Retraites : Mathilde Panot menace de faire « fuiter » les échanges de la CMP
La présidente du groupe La France insoumise exige la publicité des débats de la commission mixte paritaire sur la réforme des retraites. Pour le moment, il est prévu que cette réunion se déroule à huis clos, comme il est d’usage sur tout texte de loi.

Retraites : Mathilde Panot menace de faire « fuiter » les échanges de la CMP

La présidente du groupe La France insoumise exige la publicité des débats de la commission mixte paritaire sur la réforme des retraites. Pour le moment, il est prévu que cette réunion se déroule à huis clos, comme il est d’usage sur tout texte de loi.
Guillaume Jacquot

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

C’est la prochaine étape du parcours législatif de la réforme des retraites. Après un examen sans vote à l’Assemblée nationale en février et l’adoption au Sénat ce samedi, le texte va désormais être débattu au sein de la commission mixte paritaire (CMP) ce mercredi. Sept députés et sept sénateurs, dont la répartition suit les équilibres internes de chaque chambre, vont tenter de rédiger une version commune du projet de loi (relire notre article). Contrairement à une séance en hémicycle, les échanges auront lieu à huis clos.

Au vu de l’opposition massive de l’opinion publique et des conditions d’examen particulières qui ont lieu dans chaque chambre, la NUPES demande à faire une entorse à cet usage. Ce lundi, le président du groupe socialiste Boris Vallaud a adressé un courrier à la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet en ce sens. Selon le Parisien, le député demande que la Conférence des présidents puisse se prononcer ce mardi « exceptionnellement » sur la retransmission de la CMP.

« Nous sortirons régulièrement pour vous raconter »

Son homologue du groupe La France Insoumise a l’intention de faire de même. « Je défendrai moi aussi cette position », a annoncé ce 13 mars Mathilde Panot dans Audition publique, l’émission de Public Sénat et LCP-AN, en partenariat avec Le Figaro Live. « Je trouve intéressant, dans un moment où ce texte n’a pas pu être discuté dans beaucoup des aspects, que les citoyens et citoyennes puissent voir ce qu’il s’y passe », a-t-elle ajouté.

Rien n’est assuré pour le moment. Si bien que, même en cas de fin de non-recevoir, la députée du Val-de-Marne, qui siège dans la CMP avec son collègue Hadrien Clouet, entend garantir une forme de publicité des débats. « Si c’est refusé, Hadrien Clouet et moi-même nous la fuiterons pour que vous puissiez la suivre. Nous sortirons régulièrement pour vous raconter. »

Une motion de censure avec LIOT et « quelques LR »

Dans cette semaine décisive pour la réforme, l’exécutif s’active en coulisses. Emmanuel Macron a même pris la parole au cours d’une réunion de cadres de la majorité ce lundi, pour insister sur la « nécessité absolue » de ce texte, mais aussi sur le besoin de convaincre les parlementaires réticents, y compris chez LR. « On sent une certaine fébrilité chez le pouvoir », a réagi Mathilde Panot, qui s’adresse en retour au chef de l’Etat. « Je dis à Emmanuel Macron qu’il faut parfois avoir du courage politique. Le courage en politique, ce n’est pas de gouverner contre le peuple. S’il continue de passer en force, nous aurons des séquelles très graves dans notre pays. » Selon elle, une adoption via le 49-3 signerait une « preuve de faiblesse de ce pouvoir ». « De nouveau, on aurait un passage en force », a-t-elle déploré.

« Dans tous les cas », quel que soit le mode d’adoption du projet de loi, la présidente de groupe promet le dépôt d’une motion de censure, et notamment une motion transpartisane des groupes d’opposition, à l’exclusion toutefois du Rassemblement national. « Ça ferait une motion de LIOT [Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires], quelques LR, et puis la NUPES, qui, je crois, serait intéressante », s’est réjoui Mathilde Panot. « Apparemment », selon ses mots, des députés LR seraient prêts à cosigner le texte.

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le