Lundi soir sur les chaînes parlementaires, le ministre des Relations avec le Parlement a admis que les femmes « seraient un peu pénalisées » par la réforme des retraites. Des propos à rebours de la communication gouvernementale qui vante depuis des semaines « un projet de justice ». Les déclarations de Franck Riester ont aussi braqué les LR, des alliés indispensables pour faire passer la réforme par un vote du Parlement.
Retraites : « Les femmes et leur maternité, c’est l’angle mort de la réforme », notent les sénateurs LR
Lundi soir sur les chaînes parlementaires, le ministre des Relations avec le Parlement a admis que les femmes « seraient un peu pénalisées » par la réforme des retraites. Des propos à rebours de la communication gouvernementale qui vante depuis des semaines « un projet de justice ». Les déclarations de Franck Riester ont aussi braqué les LR, des alliés indispensables pour faire passer la réforme par un vote du Parlement.
Le ministre des Relations avec le Parlement, a en effet, maladroitement confirmé les enseignements d’une étude d’impact selon laquelle les femmes subiront un report moyen de leur âge de départ à la retraite de sept mois, contre cinq mois pour les hommes.
« On demande un effort à tout le monde y compris aux femmes »
« Les trimestres par enfant ne jouent pas sur le report de l’âge, ils jouent sur la durée de cotisation » […] Les femmes pour atteindre leur durée de cotisation utilisent notamment des trimestres validés par enfant […] Evidemment si vous reportez l’âge légal (à 64 ans), elles sont un peu pénalisées. On ne disconvient absolument pas », a admis Franck Riester avant d’enfoncer le clou : « On n’a jamais dit que tout le monde était gagnant. On demande un effort aux Français pour pouvoir équilibrer notre système de retraite. On demande un effort à tout le monde y compris aux femmes ».
Le ministre a, certes, bien rappelé les mesures de compensation qui vont bénéficier aux femmes, telles qu’une revalorisation des plus petites pensions, la prise en compte des congés parentaux dans le calcul de la durée de cotisation ou encore l’âge d’annulation de la décote maintenu à 67 ans, mais le mal est fait. Et l’ambition de rassembler sur cette réforme une majorité de parlementaires Renaissance et LR, prend du plomb dans l’aile.
« Nous attendons que le gouvernement fasse preuve d’ouverture »
Les sénateurs LR, qui soutiennent pourtant l’esprit de la réforme, appellent le gouvernement à se « remettre au travail », selon les termes de Jérôme Bascher qui a déjà indiqué, qu’en l’état, il ne voterait pas la réforme. « C’est mieux de dire la vérité que de la cacher. Mais il faut dire aussi quelles sont les mesures de corrections. Les femmes et leur maternité, c’est l’angle mort de la réforme. Comment va-t-on les prendre en compte pour qu’elles ne soient pas pénalisées ? Le diable est dans les détails », a estimé le secrétaire de la commission des finances du Sénat.
« Nous attendons de pied ferme le texte au Sénat […] Nous avons des amendements sur les carrières longues, hachées, sur les femmes… Nous attendons que le gouvernement sur ces éléments-là fasse preuve d’ouverture », encourage le vice-président du Sénat, Roger Karoutchi.
Un conseil que va devoir prendre au sérieux l’exécutif sous peine de dire adieu à sa majorité pour voter le projet de loi. Selon un décompte de France Inter, 16 députés LR sur 62 assurent qu’ils voteront contre la réforme. Si tel était le cas, le gouvernement devrait avoir recours à l’article 47 alinéa 1 de la Constitution qui permet à un budget de la Sécu d’être transmis au Sénat sans vote de l’Assemblée, après 20 jours de débat.
Une perspective prise avec prudence par Roger Karoutchi. « Ils disent qu’ils vont voter contre avant même le débat parlementaire. Attendons quand même que ce texte arrive à l’Assemblée. Avec la pression qu’exercent les manifestants, qu’il y ait des réticences, je peux le comprendre. Mais il faut qu’on trouve une solution. Tout le monde, députés et sénateurs (LR) sont conscients que le système actuel de retraite n’est pas tenable donc il faudra bien une réforme […] Si l’Assemblée n’est pas plus tenable, il faudra une dissolution. Est-ce que les députés LR veulent une dissolution ? Je ne le crois pas ».
En attendant, le gouvernement est fortement encouragé à se pencher sur l’égalité hommes femmes vis-à-vis du départ à la retraite.
« Une campagne familiale juste doit accompagner cette réforme des retraites »
« D’un côté, on nous annonce que le nombre d’enfants ne sera pas pris en compte dans (le calcul) des trimestres, de l’autre, on nous dit qu’on va revaloriser les congés parentaux. Mais le problème reste le même car on sait très bien que la disparité énorme entre la rémunération entre les femmes et les hommes entraîne une disparité des taux de pension », rappelle la vice-présidente de la délégation aux droits des Femmes, Laure Darcos, qui assure qu’elle déposera des amendements pour favoriser les femmes.
La présidente de la commission des affaires sociales du Sénat, Catherine Deroche parle même de « faute ». « Il faudra revenir dessus […] Une campagne familiale juste doit accompagner cette réforme des retraites », plaide-t-elle.
« Les femmes continueront à partir plus tôt que les hommes », assure Élisabeth Borne
A quelques jours d’un nouveau mouvement social contre la réforme, Élisabeth Borne a tenté d’éteindre l’incendie aux questions d’actualité au gouvernement à l’Assemblée nationale, ce mardi 25 janvier. « Je ne peux pas laisser dire que notre projet ne protégerait pas les femmes », a martelé la Première ministre, chahutée par les bancs de la gauche.
« Nous protégeons les femmes qui ont des carrières incomplètes et hachées, les femmes qui ont commencé à travailler tôt, les femmes qui ont des petites pensions […] Les femmes seront les premières bénéficiaires de la revalorisation des petites pensions », a-t-elle insisté.
Au sujet du report de l’âge de départ, Élisabeth Borne s’est montrée plus diplomatique que le ministre des Relations avec le Parlement. « Nous devons veiller à l’avenir de notre système de retraites. C’est pourquoi nous demandons à celles et ceux qui le peuvent, de travailler plus longtemps y compris des femmes qui ont eu des carrières complètes. Cependant, les femmes continueront à partir plus tôt que les hommes », a-t-elle souligné.
La Première ministre semble ici faire référence uniquement aux femmes et aux hommes ayant bénéficié de carrières complètes. Car selon les chiffres de l’Insee, en 2020, l’âge conjoncturel moyen de départ à la retraite était de 62 ans pour les hommes et de 62 ans et 6 mois pour les femmes.
Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce quatrième épisode : la santé mentale, Grande cause nationale de 2025 et de 2026.
Alors que plus de 60 % des Français placent le problème du logement en tête de leurs préoccupations, Dialogue citoyen donne la parole à une habitante des Côtes-d’Armor frappée de plein fouet par la crise du logement.
Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce deuxième épisode : la réforme des retraites, sorte de serpent de mer des quinquennats Macron - d’abord interrompue, puis reprise dans la douleur, et finalement décalée pour sauver le budget.
Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.