Retraites : « Quand on veut gouverner un pays, il faut parfois user de passage en force » estime Aziliz Le Corre 

Fin de partie pour les députés du LIOT qui ont finalement retiré jeudi 8 juin leur texte visant à abroger la réforme des retraites. Vidé de toute substance, le texte ne pouvait pas revenir sur l’âge de départ légal à 64 ans. L’opposition a fait entendre sa colère face au camp présidentiel à l’Assemblée nationale sans pour autant pouvoir faire changer les choses.
Antoine Ogier

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Emmanuel macron a-t-il gagné la bataille ? 

 

Un coup dur pour la gauche… Si l’opposition continue de scander que le texte proposé par Emmanuel Macron a été imposé de force aux Français sans jamais avoir été voté au Parlement, leur objectif d’abroger la réforme semble de plus en plus dur à atteindre. Invitée d’« Et maintenant ! », Aziliz le Corre, journaliste au Figaro réfute l’idée d’un parcours non démocratique du texte. Pour elle la loi est passée « à la régulière » et il n’est pas légitime de vouloir la discuter de nouveau. 

Ce n’est pas du tout anti-démocratique d’utiliser le 49-3 

Une victoire pour la majorité mais en demi-teinte tant le projet adopté diffère du principe initial de réforme de la retraite avec un système par point souhaité par le président lors de son premier mandat. Aziliz Le Corre insiste : « Emmanuel Macron n’a jamais réussi à convaincre de la nécessité de cette réforme et modifier drastiquement son projet de loi constitue de fait un échec partiel.« 

Quand on veut gouverner un pays, il faut parfois user de passage en force 

Pour elle, il s’agit désormais pour la gauche de fédérer autour d’un nouveau projet et d’apporter des propositions structurantes sans « continuer à taper sur des casseroles tous les soirs ». 

 

Pour Jonathan Bouchet-Petersen, éditorialiste politique à Libération, ce n’est pas le fait de réformer qui braque le pays mais l’injustice de cette réforme qui ne concerne que les plus précaires. Il met également en question les méthodes employées par l’exécutif, prenant en exemple les débats parlementaires qui selon lui illustrent bien cette volonté de tout imposer par la force.  

Il y a une accumulation de dispositif qui verrouille la possibilité d’expression du parlement qui pose question 

Pour Alexandra Schwartzbrod, directrice adjointe à la rédaction de Libération le projet d’Emanuel Macron divise le pays et la classe politique et il s’agit là d’une « grave erreur » de la part du président.

Une motion de censure déposée par la NUPES sera discutée la semaine prochaine à l’Assemblée mais à l’image des propos tenus par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui a récemment évoqué la fin « du match pour les retraites », cette motion de censure semble avoir peu de chance de passer. Une bataille politique qui semble cependant avoir affaibli le camp présidentiel au profit de l’extrême droite qui selon les sondages, a le plus profité de cette séquence.  

 

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