Retraites: Macron et Philippe serrent les rangs de la majorité
"On n'a pas le droit de se louper": l'Elysée, le gouvernement et la majorité s'efforcent à faire bloc autour de la réforme des retraites dont...

Retraites: Macron et Philippe serrent les rangs de la majorité

"On n'a pas le droit de se louper": l'Elysée, le gouvernement et la majorité s'efforcent à faire bloc autour de la réforme des retraites dont...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT avec l'équipe parlementaire de l'AFP

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

"On n'a pas le droit de se louper": l'Elysée, le gouvernement et la majorité s'efforcent à faire bloc autour de la réforme des retraites dont Edouard Philippe présentera les détails mercredi, sans pour autant croire aux "annonces magiques".

Quelques heures avant l'allocution du Premier ministre, prévue mercredi midi, une dernière réunion se tient mardi soir à l'Elysée où Emmanuel Macron réunit les ministres impliqués et les cadres de la majorité, à la fin d'une nouvelle journée de manifestations.

"Les grands arbitrages sont prêts, ils ont circulé entre le Premier ministre et le Président de la République qui ont eu des échanges nourris", indique-t-on de source gouvernementale.

Ces arbitrages "sont présentés ce soir à la majorité pour un dernier échange et les derniers calages", ajoute-t-on de même source, en donnant "rendez-vous demain midi pour le discours et la feuille de route pour l'après".

L'occasion aussi de "mettre en cohésion" la majorité, chargée de convaincre une opinion très méfiante du bien-fondé de cette "réforme de progrès et de justice sociale", selon l'Elysée.

Pour la deuxième journée nationale d'actions contre la réforme des retraites, quelque 339.000 personnes ont manifesté mardi en France, dont 31.000 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur.

Dès la fin de matinée, Edouard Philippe a pu sonder l'état d'esprit des troupes et écouter les remontées du terrain devant le groupe parlementaire de la majorité. Selon des participants de cette réunion à huis clos, plusieurs députés "ont insisté sur l'idée que reculer serait une lourde perte de crédibilité", alors que le chef de l'Etat a érigé la "transformation" du pays en raison d'être de son quinquennat.

Le Premier ministre Edouard Philippe à Matignon, le 6 décembre 2019
Le Premier ministre Edouard Philippe à Matignon, le 6 décembre 2019
AFP/Archives

"Je ne crois pas aux annonces magiques (...) Ce n'est pas parce que je fais un discours (mercredi midi) que les manifestations vont cesser", leur a répondu le Premier ministre, en quête du "ton qui va bien: celui d'une grande détermination, très tranquille, et celui du respect des parcours individuels".

"Ce discours va même susciter de nouvelles questions. Et c'est normal. Il y aura des questions et il y aura des débats dans l'hémicycle sur des sujets légitimes", a-t-il ajouté, renvoyant à l'examen du projet de loi à l'Assemblée, a priori début 2020. Dénonçant un "mépris jupitérien", le patron des députés LR, Damien Abad, avait demandé, en vain, la tenue d'un tel débat dès mercredi.

Emmanuel Macron continue de son côté à consulter. Dans la nuit de lundi à mardi, à l'issue d'une rencontre à l'Elysée consacrée à l'Ukraine, le chef de l'Etat s'est contenté d'une brève allusion au mouvement social en évoquant "une réforme indispensable". "Je n'ai pas senti une grande inquiétude", a-t-il dit, rassurant au passage, avec une pointe d'ironie, son homologue russe Vladimir Poutine "que les manifestations à Paris ne concernaient absolument pas la réforme des retraites menée en Russie".

- "Amateurisme" -

Des propos aussitôt dénoncés par l'opposition. "Il rigole, il ricane, il dit qu'il n'y a pas d'inquiétude et ne voit pas où est le problème", a dénoncé Guillaume Peltier, numéro deux des Républicains, fustigeant "l'amateurisme" et "l'outrecuidance" d'Emmanuel Macron, "premier responsable" des grèves.

Le député de la France Insoumise (LFI) Alexis Corbière à l'Assemblée nationale, en octobre 2019
Le député de la France Insoumise (LFI) Alexis Corbière à l'Assemblée nationale, en octobre 2019
AFP/Archives

"Sérieusement, il y a un pays entier qui est en train de se lever et ça le fait rire, il n'est pas inquiet? Mais il devrait être inquiet !", a ajouté le député LFI Alexis Corbière brocardant le "droit dans ses bottes version Macron".

Pour de nombreux députés de la majorité, l'enjeu est de taille car "une grosse partie de notre potentiel politique et de notre mandat se joue cette semaine", selon Fabien Gouttefarde, élu en Marche de l'Eure.

Si 76% des Français se disent favorables à une réforme des retraites (76%), 64% ne font pas confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement pour la mener à bien, selon un sondage Ifop publié par Le Journal du dimanche.

Dans cette "bataille de l'opinion", l'exécutif est surtout critiqué de toutes parts sur la méthode avec laquelle il mène son projet depuis près de deux ans, marquée par un flou qui a exacerbé les inquiétudes des Français.

Partager cet article

Dans la même thématique

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon attends the debate on the bill to nationalize ArcelorMittal
4min

Politique

Sondage présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon reprend le leadership à gauche mais reste rejeté par l’ensemble des Français

Longtemps présenté comme fragilisé par la montée de Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon semble avoir inversé la tendance. Le dernier baromètre Odoxa-Mascaret montre que le leader de La France insoumise est désormais la personnalité politique la plus appréciée des sympathisants de gauche, confirmant une dynamique engagée depuis l’annonce de sa candidature. Une progression qui intervient alors que les perspectives d’une primaire de la gauche s’éloignent de plus en plus.

Le

NEWS : Fete du Rassemblement National – Macon – 01/05/2026
5min

Politique

Procès du FN : en cas d’empêchement de Marine Le Pen, Jordan Bardella s’installe comme une alternative crédible aux yeux des Français

Selon le dernier baromètre Odoxa-Mascaret pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, près de six Français sur dix estiment que Marine Le Pen est traitée comme n’importe quel justiciable. Alors que la cour d’appel rendra son verdict le 7 juillet, l’hypothèse d’une inéligibilité de la dirigeante du Rassemblement national ne semble ni délégitimer la justice aux yeux de l’opinion ni fragiliser durablement son parti, où Jordan Bardella apparaît désormais comme une alternative pleinement crédible.

Le

ORSAY: Hopital Paris Saclay, services des   urgences adultes et pediatriques, service de neonatalogie pendant la canicule
10min

Politique

Canicule : « Ça va être terrible, on va atteindre les 10.000 morts, l’équivalent d’une guerre et on ne réagit pas », dénonce le sénateur écologiste Guillaume Gontard

Alors que le bilan de la canicule historique n’est pas connu, les attaques contre le gouvernement, venant de la gauche, du RN, mais même du bloc central, se multiplient. « La chaîne de prévision » et « la chaîne de réaction » ont « tenu », rétorque le premier ministre, Sébastien Lecornu. Mais il reconnaît une fragilité sur « la capacité de rafraîchissement des établissements de santé ». Les premières clim' devraient arriver « en fin de semaine ou début de semaine prochaine ».

Le

Retraites: Macron et Philippe serrent les rangs de la majorité
5min

Politique

Loi anti fast-fashion : le Sénat adopte définitivement le texte pénalisant les produits Shein et Temu

Les sénateurs ont définitivement adopté, lundi, la proposition de loi anti fast-fashion, après un accord en commission mixte paritaire pour ne cibler que les plateformes chinoises. Les vêtements de Shein, Temu et AliExpress se verront désormais infliger une pénalité financière. Comme à l’Assemblée, la gauche s’est en partie abstenue, regrettant que le texte délaisse les dérives plus larges de l’industrie textile en Europe.

Le