Retraites: poursuite du blocage et des invectives à l’Assemblée nationale
Le quasi-blocage de l'examen de la réforme des retraites s'est poursuivi dans une ambiance chaotique jeudi à l'Assemblée...

Retraites: poursuite du blocage et des invectives à l’Assemblée nationale

Le quasi-blocage de l'examen de la réforme des retraites s'est poursuivi dans une ambiance chaotique jeudi à l'Assemblée...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le quasi-blocage de l'examen de la réforme des retraites s'est poursuivi dans une ambiance chaotique jeudi à l'Assemblée nationale, entre bataille de procédure conduite par la gauche de la gauche, et noms d'oiseaux fusant dans l'hémicycle.

Un vif échange a opposé l'insoumise Clémentine Autain à Meyer Habib (UDI-Agir), après un tweet du député qualifiant de "petites connes" des élues de la gauche de la gauche ayant participé à la chorégraphie à succès "A cause de Macron", lundi soir, aux abords du palais Bourbon.

"#ACauseDesPetitesConnes. Après la tête Macron sur une pique, parodie de lynchage d'Emmanuel Macron (...) Esther Benbassa, Clémentine Autain, Elsa Faucillon indignes de porter l'écharpe", a tweeté le député. Il a maintenu son expression "à cause des petites connes" dans l'hémicycle, accusant les élues d'"attiser la haine".

Mme Autain a dénoncé des propos "sexistes et insultants", plaidant que la contestation peut se faire "dans la joie et la bonne humeur". Elle a été appuyée notamment par Marie-George Buffet (PCF) qui a tancé des "propos vulgaires" d'un député n'acceptant "pas que des femmes se lèvent pour dire ce qu'elles pensent".

Dans le brouhaha, des élus LR ont plaidé pour que le fonctionnement de l'Assemblée ne soit pas bloqué "par une partie de ping-pong". "On va pas aller de tweet en tweet", a lancé Eric Woerth (LR).

Peu après, Mathilde Panot (LFI) a demandé en conférence des présidents de l'Assemblée une sanction contre M. Habib. Le titulaire du perchoir Richard Ferrand (LREM) va se pencher sur cet incident.

Dans l'hémicycle, les députés PCF se sont à nouveau élevés contre la possible disparition d'un millier de leurs amendements qui avaient le même objet, "fait inédit sous la Ve République" selon eux. Ces amendements devaient tomber une fois le premier rejeté.

"Nous sommes le seul groupe à subir cette forme de maccarthysme", a dénoncé Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, ciblant M. Ferrand.

En conférence des présidents, ce dernier a finalement décidé de ne plus appliquer la règle contestée sur les amendements ayant le même objet. "Il convient qu'aucun prétexte d'obstruction ne subsiste ni ne porte atteinte à la dignité des débats", a-t-il prévenu, selon des propos rapportés.

Mais communistes et insoumis ont déjà déployé une nouvelle stratégie, multipliant les sous-amendements sur chaque amendement déposé.

"Il n'y a plus aucun doute sur la volonté d'un certain nombre de groupes d'opposition de ne pas avoir un vrai débat de fond", a affirmé Gilles Le Gendre (LREM) lors d'une conférence de presse, évoquant "700.000 sous-amendements" annoncés par LFI - ce que l'insoumise Caroline Fiat a démenti. Ils veulent "paralyser notre institution".

En fin de journée, le co-rapporteur Nicolas Turquois (MoDem) a brièvement fait remonter la tension dans l'hémicycle. "Je serais le groupe socialiste, je serais vexé d'avoir eu 37 sous-amendements sous mon amendement. C'est la preuve qu'il ne devait pas être bien rédigé", a-t-il ironisé.

"On commençait à bien travailler, chacun faisait des efforts et vous ne répondez pas à nos amendements", a dénoncé Marc le Fur (LR). "Vous venez rallumer des mèches en étant inutilement arrogant", a renchéri Sébastien Jumel (PCF).

Communistes et insoumis ont réclamé une suspension des débats jusqu'au municipales. "Les retraites méritent mieux que ce travail bâclé", a lancé François Ruffin (LFI).

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le