Retraites : malgré l’échec des discussions, Élisabeth Borne « n’envisage pas d’avancer sans les partenaires sociaux »
Élisabeth Borne s’est entretenue ce mercredi matin avec les représentants de l’intersyndicale. Un échange qui a tourné court devant le refus de l’exécutif de revenir sur la réforme des retraites et le relèvement de l’âge de départ.

Retraites : malgré l’échec des discussions, Élisabeth Borne « n’envisage pas d’avancer sans les partenaires sociaux »

Élisabeth Borne s’est entretenue ce mercredi matin avec les représentants de l’intersyndicale. Un échange qui a tourné court devant le refus de l’exécutif de revenir sur la réforme des retraites et le relèvement de l’âge de départ.
Romain David

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Malgré l’échec des discussions, ce mercredi 5 avril, entre l’intersyndicale en lutte contre la réforme des retraites et la Première ministre, Élisabeth Borne, celle-ci « n’envisage pas d’avancer sans les partenaires sociaux ». « Même si nos désaccords sur l’âge n’ont pas permis de discuter de façon approfondie, je pense que cette réunion marque néanmoins une étape importante », a encore estimé la cheffe du gouvernement depuis la cour de l’hôtel Matignon, quelques minutes après le départ des représentants des différentes organisations syndicales.

Chargée par Emmanuel Macron de remettre à plat l’agenda parlementaire des réformes, la Première ministre s’est lancée dans un cycle de consultations avec la classe politique, les syndicats et les organisations patronales. Au bout d’une heure, ce mercredi, les représentants de l’intersyndicale ont choisi de quitter la table des discussions, estimant que le retrait de la réforme des retraites, notamment le report de l’âge légal de départ, restait un préalable à tout dialogue.

« Je leur ai dit ma disponibilité et celle de mon gouvernement »

« J’ai entendu tour à tour chacun des représentants des organisations syndicales, leur désaccord sur le relèvement de l’âge, et pu leur redire ma conviction et celle de mon gouvernement sur la nécessité de cette réforme », a-t-elle expliqué. « Les organisations syndicales, comme elles ont pu vous l’indiquer, sont disponibles pour travailler ultérieurement sur ces sujets et je leur ai dit ma disponibilité et celle de mon gouvernement parce que je n’envisage pas d’avancer sans les partenaires sociaux », a encore ajouté Élisabeth Borne.

Le gouvernement prépare désormais un projet de loi « plein emploi », qu’il espère présenter avant l’été. Ce texte, décrit par l’exécutif comme un complément à la réforme des retraites, doit comporter des mesures en faveur de l’emploi des seniors, acter la transformation de Pôle emploi en France Travail et mettre en œuvre la réforme du RSA promise par Emmanuel Macron pendant sa campagne de réélection. « Vous comprenez bien que les sujets d’usure au travail, de salaire, d’emploi des seniors sont des questions extrêmement importantes mais qui sont corrélées au sujet des retraites. Pourquoi ne pas avoir commencé par ça au mois d’octobre ? Nous ne passerons pas outre le fait que des millions de salariés se mobilisent aujourd’hui », a commenté Laurent Berger, le patron de la CFDT, en quittant Matignon.

Partager cet article

Dans la même thématique

Retraites : malgré l’échec des discussions, Élisabeth Borne « n’envisage pas d’avancer sans les partenaires sociaux »
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le