Richard Ferrand au Conseil constitutionnel : « On a l’impression que c’est la République des copains », raille Éric Kerrouche

Le sénateur socialiste des Landes met en cause le manque d’expertise de l’ancien président de la République sur le terrain du droit. « Emmanuel Macron est spécialiste des erreurs institutionnelles », ajoute-t-il.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

C’est peu dire que Richard Ferrand n’est pas en terrain conquis au Sénat. L’ancien président de l’Assemblée nationale, proposé par Emmanuel Macron comme prochain président du Conseil constitutionnel, va devoir batailler pour convaincre les sénateurs la semaine prochaine de valider sa nomination. Selon nos informations, ce marcheur de la première heure va se heurter à l’opposition de la gauche, mais aussi d’un groupe LR, qui partage largement les mêmes critiques.

« Ce que je vois c’est qu’Emmanuel Macron est spécialiste des erreurs institutionnelles. La dernière en date c’est la dissolution », griffe le sénateur PS Éric Kerrouche, à la sortie des Questions au gouvernement. « Nommer quelqu’un d’aussi proche, c’est une difficulté. Ce n’est pas parce qu’on a été président de l’Assemblée nationale qu’on peut automatiquement devenir président du Conseil constitutionnel. »

« Je ne crois pas que ça envoie une bonne image »

Selon lui, d’anciens présidents de l’Assemblée, comme Laurent Fabius ou Jean-Louis Debré avaient une « expertise juridique ». « Ce n’est pas le cas de Richard Ferrand, qui n’est pas compétent juridiquement. Or, le Conseil constitutionnel a un rôle éminent au sein de nos institutions. Ce n’est plus le simple Conseil constitutionnel des débuts de la Ve République, maintenant c’est presque une cour constitutionnelle, qui a dégagé des principes qui nous régissent toutes et tous. On ne met pas n’importe qui ! »

Et d’ajouter : « On a l’impression que c’est la République des copains, où on recase notamment des battus du suffrage universel. Je ne crois pas que ça envoie une bonne image. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
3min

Politique

Violences du 17 octobre : Sébastien Lecornu reconnaît les failles du renseignement et promet « un dispositif massif » samedi prochain

Devant les députés ce mercredi, le Premier ministre a reconnu un manque d'anticipation de la part des services de renseignement sur l’ampleur des manifestations du 17 octobre. Il a, en revanche, réfuté toute instrumentalisation des services à des fins politiques contre LFI, ainsi que le laisse entendre des témoignages recueillis par Mediapart.

Le

Richard Ferrand au Conseil constitutionnel : « On a l’impression que c’est la République des copains », raille Éric Kerrouche
5min

Politique

Après les violences urbaines et les pillages du 17 octobre, « le président de la République n'a apporté aucune solution, aucun cap », déplore Hervé Marseille

Au micro de Public Sénat, le président du groupe centriste au Sénat, constate avec sévérité l’impuissance et l’inertie du gouvernement face aux violences du week-end. S’il réfute toute volonté de pourrissement du mouvement de la part de l’exécutif, il estime cependant que les revendications portées depuis plus d’un mois par les lycéens ont été laissées « en jachère », dans un contexte social d’autant plus tendu que les crises s’enchaînent.

Le

Sebastion Lecornu press conference in Merignac
5min

Politique

 « Défaut de renseignement », « sous-estimation » de la colère sociale, « stratégie de pourrissement » : le gouvernement a-t-il failli samedi dernier ?  

Face aux pillages et dégradations lors des manifestations de ce samedi 17 octobre, le gouvernement est vivement critiqué pour sa doctrine de maintien de l’ordre. Alors que circulaient depuis plus d’un mois des appels à manifester ce samedi 17 octobre et que les lycéens et étudiants sont dans la rue depuis trois semaines, le gouvernement semble avoir sous-estimé la colère et les débordements possibles ce samedi.

Le