Retraites : LFI sonde ses partenaires écologistes et communistes pour déposer une motion de censure

Invité de la matinale de Public Sénat, le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale évoque la possibilité de déposer une motion de censure contre le gouvernement. Néanmoins, LFI souhaite déposer le texte avec les écologistes et les communistes.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Alors que François Bayrou a publiquement affirmé son opposition au rétablissement de l’âge légal de départ à la retraite de 62 ans, l’issue du conclave sur les retraites semble compromise. Une ligne rouge pour la CGT qui a quitté les négociations tandis que la CFDT fait de la négociation sur l’âge légal de départ une priorité. Un positionnement qui pourrait exposer le gouvernement au dépôt d’une motion de censure alors que le Parti socialiste avait accepté de ne pas censurer le gouvernement en échange de l’ouverture de négociations pour remettre en question certains paramètres de la réforme Borne. 

« La discussion commence », rapporte le président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI) qui songe à déposer une motion de censure. « Mais on ne peut pas la faire seule », rappelle le député de Seine-Saint-Denis qui révèle avoir testé « communistes et écologistes pour voir s’ils seraient disposés à la signer ». En effet, conformément à l’article 49 alinéa 2 de la Constitution, aucun député ne peut signer plus de trois motions de censure par session. Les motions déposées à la suite d’un recours à l’article 49 alinéa 3 sont exclues de ce décompte. 

Une motion de censure commune à venir ? 

Depuis le début de la session parlementaire, une première motion de censure consécutive à la déclaration de politique générale de Michel Barnier a été signée par l’ensemble des parlementaires de gauche et une seconde a été déposée à l’initiative du groupe de Mathilde Panot contre François Bayrou, le 14 janvier. Le deuxième texte signé par le nombre minimum de parlementaires (58) a été soutenu par une large majorité de parlementaires issus de la France insoumise ainsi que quelques députés des groupes écologistes et communistes. Les cartouches s’amenuisent donc pour la France insoumise qui sollicite les autres groupes de gauche pour tenter de faire tomber le gouvernement.

Si les communistes et les écologistes « ne sont pas réticents », ces derniers hésitent encore, confrontés à « l’incertitude de savoir si cette motion de censure peut passer ou non », explique Éric Coquerel. Par conséquent les groupes de gauche veulent d’abord s’assurer que ce texte sera soutenu par tous les opposants, et surtout par toute la gauche. Si LFI veut « essayer d’être autonome sans [les socialistes] », le président de la commission des finances à l’Assemblée nationale « espère qu’ils reviendront à la raison ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Pen ok
7min

Politique

« Il n’était pas fiable » : le départ du conseiller de Jordan Bardella, François Durvye, de la campagne de Marine Le Pen, rappelle les divergences qui traversent le RN

Le divorce entre François Durvye, conseiller éco de tendance libérale, et Marine Le Pen, en plein débat au Medef, montre que le RN connaît encore des différences de lignes internes sur l’économie. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on assure que « Jordan Bardella n’a rien à voir là-dedans. C’est l’ego contrarié d’un haut fonctionnaire. Point ».

Le

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le