Age de départ, montant des pensions, prise en compte de la pénibilité... Contestée dans la rue depuis plus d'un mois, la réforme des retraites a...
Retraites: la droite impose un débat au Sénat, inquiète de l’équilibre financier
Age de départ, montant des pensions, prise en compte de la pénibilité... Contestée dans la rue depuis plus d'un mois, la réforme des retraites a...
Par Véronique MARTINACHE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Age de départ, montant des pensions, prise en compte de la pénibilité... Contestée dans la rue depuis plus d'un mois, la réforme des retraites a été débattue mardi au Sénat dominé par l'opposition de droite, "inquiète" quant à son équilibre financier.
Les mêmes sujets de préoccupation ont été soulevés dans la soirée à l'Assemblée nationale, lors d'une séance de questions assez techniques, à l'initiative des députés LR.
Le projet gouvernemental sur la retraite par points, qui doit être présenté en Conseil des ministres le 24 janvier, n'est pas attendu au Parlement avant la mi-février mais le Sénat a pris les devants en organisant un débat en bonne et due forme sur ce sujet qualifié de "hautement inflammable" par le président LR de la commission des Affaires sociales Alain Milon.
"Bismarck disait : +les lois c'est comme les saucisses, il vaut mieux ne pas savoir comment elles sont préparées+. Mais les Français ne sont pas comme Bismarck et préfèrent le savoir. Et nous, parlementaires, encore plus. D'où l'utilité de ce débat", a lancé Claude Malhuret, président du groupe Les Indépendants.
"Le gouvernement a tout fait pour démonétiser sa propre parole", il a "tout fait pour créer le doute et la confusion dans l'esprit de nos compatriotes", a accusé M. Milon, estimant qu'"il ne doit pas s'étonner de la défiance".
"Nous ne sommes pas farouchement opposés à une réforme", a assuré pour Les Républicains René-Paul Savary, tout en déclinant toute une série de motifs d'"inquiétudes": pour les femmes, pour les pensions de réversion, mais surtout "quant à l'équilibre financier de ce futur projet de loi".
"Quant à l'âge pivot, ma foi on en reparlera plus tard... pas d'histoire d'argent entre nous", a-t-il ironisé, alors que LR défend un recul de l'âge légal de départ à la retraite de 62 ans à 64 ans puis 65 ans, seul moyen selon LR de garantir le pouvoir d'achat des retraités.
"Nous venons de passer six mois sans que le gouvernement soit capable de nous dire quels sont les enjeux budgétaires, c'est pourtant la question principale. L'âge d'équilibre, nous ne savons plus si vous allez le maintenir", a renchéri Philippe Dallier.
- "Reculades" -
Edouard Philippe parle à la presse le 7 janvier 2019 à l'issue d'une réunion avec les partenaires sociaux rue de Grenelle
AFP
Edouard Philippe a annoncé mardi que les partenaires sociaux se retrouveraient vendredi à Matignon pour discuter de la conférence de financement proposée par Laurent Berger, opposé à l'instauration d'un âge pivot pour inciter les Français à travailler plus longtemps dès 2022.
"Le débat est ouvert", a sobrement réagi le secrétaire d'Etat chargé des Retraites, Laurent Pietraszewski, se refusant à "préjuger de ces négociations", et souvent évasif dans ses réponses.
Défendant une réforme "nécessaire", Jean-Marie Vanlerenberghe (centriste) a lui plaidé pour une mise "entre parenthèses" de l'âge pivot et a estimé que les critères définissant la pénibilité étaient "à reconsidérer, notamment pour les charges lourdes".
"La pénibilité est pour nous un élément essentiel dont il faut tenir compte", a abondé Stéphane Artano (RDSE à majorité radicale).
A gauche, PS et CRCE à majorité communiste ont réclamé le retrait pur et simple de la réforme. Elle est "structurellement inégalitaire", a attaqué le président du groupe PS Patrick Kanner, jugeant que l'âge pivot à 64 ans est "une aberration, une régression sociale".
Laurent Pietraszewski à l'Assemblée nationale le 7 janvier 2019
AFP
Pour Cathy Apourceau-Poly (CRCE), qui a rendu "hommage aux salariés qui se mobilisent depuis un mois", le système universel proposé par le gouvernement "masque la volonté de niveler les droits sociaux vers le bas".
M. Pietraszewski a au contraire défendu une réforme qui garantit "l'équité et la justice sociale", soulignant que la mise en place du système universel "ne signifie pas l'application de règles rigides, identiques pour tous".
A l'Assemblée, il a eu à répondre à une batterie de questions sur l'extinction des régimes spéciaux, les professions libérales et encore les petites pensions.
"On ne compte plus les reculades. M. Macron parvient à bloquer le pays sans même le réformer", a attaqué Virginie Duby-Muller (LR).
Le patron du groupe de droite Damien Abad voulait "mettre un terme au piétinement du Parlement qui n'a pas été consulté". Il prévoit un nouveau débat au Palais Bourbon le 4 février.
« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.
Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.
Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.
Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.