« Révolution des peines » : « On n’a pas les moyens de faire mieux »
Emmanuel Macron présente mardi à Agen sa « révolution des peines » pour faire de la prison « un dernier recours ». Une intention louable à ceci près que ce mécanisme a déjà cours, selon les invités de Sénat 360, qui pointent surtout le manque de moyens de l’appareil judiciaire.

« Révolution des peines » : « On n’a pas les moyens de faire mieux »

Emmanuel Macron présente mardi à Agen sa « révolution des peines » pour faire de la prison « un dernier recours ». Une intention louable à ceci près que ce mécanisme a déjà cours, selon les invités de Sénat 360, qui pointent surtout le manque de moyens de l’appareil judiciaire.
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Par Héléna Berkaoui

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Le président de la République dévoile ce mardi la « refondation pénale » qu’il entend mener. Privilégier les sanctions alternatives et faire en sorte que les peines de prison soient « réellement et immédiatement » appliquées. Invitée sur le plateau de Sénat 360, la secrétaire générale de l’union syndicale des magistrats (USM), Céline Parisot, est un peu agacée par les affirmations du président de la République.

« Les peines sont exécutées et effectivement pour beaucoup d’entre elles, elles le sont avec beaucoup de retard parce qu’on n’a pas les moyens de faire mieux », fulmine-t-elle. La « révolution des peines » pour faire de la prison « un dernier recours » voulue par le président de la République est déjà en marche, selon Céline Parisot qui affirme que « la peine de prison, aujourd’hui déjà, c’est le dernier recours, c’est la peine que l’on prononce lorsqu’on a essayé tout le reste et qu’on ne peut plus faire autrement ».

« On fait du mieux qu’on peut avec un manque de moyens matériels »

La refondation des peines de prison – déjà entamée par Christiane Taubira lors de sa réforme pénale – est un sujet qui revient régulièrement dans le débat public. Élu national de la CGT insertion et probation, Julien Magnier témoigne des difficultés qu’il rencontre dans l’accompagnement des détenus. « On fait du mieux qu’on peut avec un manque de moyens matériels », souffle-t-il. « Le président Macron parlait de 40 personnes dans son programme par conseiller d’insertion et de probation, la moyenne actuellement c’est environ 100 personnes » par conseiller, affirme Julien Magnier, un brin sceptique sur l’effectivité des promesses de campagne du président.  

« Il faut arrêter de dire que les peines de moins de deux ans, comme le disait Monsieur Macron, ne sont pas exécutées »

Les moyens, les moyens, les moyens. Voilà le nerf la guerre selon les invités de Sénat 360. La secrétaire de l’USM tient également à déconstruire un préjugé : il y a « environ 18 000 personnes qui sont en détention pour l’exécution d’une peine de moins d’un an, donc il faut arrêter de dire que les peines de moins de deux ans, comme le disait Monsieur Macron, ne sont pas exécutées ».

La diversification des peines ne fait pas débat. « Les peines peuvent être de nature très différentes et l’utilité de l’incarcération gérée de façon différente », assure le sénateur LR, François-Noël Buffet. Mais la question des moyens revient sur la table. « Mettre en place un bracelet électronique ou un placement extérieur, ça demande énormément de temps, énormément de travail de la part des services pénitentiaires d’insertion et de probation et des juges d’application des peines, ça ne se fait absolument pas du jour au lendemain, il y a des conditions à vérifier », prévient Céline Parisot.

 

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