Retraites : la gauche veut marcher vers l’Elysée pour donner « une dernière chance » à Macron de retirer sa réforme
A l’initiative des élus parlementaires communistes, un cortège de parlementaires de gauche se rendra à l’Elysée mardi 4 avril pour demander « solennellement » au président de la République, le retrait de la réforme des retraites. André Chassaigne, le président du groupe communiste de l’Assemblée espère qu’une centaine d’élus fera le déplacement.

Retraites : la gauche veut marcher vers l’Elysée pour donner « une dernière chance » à Macron de retirer sa réforme

A l’initiative des élus parlementaires communistes, un cortège de parlementaires de gauche se rendra à l’Elysée mardi 4 avril pour demander « solennellement » au président de la République, le retrait de la réforme des retraites. André Chassaigne, le président du groupe communiste de l’Assemblée espère qu’une centaine d’élus fera le déplacement.
Simon Barbarit

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La présidente du groupe CRCE (à majorité communiste), Éliane Assassi avait prévenu la semaine dernière. « On ne peut pas continuer à siéger comme si de rien n’était ». Si la crise sociale provoquée par la réforme des retraites peine à retomber, le mécontentement des parlementaires de gauche aussi. Les députés et sénateurs communistes ont donc annoncé jeudi l’organisation d’une marche depuis l’Assemblée nationale vers l’Elysée afin de remettre au président de la République un courrier lui demandant de retirer son projet de recul de l’âge de départ à la retraite à 64 ans. Les 252 députés et sénateurs qui ont signé la proposition de loi demandant un référendum d’initiative partagée (RIP) sur le report de l’âge légal sont invités à se joindre à la manifestation.

« Si on est une centaine avec l’écharpe tricolore, l’image sera forte »

« C’est une manifestation solennelle, je dirais même un cortège républicain. Pour le moment, les réponses des parlementaires sont plutôt favorables. Il y aura des élus des trois groupes de gauche du Sénat, ceux des 4 groupes de gauches de l’Assemblées et j’attends le retour de Bertrand Pancher, le président du groupe LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires). Si on est une centaine avec l’écharpe tricolore, l’image sera forte », indique André Chassaigne, le président du groupe communiste de l’Assemblée.

A l’heure où nous écrivons ses lignes, Public Sénat n’a toutefois pas pu se faire confirmer la présence de parlementaires socialistes à cette manifestation. « On y réfléchit encore », a indiqué le député socialiste Boris Vallaud à notre chaîne.

Le cortège démarrera depuis l’Assemblée nationale à 10H30. « On ne passera pas par la place Beauvau pour éviter de mélanger les genres. Nous passerons par la Concorde pour nous rendre à l’Elysée », indique le député du Puy-de-Dôme qui espère qu’Emmanuel Macron recevra une délégation de présidents de groupe afin qu’ils puissent lui remettre leur lettre en mains propres.

Le texte est en cours d’écriture. Il sera notamment question pour les élus d’exprimer leur mécontentement sur la méthode employée pour faire passer la réforme. « L’exécutif a utilisé l’ensemble des articles de la Constitution qui permettent d’écraser le Parlement. Nous avons eu droit au paquet complet », insiste André Chassaigne.

« Nous allons apporter une solution au Président sur un plateau »

Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard sera du cortège mardi. « Nous sommes dans un blocage politique et institutionnel. Élisabeth Borne et Emmanuel Macron n’ont plus la main. Ils ne peuvent pas gouverner avec des majorités de projet texte par texte. On a vu que les LR n’étaient pas des alliés fiables. Je ne connais aucun pays démocratique où on arrive à une telle crise avec un gouvernement qui continue comme si de rien n’était. Nous allons apporter une solution au Président sur un plateau. Qu’il retire sa réforme, c’est une décision de sagesse. Nous en appelons à sa responsabilité ».

Invitée de Public Sénat, ce vendredi, la députée écologiste Sandrine Rousseau a indiqué que cette marche avait pour but d’instaurer « un rapport de force direct avec le président de la République ».

La sénatrice communiste, Cathy Apourceau-Poly complète : « Nous donnons une dernière chance au président de la République d’entendre les parlementaires et les Français. Ce n’est pas rien la signature de 252 députés et sénateurs pour demander la mise en place d’un référendum sur le sujet »,

Le 14 avril prochain, le Conseil constitutionnel rendra ses décisions sur les recours déposés autour de la réforme des retraites, notamment la mise en place du RIP. Si les sages valident la proposition de loi, elle devra encore recueillir la signature d’au moins 10 % des électeurs inscrits sur les listes électorales dans un délai de six mois pour qu’un référendum puisse avoir lieu.

« Le mouvement social va se prolonger »

Mais comme l’ont rappelé plusieurs constitutionnalistes, une validation du RIP n’entraîne pas la suspension du report de l’âge légal pendant la durée de recueil des signatures. Les parlementaires de gauche aimeraient obtenir a minima l’engagement du chef de l’Etat de suspendre sa réforme si le Conseil Constitutionnel valide la proposition de loi référendaire. « J’irai même plus loin, on peut lui demander d’organiser lui-même le référendum. Emmanuel Macron ne se rend pas compte du bouillonnement démocratique que va entraîner la campagne du RIP. Nous irons partout pour obtenir les 4,7 millions de signatures nécessaires. Le mouvement social va se prolonger », prévient André Chassaigne.

« Il serait d’une irresponsabilité totale de la part du gouvernement de ne pas suspendre sa réforme si le RIP était validé par le Conseil constitutionnel », ajoute Guillaume Gontard.

En 2010, lors de l’examen de la réforme des retraites de la présidence Sarkozy, les élus communistes étaient venus présenter devant le Fouquet’s des sacs de pétitions demandant au gouvernement de retirer la réforme avant de les remettre à l’Elysée. « Vous me donnez une idée. Si le RIP n’est pas validé par le Conseil, nous lancerons des pétitions citoyennes. On est comme ces petits chiens dans les fermes. Quand on tient le mollet, on ne le lâche pas », conclut André Chassaigne.

 

 

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