement de « À l'EHPAD ! », le nouveau programme d'Au Tableau Productions, des résidents de maisons de retraite interrogent les candidats à la présidentielle 2027. Premier sur le grill : Gabriel Attal, venu à Suresnes à la rencontre des aînés. Un échange spontané et sans détour, à découvrir dès maintenant la chaîne YouTube de l'émission et publicsenat.fr.

Le

Paris : Socialist Party Primary Debate Ahead of France’s 2027 Presidential Election
7min

Politique

« L’éléphant dans la pièce » : LFI s’invite encore dans le débat de la primaire socialiste 

Pour leur deuxième débat, les cinq candidats à la primaire sociale-démocrate ont une nouvelle fois buté sur les mêmes lignes de fracture. La France insoumise, pourtant absente du plateau, s'est imposée dans les échanges, de la mobilisation lycéenne aux alliances en vue des législatives. Sur Gaza, le mot « génocide » a fait voler en éclats la courtoisie de façade entre Olivier Faure, Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj.

Le

Senat : QAG
9min

Politique

Tentative de groupe Nouvelle Energie et de « putsch » contre Claude Malhuret, « psychodrame » : c’est la folle semaine du « mercato » au Sénat

La suite des sénatoriales réserve quelques surprises. Des sénateurs membres de Nouvelle énergie, le parti du candidat à la présidentielle, David Lisnard, ont tenté de créer un nouveau groupe, avec des frondeurs du groupe Les Indépendants, présidé par Claude Malhuret, proche d’Edouard Philippe. L’affaire semble jusqu’ici échouer, mais crée des tensions au Palais du Luxembourg, où la semaine du « mercato » bat son plein.

Le

La sélection de la rédaction

Retraites : « La Constitution a été respectée, je ne vois pas pourquoi deux mois après on reviendrait sur ce texte » s’étonne Philippe Manière.
5min

Politique

Abrogation de la réforme des retraites : «Lorsqu’un vote déplaît à la Nupes, elle n’a qu’une réponse, l’obstruction », raille Elisabeth Borne

À l’occasion de la séance des questions au gouvernement, le sénateur Guillaume Gontard, président du groupe écologiste, a interpellé la Première ministre sur l’examen houleux, à l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi pour abroger la réforme des retraites. Il a accusé la majorité présidentielle de brider les droits de l’opposition pour mettre fin au débat. L’occasion d’un vif échange avec Elisabeth Borne.

Le