Retraites: pour Berger, « il va falloir passer aux travaux pratiques »
Le retrait de l'âge pivot à 64 ans de la réforme des retraites est "une victoire" mais comporte "une part de risque" et il va...

Retraites: pour Berger, « il va falloir passer aux travaux pratiques »

Le retrait de l'âge pivot à 64 ans de la réforme des retraites est "une victoire" mais comporte "une part de risque" et il va...
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Le retrait de l'âge pivot à 64 ans de la réforme des retraites est "une victoire" mais comporte "une part de risque" et il va falloir "passer aux travaux pratiques" pour assurer l'équilibre financier du régime, souligne le leader de la CFDT, Laurent Berger, dans une interview au Journal du dimanche.

Le Premier ministre Edouard Philippe s'est dit samedi, dans une lettre aux partenaires sociaux, "disposé à retirer du projet de loi la mesure de court terme (...) consistant à converger progressivement à partir de 2022 vers un âge d'équilibre de 64 ans en 2027".

Le retrait de cette mesure était réclamé par les syndicats réformistes, CFDT en tête, par ailleurs favorables à l'instauration d'un régime de retraite universel par points.

"Le gouvernement a fait un geste, et nul ne peut le contester. Mais ce retrait n'est pas un chèque en blanc. Pour la CFDT, le retrait de l'âge pivot est une victoire, mais c'est aussi une part de risque", avertit M. Berger dans le JDD. "Maintenant, le travail commence et il va falloir poursuivre notre action pour faire valoir nos propositions et revendications. On a perdu un temps précieux depuis un mois", regrette-t-il.

Les partenaires sociaux devront trouver un accord d'ici fin avril sur l'équilibre financier du système, sans quoi l'exécutif reprendrait la main. Un délai jugé "ambitieux" par M. Berger, pour qui "il va falloir passer aux travaux pratiques" et qui en appelle "à tous ceux qui seront autour de la table pour garantir l'équilibre à long terme du système de retraite".

En termes de financement, lui-même se dit prêt à parler de "la question du fonds de réserve des retraites, de la prise en compte de la pénibilité pour différencier les âges de départ, de l'emploi des seniors, qui, s'il augmente, permettra d'engranger des ressources supplémentaires, de la réaffectation des cotisations".

En cas d'échec, "cela signifiera que, collectivement, nous n'aurons pas été assez responsables, incapables de trouver un compromis. Mais ce que dit Édouard Philippe, c'est qu'à défaut de solutions il reprendra la main avec le Parlement. Pas que l'âge pivot reviendra", souligne le leader syndical.

"Nous sommes passés d'une logique d'affrontement à une logique de dialogue" avec le gouvernement. L'approche comptable et court-termiste a été abandonnée", se réjouit-il, estimant qu'il s'agit d'une "victoire de la CFDT, mais aussi de l'Unsa et de la CFTC".

Les syndicats opposés à la réforme dans son ensemble, CGT et FO en tête, appellent toujours au retrait du projet après cinq semaines de conflit social, et ont prévu une nouvelle journée d'action le 16.

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