"On se plaint pas, on se révolte!": plusieurs dizaines de milliers de lycéens, étudiants, salariés, fonctionnaires et retraités ont manifesté...
Retraités, salariés et fonctionnaires dans la rue contre la politique sociale de Macron
"On se plaint pas, on se révolte!": plusieurs dizaines de milliers de lycéens, étudiants, salariés, fonctionnaires et retraités ont manifesté...
Par Déborah CLAUDE, Clément VARANGES, avec les bureaux de l'AFP en régions
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
"On se plaint pas, on se révolte!": plusieurs dizaines de milliers de lycéens, étudiants, salariés, fonctionnaires et retraités ont manifesté mardi partout en France, pour la première fois depuis la rentrée, pour réclamer à Emmanuel Macron une politique "plus sociale".
La journée a rassemblé "presque 300.000 manifestants dans l'ensemble du pays", selon le numéro un de la CGT Philippe Martinez qui a jugé "la mobilisation réussie". Le ministère de l'Intérieur a compté 160.000 manifestants.
A Paris, le défilé a réuni 21.500 personnes, selon les chiffres du cabinet Occurrence pour un collectif de médias. Selon les syndicats, ils étaient 50.000, 11.500 selon la police, à marcher entre Montparnasse et Place d'Italie, avec côte à côté Philippe Martinez et Pascal Pavageau, son homologue de FO.
Parmi les revendications figuraient "les questions de salaires", a déclaré le leader CGT, dénonçant le "tour de passe-passe" du gouvernement "avec l'idée qu'en baissant les cotisations sociales ce serait bon pour le pouvoir d'achat". Son homologue de FO a demandé à l'exécutif de retrouver "le chemin du dialogue et surtout de maintenir le modèle social".
Comme à l'accoutumée depuis 2016, un cortège de tête s'était constitué, formé de jeunes, lycéens, quinquas d'Attac déguisés en gaulois réfractaires.... On comptait aussi 200 à 300 autonomes, de noir vêtus et casques sur la tête, dont certains criaient des slogans anticapitalistes ou "cassez-vous, bande de Benalla !"
Des projectiles ont été brièvement jetés contre les CRS, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. A Paris, un manifestant et un policier ont été blessés et neuf personnes interpellées, 16 dans toute la France.
Par ailleurs, 200 personnes se sont rassemblées en début de soirée, à l'appel de collectifs "anticapitalistes", place de la Contrescarpe à Paris pour un "Benallapéro", en référence à l'ex-collaborateur de l'Elysée présent sur cette même place le jour du défilé du 1er mai.
- "Coup de gueule" -
En région, les cortèges syndicaux ont rassemblé, selon la police, 5.400 personnes à Nantes, 5.300 à Marseille, 4.300 à Lyon, 3.700 à Toulouse, 3.500 au Havre, 3.300 à Lille, 2.500 à Grenoble, 1.500 à Nice, 800 à Dunkerque... Près d'une centaine de manifestations étaient organisées partout en France.
Cette date du 9 octobre avait été choisie par des organisations de retraités pour protester contre la revalorisation de leurs pensions, jugée trop faible, une mesure qui touchera des personnes déjà mises à contribution l'année dernière avec l'augmentation de la CSG. Ce qui explique la forte présence de retraités dans les cortèges.
A Lyon, François Manugal, 65 ans, retraité et ancien technicien, est venu marcher pour protester contre la perte de son pouvoir d'achat. "J'ai perdu 50 euros par mois. On n'arrive plus à joindre les deux bouts", a-t-il témoigné.
Manifestation contre la politique sociale du président Macron à Nantes le 9 octobre 2018
AFP
A Auch, on pouvait entendre "En lutte pour bien vivre sa retraite et bien se soigner" et à Montpellier, les pancartes affichaient :"Retraités en marche contre Macron".
A Lille, Stéphane Verbeke, gardien d'immeuble et militant CGT, voulait pousser "un coup de gueule sur tout ce qui est en train d'être remis en cause: la destruction de la sécurité sociale, la casse du service public".
- des syndicats divisés -
Les syndicats espèrent d'autres mobilisations afin de peser sur les négociations ou réformes sociales en préparation, comme celles des retraites ou de l'assurance chômage. Mais ils se gardent d'évoquer une nouvelle date.
Les jeunes (Fidl, UNL, Unef) ont aussi manifesté contre "la sélection Parcoursup". Cette première manifestation est "un échauffement", pour Romain, 20 ans, étudiant à Nantes, pour qui "les gens expriment un ras-le-bol face aux interventions d'un président qui les méprise".
De nouveau, les syndicats montrent leur division, la FSU, traditionnelle alliée de la CGT, n'appelant pas à manifester au niveau national, pas plus que la CFDT, la CFE-CGC ou la CFTC.
"Le côté +on se réunit fin août et on fait une mobilisation (en) octobre contre la politique du gouvernement+, ce n'est pas notre conception de l'utilité du syndicalisme et de son efficacité", a critiqué Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT.
La division s'explique aussi par les élections professionnelles de la fin de l'année dans la fonction publique, où la CFDT espère ravir la première place à la CGT.
L’ancien ministre du gouvernement Bayrou et ex-président du groupe PS du Sénat envisage de se présenter aux sénatoriales. A condition que François Patriat, patron des sénateurs macronistes, ne se représente pas. Les deux en parlent ensemble et veulent éviter de se présenter l’un contre l’autre. S’il est élu, reste à voir dans quel groupe ira François Rebsamen, ou s’il cherchera à en créer un nouveau…
Après la tribune anti-Bolloré signée par près de 600 professionnels du cinéma, la riposte du patron de Canal+, Maxime Saada, a déclenché une onde de choc politique et culturelle. Entre accusations de « maccarthysme », dénonciation d’une « caste gauchiste » et inquiétudes sur l’emprise idéologique du groupe Vivendi, la polémique révèle une fracture profonde, celle d’un cinéma français pris entre dépendance économique et bataille culturelle.
Les élections municipales ont vu, pour la première fois en France, un nombre significatif d’électeurs, environ un sur six, faire appel à l’IA conversationnelle pour déterminer leur choix de vote, d’après une étude Toluna Harris Interactive. Une pratique encore très minoritaire, mais qui interroge sur l’influence politique réelle de l’IA à un an de l’élection présidentielle.
A l’approche des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie qui se tiendront le 28 juin, la commission des lois du Sénat a adopté la proposition de loi organique visant à élargir le corps électoral aux natifs de l’Archipel. L’exécutif, qui compte aller plus loin en y intégrant également les conjoints des natifs, déposera son amendement en séance publique, cet après-midi.