Retraites: syndicats et gouvernement campent sur leurs positions, inquiétude pour Noël
Syndicats et gouvernement campaient dimanche sur leurs positions au onzième jour de grève dans les transports contre la réforme des retraites,...

Retraites: syndicats et gouvernement campent sur leurs positions, inquiétude pour Noël

Syndicats et gouvernement campaient dimanche sur leurs positions au onzième jour de grève dans les transports contre la réforme des retraites,...
Public Sénat

Par Jessica LOPEZ, Marie-Pierre FEREY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Syndicats et gouvernement campaient dimanche sur leurs positions au onzième jour de grève dans les transports contre la réforme des retraites, les débats se cristallisant sur la question de Noël, à l'avant-veille d'une journée de manifestations qui s'annonce très suivie.

"Si le gouvernement retire son projet et (qu')on discute sérieusement sur comment améliorer le système (...) et bien tout se passera bien. Sinon, les grévistes décideront de ce qu'ils ont à faire jeudi ou vendredi", a déclaré sur BFMTV le numéro 1 de la CGT Philippe Martinez à cinq jours du début des congés de fin d'année.

Réponse sur le même plateau quelques instants après du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin: "la République ne peut pas subir de chantage".

Déjà dimanche matin, le Premier ministre Édouard Philippe avait sévèrement critiqué les grévistes menaçant de poursuivre leur mouvement à Noël, les enjoignant de "prendre leurs responsabilités". De son côté, le leader de la CFDT, Laurent Berger, entré dans la contestation la semaine dernière seulement pour protester contre l'introduction d'une mesure d'âge dans la réforme, a souhaité qu'il n'y ait "pas de blocage des transports à Noël".

Paris : prévisions du trafic RATP
Prévisions des perturbations sur le réseau RATP pour le lundi 16 décembre
AFP

Après un dimanche encore très compliqué, lundi, la situation sera toujours "très perturbée" sur le front SNCF, avec un tiers des TGV prévus, un quart des Transilien et quatre TER sur dix. A Paris, 8 lignes de métro resteront fermées et il faudra compter sur un RER A sur 2 et un RER B sur 3, uniquement aux heures de pointe.

Sur le fond, les débats se sont concentrés dimanche sur la question de l'"âge d'équilibre" à 64 ans, confirmé mercredi par le Premier ministre. Cela signifie que chacun pourra continuer à partir à la retraite à 62 ans, mais au prix d'un malus sur sa pension, ceux partant après 64 ans après 2027 bénéficiant au contraire d'un bonus.

"Il faut sortir de la loi immédiatement cette idée de travailler plus longtemps, mais c'est inévitablement ce à quoi conduit ce système par points", a dit Yves Veyrier, numéro un de FO, estimant qu'il s'agit là d'une "très mauvaise idée du président de la République".

"C'est très simple: pour que la CFDT porte un autre regard sur ce projet de loi, le gouvernement doit accepter de retirer +l'âge d'équilibre+. Un point, c'est tout", a résumé M. Berger au Journal du dimanche.

Comme en réponse, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a assuré dimanche que "+l'âge pivot+ n'est pas le totem de la réforme".

- Martinez pas invité à Matignon -

Cette question sera sans aucun doute au coeur des discussions qui doivent s'ouvrir entre M. Philippe et les syndicats réformistes. Matignon les a en effet invités "le plus tôt possible la semaine prochaine". S'il a confirmé avoir été convié, M. Berger n'a annoncé aucune date dimanche.

Quant à Philippe Martinez, dont la centrale mène la contestation depuis le 5 décembre avec une intersyndicale CFT-FO-Solidaires-FSU pour obtenir le retrait pur et simple de la réforme, il reconnu avoir été appelé par le premier ministre jeudi soir, mais sans qu'un rendez-vous soit pris.

Quoiqu'il en soit, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a reconnu qu'une telle concertation sera "difficile" à organiser avant la mobilisation de mardi.

Cheminots, étudiants, contrôleurs aériens, fonctionnaires, professions de santé, avocats, magistrats, enseignants sont attendus dans la rue à l'appel de tous les syndicats. "Peut-être" le gouvernement attend-t-il "de voir combien il y a aura de manifestants mardi", a ironisé M. Martinez.

La mise en cause du haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye est resté dans tous les esprits ce weekend, fragilisé par un cumul de fonctions et des soupçons de conflits d'intérêts après des omissions dans sa déclaration d'intérêts. Il a rectifié cette dernière en déclarant 13 mandats dont 11 bénévoles, soit dix de plus, et revu certaines rémunérations à la hausse.

Philippe Martinez est "pratiquement sûr" que Jean-Paul Delevoye doit partir. "C'est un homme qui réfléchit, il devrait prendre lui même la décision" a-t-il dit.

Édouard Philippe et l'ensemble des membres du gouvernement qui se sont exprimés ces derniers jours lui ont apporté leur soutien, arguant de sa "bonne foi". La réunion du collège de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) prévue mercredi pourrait changer la donne si elle décidait de saisir la justice.

bur-mpf-jlo-lum/dlm

Partager cet article

Dans la même thématique

Retraites: syndicats et gouvernement campent sur leurs positions, inquiétude pour Noël
3min

Politique

« Je ne souhaite pas participer aux ravages sociaux et écologiques en cours » assume cet étudiant qui a bifurqué 

En 2022, Théophile Duchateau, élève dans l’école d’ingénieur Agro ParisTech, fait partie du groupe de « bifurqueurs », surnommés ainsi après avoir annoncé publiquement lors de la remise de leur diplôme qu’ils préféraient renoncer à une carrière toute tracée dans un grand groupe. Théophile Duchateau, ancien élève ingénieur d’Agro ParisTech partage aujourd’hui sa vie entre son métier dans l’agroforesterie et l’engagement dans une ferme collective. Au micro de Quentin Calmet et face aux sénateurs, il assume une nouvelle forme de « travail » dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Retraites: syndicats et gouvernement campent sur leurs positions, inquiétude pour Noël
4min

Politique

« L’IA, j’y crois beaucoup » : le préfet de police de Paris défend son utilisation pour la surveillance vidéo des rodéos urbains et des manifestations

Auditionné au Sénat sur la sécurité de l’espace public, le préfet de police de Paris Patrice Faure a défendu le recours à la surveillance vidéo algorithmique pour détecter certains délits et encadrer les manifestations. « Donnez-nous le cadre législatif pour utiliser les moyens technologiques qui existent », a-t-il exhorté devant les sénateurs.

Le

Retailleau ok
7min

Politique

Bruno Retailleau veut rétablir les contrôles à la frontière espagnole : c’est le cas depuis 2015

Suite à la régularisation de 500 000 sans-papiers en Espagne, la droite et l’extrême droite réclament un rétablissement des contrôles à la frontière espagnole. Or, ces contrôles ont été rétablis, théoriquement temporairement, mais sans discontinuer, depuis 2015. Par ailleurs, un titre de séjour délivré par un autre Etat-membre ne permet pas de séjourner légalement en France.

Le