Paris: Meeting between Patrick Martin of MEDEF and the Prime minister Matignon
Patrick Martin, President of the Mouvement des Entreprises de France MEDEF, speaks to press after a meeting with the Prime Minister. Tuesday, January 7, 2025. Hotel de Matignon, Paris, France.//01ACCORSINIJEANNE_MEDEF.0017/Credit:JEANNE ACCORSINI/SIPA/2501071117

Retraites : reçu à Matignon, le président du Medef appelle à ne pas « édulcorer le rendement financier de la réforme »

François Bayrou débute sa consultation des partenaires sociaux à Matignon ce 7 janvier, en recevant Patrick Martin. En toile de fond, la réouverture des discussions sur la réforme des retraites, promise aux partis par le Premier ministre en décembre. Pour le président du Medef, le retour des négociations ne doit pas se faire au détriment des entreprises.
Rose-Amélie Bécel

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« Si les entreprises doivent contribuer à remodeler la réforme des retraites, il ne faut pas, par ailleurs, qu’elles soient assommées d’impôts, de charges sociales, de contraintes », conclut le président du Medef à la sortie de sa rencontre avec François Bayrou.

Reçu par le Premier ministre ce mardi 7 janvier, le syndicat patronal ouvre le bal des consultations des partenaires sociaux à Matignon, qui se poursuivront toute la semaine. Dans l’après-midi et en soirée, les rendez-vous s’enchaineront avec la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon, puis avec le président de la CPME François Asselin, mercredi ce sera au tour de la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet.

Par ces consultations, François Bayrou souhaite « entendre les demandes » des partenaires sociaux et évoquer avec eux « l’actualité sociale », précise Matignon à l’AFP. En matière d’actualité, ces rencontres s’inscrivent surtout dans le cadre de la réouverture de discussions annoncées par le Premier ministre sur la réforme des retraites.

Pour le Medef, les négociations doivent être élargies au « financement de notre protection sociale »

Au mois de décembre, alors que son gouvernement était en cours de formation, il avait en effet reçu à Matignon les chefs de partis et de groupes politiques et promis de « reprendre sans suspendre » la réforme reportant l’âge légal de départ de 62 à 64 ans. Concrètement, François Bayrou souhaite proposer aux partis politiques et partenaires sociaux de travailler à l’élaboration d’un nouveau texte « dans un délai de neuf mois », en l’absence d’accord la réforme serait conservée dans sa forme actuelle.

Une proposition accueillie avec beaucoup de prudence par les partis d’opposition, qui réclament l’abrogation de la réforme. Reçus au ministère de l’Economie ce 6 janvier, dans le contexte de la reprise des discussions budgétaires, les cadres du Parti socialiste ont tout de même salué l’ouverture des discussions. « La ministre [du Budget] Amélie de Montchalin n’a pas été dans les détails, mais manifestement la pression que nous avons mise depuis le début, sur ce dossier, fait bouger les lignes au sein du gouvernement », se félicite le président du groupe socialiste au Sénat Patrick Kanner.

Le président du Medef propose de profiter de ces discussions pour aborder plus largement « le sujet du niveau et du financement de notre protection sociale ». Patrick Martin souhaite ainsi proposer aux autres syndicats de s’interroger « par exemple, sur les régimes de retraite par capitalisation, le transfert d’une partie du coût de la protection sociale vers la fiscalité, la CSG, la TVA sociale ».

Le déficit du système des retraites « devrait se creuser »

Le président du syndicat patronal dit toutefois avoir émis quelques réserves auprès du Premier ministre, notamment sur une éventuelle suspension du recul de l’âge légal de départ. « Ces travaux ne doivent pas édulcorer le rendement financier de la réforme, dont on sait dorénavant, les chiffres du Conseil d’orientation des retraites en témoignent, qu’elle ne sera pas suffisante », alerte Patrick Martin. « Il ne faut pas que cela se traduise par un alourdissement du coût du travail pour nos entreprises », ajoute-t-il.

Dans une interview aux Echos, le président du Cor Gilbert Cette a en effet averti que le déficit du système « devrait se creuser ». Selon les dernières projections du Conseil, datées du mois de juin 2024, ce déficit s’établira à 0,4 % du PIB en 2030 et augmenterait jusqu’à 0,8 % du PIB à plus long terme.

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