Révision constitutionnelle : l’exécutif veut « revenir à l’esprit de la Ve République »
Après avoir présenté le volet constitutionnel de la réforme des institutions, le Premier ministre a indiqué qu’il ne s’agissait pas « d’abaisser certains, ni d’élever d’autres ». Une réponse directe aux députés et aux sénateurs, à droite comme à gauche, qui accusent le gouvernement de vouloir affaiblir le Parlement.

Révision constitutionnelle : l’exécutif veut « revenir à l’esprit de la Ve République »

Après avoir présenté le volet constitutionnel de la réforme des institutions, le Premier ministre a indiqué qu’il ne s’agissait pas « d’abaisser certains, ni d’élever d’autres ». Une réponse directe aux députés et aux sénateurs, à droite comme à gauche, qui accusent le gouvernement de vouloir affaiblir le Parlement.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Édouard Philippe et la garde des Sceaux Nicole Belloubet ont présenté ce mercredi les grandes lignes du projet de loi constitutionnelle. Modifications controversées dans la procédure législative, réforme du Conseil supérieur de la magistrature, mue du Cese en chambre de la société civile : pas de changement dans le texte du gouvernement, qui sera débattu à l’Assemblée avant l’été, et au Sénat à la rentrée. L’exécutif a surtout répondu, à l’issue du Conseil des ministres, aux sénateurs et aux députés qui l’accusent de vouloir « affaiblir le Parlement ».

« Notre objectif est de revenir, d’une certaine façon à l’esprit de la Ve République, et il n’est donc ni d’abaisser certains, ni d’élever d’autres », a fait savoir Édouard Philippe, peu avant une conférence de presse du président du Sénat, Gérard Larcher. « Il s’agit d’avoir une forme d’efficacité réciproque entre le Parlement et le gouvernement », a-t-il ajouté.

« Pas une contre réforme de la réforme constitutionnelle de 2008 »

Pour la garde des Sceaux, « il s’agit de rénover la vie politique et institutionnelle, mais de rester fidèle aux grands équilibres de la Constitution de 1958. »

Selon Nicole Belloubet, rendre systématiquement irrecevables les amendements sans rapport avec le texte examiné, ou sans portée normative, ce n’est « pas affaiblir le droit d’amendement, mais construire un débat plus démocratique et plus adapté à la réalité. »

Toujours dans cette exigence d’efficacité et de rapidité, vantée par le gouvernement, l’inscription en tête de l’ordre de jour des assemblées des réformes « prioritaires » est une autre mesure « pour répondre aux attentes des citoyens ».

Dix ans après la révision voulue par Nicolas Sarkozy, et qui a offert aux deux assemblées et au gouvernement un partage égal du temps des sessions parlementaires, la ministre a déclaré qu’il était nécessaire d’approfondir la loi fondamentale :

Le projet que nous présentons n’est pas une contre réforme constitutionnelle de 2008, mais au contraire un appondissent de certains aspects de cette réforme et des inflexions qui sont apparues nécessaires. »

Le chef du gouvernement a insisté sur le fait que l’adoption de la réforme constitutionnelle suivra le chemin de l’article 89 de la Constitution, et non celui de l’article 11. En clair : ce n’est qu’après le vote de la réforme dans les mêmes termes à l’Assemblée nationale et au Sénat que le président de la République décidera de soumettre l’adoption de la réforme par le Congrès (avec une majorité nécessaire des 3/5e) ou par la voie du référendum.

Partager cet article

Dans la même thématique

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le

Explosions in Tehran March 8
10min

Politique

Frappes en Iran : «  Les différentes lignes du régime sont aujourd'hui en train d'entrer en collision »

Ce mercredi, les Etats-Unis ont achevé une quatrième vague de bombardements visant les côtes iraniennes, alors que le régime islamique a de nouveau verrouillé le détroit d’Ormuz en promettant qu’il resterait fermé jusqu’à la fin des « agressions américaines ». Pour David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS), chercheur associé à l'EISMENA et rédacteur en chef de la revue Orients stratégiques, Washington mise désormais sur un effondrement du régime depuis l’intérieur.

Le

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le