Retraites : « Travailler plus longtemps, je mesure ce que cela représente pour beaucoup de Français », reconnaît Élisabeth Borne
Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, la Première ministre a une nouvelle fois défendu la réforme des retraites, indispensable selon elle pour sauver le système par répartition.

Retraites : « Travailler plus longtemps, je mesure ce que cela représente pour beaucoup de Français », reconnaît Élisabeth Borne

Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, la Première ministre a une nouvelle fois défendu la réforme des retraites, indispensable selon elle pour sauver le système par répartition.
Simon Barbarit

Par Public Sénat

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Au lendemain de la deuxième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, Élisabeth Borne n’a pas échappé à une nouvelle interpellation sur le sujet, lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

C’est le président du groupe PS, Patrick Kanner qui s’en est chargé. « Le peuple ne veut pas de votre réforme, de ce nouvel impôt sur la vie que vous défendez avec obstination quoi qu’il en coûte. Ce que nous savons c’est que le rendement financier de votre réforme sert à faire des économies sur le dos des employés et des ouvriers », a mis en avant le sénateur du Nord avant d’ajouter : quand allez-vous retirer votre réforme des retraites ? »

Passablement agacée par le ton de la question, Élisabeth Borne a d’abord effectué un petit rappel. « Il y a des principes essentiels en politique : dire la réalité aux Français sans tordre les chiffres, sans vendre des illusions, sans relayer des contrevérités ». Un propos introductif qui a provoqué des protestations sur les bancs de la gauche.

« Travailler progressivement plus longtemps, c’est le choix qu’ont fait tous nos voisins européens »

Une nouvelle fois, la Premier ministre a affirmé que sa réforme qui prévoit un recul de l’âge légal de 62 à 64 ans et une accélération de l’allongement de la durée de cotisation, était indispensable « Aujourd’hui, le nombre d’actifs diminue par rapport au nombre de retraités […] C’est une réalité démographique qui menace notre système par répartition. De ce fait, notre système de retraites sera en déficit dans les prochaines années ».

S’appuyant sur les scénarios du Conseil d’orientation des retraites, Élisabeth Borne a rappelé « que d’ici 10 ans, ce sont 150 milliards de déficit que nous accumulerons et que nous laissons à notre jeunesse si nous ne faisons rien ».

« Travailler progressivement plus longtemps, c’est le choix qu’ont fait tous nos voisins européens. C’est aussi le choix que des majorités de droite et de gauche ont fait avant nous […] Je mesure ce que cela représente pour beaucoup de Français. Je sais que nous ne sommes pas tous égaux devant le travail », a-t-elle poursuivi rappelant que l’exécutif avait veillé à répartir le plus équitablement possible l’effort entre ceux qui ont commencé à travailler tôt, qui ont des métiers difficiles ou encore les femmes.

« Vous êtes la Première ministre des plus riches manifestement »

« Vous avez changé d’avis, c’est votre droit mais alors que proposez-vous ? », l’a-t-elle interrogé limitant l’alternative à deux choix : une baisse des pensions ou une augmentation des cotisations et des impôts.

La Première ministre s’est toutefois dite prête « à enrichir le texte » au Parlement. « Nous travaillerons avec toutes celles et ceux qui partagent notre volonté de préserver notre modèle social ».

Dans sa réponse, Patrick Kanner a souligné que le gouvernement « ne demandait aucun effort au plus aisés de nos concitoyens ». « Vous êtes la Première ministre des plus riches manifestement […] Ayez un peu de bienveillance vis-à-vis de nos concitoyens, retirer votre réforme ».

 

 

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