RIP sur l’immigration : les LR annoncent avoir réuni le nombre nécessaire de signatures

Le projet de loi référendaire porté par la droite sur l’immigration doit encore recevoir l’aval du Conseil constitutionnel et rassembler le soutien d’au moins 5 millions d’électeurs avant de pouvoir être soumis à référendum.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Première étape franchie pour le référendum d’initiative partagée (RIP) porté par Les Républicains sur l’immigration. Le texte a réussi à glaner les 185 signatures de parlementaires préalables à son dépôt devant le Conseil constitutionnel – 187 exactement –, a appris Public Sénat auprès de plusieurs sénateurs LR. Cette marche était certainement la plus facile à franchir pour la droite : comme le rappelle Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine, « LR dispose de deux groupes d’importance au Parlement, dont 132 élus ici, au Sénat ».

La droite, douchée par la décision du Conseil constitutionnel qui a censuré en janvier une large partie des modifications qu’elle a apportées au projet de loi « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration », n’entend pas se laisser déposséder du sujet. Le parti a recyclé plusieurs dispositifs retoqués par les Sages de la rue Montpensier car considérés comme des cavaliers législatifs – c’est-à-dire sans rapport avec le texte initialement présenté par le gouvernement – dans un projet de loi référendaire.

Contourner l’article 11 de la Constitution

Ce texte prévoit notamment de rallonger le délai de résidence nécessaire pour un étranger présent sur le sol français avant de pouvoir prétendre aux prestations sociales non contributives, de remplacer l’Aide médicale d’Etat (AME) par une simple aide médicale d’urgence (AMU) avec un panier de soins restreints, de mettre fin à la réduction tarifaire sur les titres de transport pour les étrangers sans papiers, ou encore l’impossibilité pour un étranger débouté du droit d’asile de rester dans un hébergement d’urgence.

La proposition de loi devrait donc prochainement arriver sur le bureau du Conseil constitutionnel, chargé d’examiner sa conformité avec l’article 11 de la Constitution, qui restreint le champ d’application du référendum. En effet, s’il n’est pas possible d’organiser une consultation sur la politique migratoire, LR espère contourner cet obstacle en se concentrant sur des mesures ayant trait à la protection sociale, médicale et au logement.

En revanche, les sages sont également tenus de vérifier qu’aucune disposition n’est contraire à la Constitution. De ce point de vue, les restrictions apportées à l’accès aux prestations sociales pourraient être considérées comme une rupture du principe d’égalité devant la loi. « Nous sommes loin d’avoir terminé le parcours », concède le sénateur Karoutchi. « Les Sages vérifient que le sujet du RIP est conforme à la Constitution, […] le conseil pourra émettre des réserves sans pour autant s’opposer au RIP », veut-il croire.

5 millions de signatures

Si le texte reçoit l’aval du Conseil constitutionnel, il devra encore, avant d’être soumis à référendum, recueillir les signatures d’au moins 10 % du corps électoral, soit environ 5 millions de personnes, dans un délai de neuf mois. Un seuil qu’aucune proposition de loi référendaire n’a réussi à atteindre depuis la mise en place de ce mécanisme législatif. La droite veut croire que l’immigration sera une thématique suffisamment mobilisatrice. Roger Karoutchi reconnaît toutefois qu’il s’agit là « d’un challenge ».

Partager cet article

Dans la même thématique

RIP sur l’immigration : les LR annoncent avoir réuni le nombre nécessaire de signatures
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le