Retraites: les oppositions ferraillent d’emblée au Parlement
Happening des LR, axe commun à gauche et critiques par toutes les oppositions des travaux préalables qui montreraient un "mépris"...

Retraites: les oppositions ferraillent d’emblée au Parlement

Happening des LR, axe commun à gauche et critiques par toutes les oppositions des travaux préalables qui montreraient un "mépris"...
Public Sénat

Par Anne Pascale REBOUL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Happening des LR, axe commun à gauche et critiques par toutes les oppositions des travaux préalables qui montreraient un "mépris" du Parlement: les premiers pas mardi de la réforme des retraites à l'Assemblée nationale ont été laborieux.

Après la présentation des projets de loi en Conseil des ministres vendredi 24 janvier, c'est le coup d'envoi de la phase parlementaire: la commission spéciale qui examinera en premier la réforme a été constituée mardi après-midi au Palais Bourbon.

Cette commission présidée par Brigitte Bourguignon, une "marcheuse" issue des rangs socialistes, auditionnera dans la soirée les ministres concernés.

Mercredi ce sera le tour des organisations syndicales et patronales, en pleine journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme après bientôt deux mois de conflit social.

Les textes passeront dans l'hémicycle du Palais Bourbon à partir du 17 février.

Dès mardi matin en conférence des présidents de l'Assemblée, quatre groupes politiques - LR, PS, PCF et LFI - ont contesté l'étude d'impact accompagnant les projets de loi, jugée "incomplète et insincère", et demandé la saisine du Conseil constitutionnel ainsi qu'un report des débats... en vain.

Le patron des députés LREM Gilles Le Gendre a notamment rappelé que les études accompagnant les réformes des retraites Woerth en 2010 et Touraine 2014 étaient moins volumineuses (respectivement 88 et 137 pages, contre un millier aujourd'hui).

Les oppositions s'appuyaient sur l'avis du Conseil d'Etat rendu public vendredi, qui a lui-même pointé des projections financières "lacunaires".

Des dizaines de députés LR ont enfoncé le clou peu après: ceints de leur écharpe tricolore, ils ont débarqué salle des quatre colonnes pour réclamer "un nouveau et vrai projet de loi" de réforme, dénonçant "précipitation" et "amateurisme" du gouvernement.

A la différence de la gauche, Les Républicains sont "pour la réforme, mais pas celle-là", "injuste et déséquilibrée", selon les mots de leur chef de file Damien Abad.

"On n'a pas l'habitude chez LR de faire du happening", c'est dire si le sujet est "important", glissait l'un d'eux.

- "Postures" -

La séance des questions au gouvernement dans l'après-midi a été un nouveau moment de castagne. "Vous avez décidé de passer en force" mais "il n'est pas trop tard pour ranger au placard votre réforme", a tonné le président des députés communistes André Chassaigne.

"Vous marchez seuls contre la rue (...), seuls contre la droite, seuls contre la gauche", a encore tempêté François Ruffin (LFI).

Le Premier ministre a taclé en réponse des "postures" et défendu une "bonne réforme", qui sera "massivement redistributive", y compris "pour les Français les plus modestes".

Edouard Philippe a aussi affirmé que l'étude d'impact était "très complète" et que "l'ensemble des données est sur la table" pour démarrer les débats au Parlement.

Les oppositions n'ont pas dit leur dernier mot. Les responsables des groupes de gauche, qui se sont retrouvés en fin d'après-midi, ont convenu d'utiliser "tout l'arsenal législatif à (leur) disposition pour (s')opposer à cette réforme", selon un participant.

Les communistes suggèrent "une motion proposant de soumettre les projets de loi au référendum". Les insoumis ont pour leur part remis sur la table ce week-end le projet de motion de censure contre le gouvernement.

Le recours massif aux ordonnances est aussi dans leur ligne de mire. Le sujet préoccupe également au sein de la majorité: le rapporteur général Guillaume Gouffier-Cha (LREM) compte demander que les parlementaires soient "associés" au maximum à leur élaboration future par le gouvernement.

En parallèle, le Sénat à majorité de droite, qui doit examiner les textes en avril-mai, s'active également. La conférence des présidents de la haute assemblée a demandé mardi la levée de la procédure accélérée qui prévoit une réduction de la navette parlementaire.

Mais cette procédure accélérée, "c'est le quasi usage en matière de réforme des retraites", a répondu par avance le "Monsieur retraites" du gouvernement Laurent Pietraszewski. Et la conférence des présidents de l'Assemblée, dont l'accord était nécessaire, a refusé in fine la demande du Sénat.

parl-reb/cs/or

Partager cet article

Dans la même thématique

Retraites: les oppositions ferraillent d’emblée au Parlement
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le