Retraites : les sénateurs centristes prêts à alourdir la fiscalité sur les revenus du capital
Le groupe Union centriste du Sénat pourrait déposer un amendement à la réforme des retraites pour augmenter les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. La piste d’un relèvement de la CSG est à l’étude.

Retraites : les sénateurs centristes prêts à alourdir la fiscalité sur les revenus du capital

Le groupe Union centriste du Sénat pourrait déposer un amendement à la réforme des retraites pour augmenter les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. La piste d’un relèvement de la CSG est à l’étude.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Les sénateurs sont en pleine semaine de rédaction de leurs amendements en vue de l’examen de la réforme des retraites à partir du 2 mars en séance. Les prises de contact se poursuivent pour aboutir à des amendements portés au niveau des groupes. Au sein de l’Union centriste (UC), groupe allié aux Républicains, l’idée de soutenir de nouvelles pistes de financement pour le système de retraite est en train de germer, notamment pour cibler les revenus du patrimoine.

Hervé Marseille, leur président, l’a d’ailleurs évoqué ce 22 février dans les colonnes du journal Les Échos. « Pour l’instant, on a vu beaucoup de dépenses mais identifié peu de recettes. Il existe des pistes pour en trouver de nouvelles, par exemple augmenter la CSG sur le capital. Pour autant, il faut discuter au sein de la majorité sénatoriale et les échanges sont en cours », a précisé le sénateur des Hauts-de-Seine.

Différents scénarios de hausse de CSG

À titre individuel, le sénateur Jean-François Longeot a déjà déposé un amendement au projet de loi dans ce sens. Sa collègue Annick Jacquemet, élue dans le même département du Doubs, a cosigné sa proposition, publiée sur le site du jour ce mardi 21 février. Il propose une hausse de trois points de la CSG (contribution sociale généralisée) prélevée sur les revenus du patrimoine, ce qui porterait son taux à 12,2 %. Les auteurs considèrent qu’il est « anormal » de « taxer autant les revenus du travail que ceux du capital » et notent que le « patrimoine, notamment immobilier, est extrêmement concentré dans les mains de peu de ménages aisés ». Selon un calcul s’appuyant sur le dernier rapport des comptes de la Sécurité sociale, l’amendement pourrait rapporter chaque année 2,34 milliards d’euros de CSG supplémentaire. De quoi financer les mesures d’accompagnement des dispositifs de pénibilité de la réforme, selon eux.

L’amendement ne vise pas les revenus dits de « placement », tels quel les revenus de l’épargne salariale, les plans d’épargne logement ou encore les produits de placement à revenu fixe. Jean-François Longeot a déposé des amendements de replis, c’est-à-dire des propositions plus modérées dans le cas où son amendement de base serait rejeté. Dans ces solutions de secours, il propose trois niveaux de hausse allant de 0,5 point à 2 points de CSG.

« Si on veut amplifier les mesures de solidarité, il me paraît légitime de faire appel à la CSG », précise le sénateur Jean-Marie Vanlerenberghe (MoDem)

Un amendement rédigé au niveau du groupe pourrait aussi voir le jour. La position de l’Union centriste n’est pas encore arrêtée sur les modalités de financement supplémentaire pour le système de retraite. « Pour l’heure, on en discute encore nous, pour mettre tout le monde d’accord », nous explique Jean-Marie Vanlerenberghe, qui précise avoir initié ce débat en interne dans le groupe UC. Le sénateur, membre du MoDem et ancien rapporteur général de la commission des affaires sociales, « approuve » cependant l’initiative individuelle de ses collègues Jean-François Longeot et Annick Jacquemet.

« Si on veut amplifier les mesures de solidarité, il me paraît légitime de faire appel à la contribution sociale généralisée, plutôt qu’aux cotisations sociales », défend Jean-Marie Vanlerenberghe, qui note les « rendements considérables » du CAC 40. Le 16 février, l’indice boursier français a établi un nouveau record. Le sénateur compte par ailleurs interroger le gouvernement sur la manière dont seraient affectés les surplus de prélèvements sociaux, engrangés par le recul de l’âge légal de départ.

Le débat qui s’installe au groupe centriste rappelle les amendements déposés cet été sur le projet de loi pouvoir d’achat et dans le projet de loi de finances à l’automne, pour augmenter les prélèvements sur les revenus financiers. L’amendement dit Mattei, en référence au nom du président du groupe Démocrate de l’Assemblée, avait été rejeté par 181 voix contre 152 le 19 novembre. Autant dire d’une courte tête étant donné les équilibres au Sénat.

À lire aussi » Retraites : avant l’examen du texte, les sénateurs négocient avec le gouvernement

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Weekly cabinet meeting at the Elysee Palace
3min

Politique

« La politique n’est pas mon monde » : Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, confirme qu’elle va remettre sa démission

Dans un long post sur son compte LinkedIn, la ministre de la Transition écologique estime que les dispositions relatives aux pesticides dans la loi d’urgence agricole constituent « le recul environnemental de trop ». Elle rappelle que les études scientifiques continuent d’alerter sur les effets des produits phytosanitaires sur la santé.

Le

Paris : Meeting of the impact of the heatwave on agriculture at Hotel de Matignon
3min

Politique

Pesticides : Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique, sur le départ après l’adoption du projet de loi d’urgence agricole

Dans la foulée de l’adoption définitive du projet de loi d’urgence agricole ce mardi, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut devrait quitter le gouvernement d'ici mercredi. Opposée au retour dérogatoire de plusieurs pesticides interdits, l’ancienne présidente de WWF France était sous le feu des critiques depuis plusieurs semaines.

Le

Retraites : les sénateurs centristes prêts à alourdir la fiscalité sur les revenus du capital
5min

Politique

Défenseur des droits : François-Noël Buffet assure qu’il exercera sa mission avec « autorité et indépendance », la gauche exprime ses « inquiétudes »

En dépit de l’opposition de nombreuses associations et de parlementaires de gauche, la candidature de François-Noël Buffet au poste de défenseur des droits a été validée par le Parlement, ce mardi 21 juillet, à 43 voix contre 39. Lors de son audition, les sénateurs de gauche ont exprimé leurs réserves sur le choix de François-Noël Buffet pour occuper ce poste.

Le