Fin des régimes spéciaux : le gouvernement n’exclut pas d’aller plus vite, à la demande des sénateurs LR
Alors que Bruno Retailleau, à la tête des sénateurs LR, demande « que l’on n’attende pas 43 ans pour la suppression des régimes spéciaux », le ministre du Travail, Olivier Dussopt, dit « pourquoi pas », tout en attendant de voir la proposition précise de la droite sénatoriale.

Fin des régimes spéciaux : le gouvernement n’exclut pas d’aller plus vite, à la demande des sénateurs LR

Alors que Bruno Retailleau, à la tête des sénateurs LR, demande « que l’on n’attende pas 43 ans pour la suppression des régimes spéciaux », le ministre du Travail, Olivier Dussopt, dit « pourquoi pas », tout en attendant de voir la proposition précise de la droite sénatoriale.
François Vignal

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La main tendue du gouvernement aux LR continue. Après les députés, l’exécutif se montre à l’écoute des sénateurs LR, au moment où la Haute assemblée s’apprête à débuter l’examen de la réforme des retraites, ce mardi en commission, puis jeudi en séance. Si elle soutient le texte dans son ensemble, la droite sénatoriale met sur la table plusieurs sujets qu’elle entend modifier.

Le président du groupe LR, Bruno Retailleau, veut notamment durcir la réforme sur la fin des régimes spéciaux, comme nous l’expliquions la semaine dernière. Au Parisien, il a développé sa pensée samedi. « C’est une mesure qui va dans le bon sens, mais qui est trop timide. Pour que les Français acceptent une réforme, il faut qu’elle soit juste. Les régimes spéciaux sont des cas flagrants d’injustice. Nous voulons accélérer la convergence des régimes spéciaux sur le régime général dès 2025, alors que le gouvernement n’a inscrit dans le texte aucune date pour cet alignement », affirme le patron des sénateurs LR. « Ensuite, si la réforme s’applique immédiatement aux nouveaux embauchés, la « clause du grand-père » protège ceux qui bénéficient aujourd’hui de ces régimes. Nous souhaiterions qu’ici aussi, la convergence soit plus rapide et que l’on n’attende pas 43 ans pour la suppression de ces régimes spéciaux », demande le sénateur de Vendée, qui s’est entretenu par téléphone avec la première ministre Elisabeth Borne vendredi.

« Voir comment on articule la disposition au respect de ce contrat social qui lie les salariés qui ont été recrutés dans un cadre »

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, s’est vite montré ouvert sur cette question. Faut-il trouver un moyen d’éteindre plus rapidement les régimes spéciaux ? « Pourquoi pas. Mais il faut voir comment est proposée la disposition et comment on l’articule au respect de ce contrat social qui lie les salariés qui ont été recrutés dans un cadre et qui demandent, assez légitimement, à ce que ce cadre soit conservé, car il était ainsi fait, quand ils ont signé leur contrat », a affirmé dimanche sur BFM TV Olivier Dussopt.

Une ouverture assumée, qui risque cependant de mettre de l’huile sur le jeu, alors que les syndicats, notamment à la RATP, appellent à une grève reconductible à partir du 7 mars. « Ça fait partie des choses à avoir en tête », reconnaît le ministre. Hervé Marseille, président du groupe Union centriste du Sénat, sans qui les LR n’ont pas de majorité au Sénat, l’a aussi bien en tête. Aux Echos, celui qui est aussi président de l’UDI a souligné que « la proposition de Bruno Retailleau mérit(ait) considération. Mais attention, cela peut relancer la contestation. Il faut examiner cela avec précaution… »

Lire aussi » Réforme des retraites : comment droite et gauche vont aborder le texte au Sénat

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