Retraites : « Nous traduisons la confrontation en termes parlementaires », assume Laurence Rossignol
Après l’examen des amendements de gauche proposant un mode alternatif de financement de la réforme, Laurence Rossignol, sénatrice socialiste, s’est défendue de toute forme d’obstruction.

Retraites : « Nous traduisons la confrontation en termes parlementaires », assume Laurence Rossignol

Après l’examen des amendements de gauche proposant un mode alternatif de financement de la réforme, Laurence Rossignol, sénatrice socialiste, s’est défendue de toute forme d’obstruction.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Alors que les sénateurs de droite et du centre s’abstiennent assez largement d’intervenir, la tension monte et la gauche est accusée d’obstruction. Au micro de Public Sénat, Laurence Rossignol a détaillé la stratégie de la gauche sénatoriale.

« Si les femmes étaient payées comme les hommes il n’y aurait aucun sujet sur les ressources de l’assurance vieillesse. »

En se défendant de mettre en œuvre une stratégie d’obstruction, Laurence Rossignol s’est étonnée de ces accusations, « nous travaillons sur une réforme, nous faisons valoir nos alternatives, nos propositions ». « Toute la réforme repose sur l’idée qu’il y a un déséquilibre démographique », s’étonne Laurence Rossignol. Pourtant, « si les femmes étaient payées comme les hommes il n’y aurait aucun sujet sur les ressources de l’assurance vieillesse », affirme la sénatrice socialiste avant d’ajouter que, « les gains de productivité qui ont marqué les dernières décennies peuvent compenser le fait qu’il y a moins d’actifs ».

« Notre temps de parole doit être proportionnel au mouvement que nous représentons », répond Laurence Rossignol à la droite qui s’agace des dépôts d’amendements par les groupes de gauche.

« Ce que je peux dire c’est que l’article 7 sera débattu au Sénat »

En reprenant l’idée d’une obstruction silencieuse, émise par le sénateur communiste Fabien Gay, Laurence Rossignol affirme vouloir aller jusqu’à l’article 7, « le rythme d’examen au Parlement est assez aléatoire et n’est pas toujours prévisible. Ce que je peux dire c’est que l’article 7 sera débattu au Sénat. » Une volonté formulée par les représentants syndicaux que la gauche sénatoriale entend respecter. « Nous sommes les relais, les porte-parole du mouvement social. Nous traduisons la confrontation en termes parlementaires », a déclaré la sénatrice socialiste, insistant sur la complémentarité entre les partis politiques et les syndicats.

« Dans la réforme Touraine il y avait aussi le dispositif carrière longue et les critères de pénibilité »

Cependant, la droite digère mal les arguments brandis par le groupe socialiste qui, comme rappelé par le rapporteur René-Paul Savary (LR), avait largement voté la réforme Touraine portant à 43 le nombre d’annuités nécessaire pour bénéficier d’une pension complète. « Le rapport du Comité d’orientation des retraites, en 2014, donnait des perspectives et des prévisions de déséquilibre des finances de la retraite qui sont bien différentes d’aujourd’hui », s’est défendue Laurence Rossignol, ministre durant le quinquennat de François Hollande.

Surtout, la sénatrice socialiste a tenu à rappeler que « dans la réforme Touraine, il y avait aussi le dispositif carrière longue et les critères de pénibilité que le gouvernement Macron s’est empressé d’amputer dès 2017 ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le