Roland Dumas, ancien ministre de François Mitterrand est mort à 101 ans

Figure des deux septennats de François Mitterrand, l’ancien ministre des Affaires étrangères (1988-1993) et président du Conseil constitutionnel de 1995 à 2000, s’était retiré du monde politique au début des années 2000 après le scandale de l’affaire Elf.
Alexis Graillot

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Diplomate, amateur d’art, Roland Dumas a cultivé un personnage au-delà des cercles politiques. D’abord avocat de François Mitterrand dans les années 1950, époque durant laquelle il défend également la cause du FLN.

Elu député en 1956 sous la feu IVe République, cet ancien résistant fera carrière dans les rangs socialistes. Un engagement à gauche qu’il tenait de son père, résistant lui aussi, et qui a été fusillé par les Allemands en 1944. « C’était un curieux mélange de patriotisme et d’amour de la paix », décrivait d’ailleurs Roland Dumas pour parler de son ascendant.

Ministre de François Mitterrand

Après l’accession au pouvoir de la gauche en 1981, il sera deux fois ministre des Affaires étrangères, incarnant alors une certaine idée de la politique extérieure de la France. Pro-arabe, anti-atlantiste, il assiste à l’effondrement de l’URSS et de la réunification allemande.

En 1992, il signe le traité de Maastricht, avant d’être pris à la fin de la décennie, dans le tourbillon de l’affaire Elf, qui éclabousse la vie politique française. Poussé à la démission de la présidence du Conseil constitutionnel en mars 2000, il sera finalement relaxé en 2003.

Avocat de Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi

En retrait de la vie politique, il renoue alors pleinement avec son métier d’avocat, défendant notamment les très controversés dirigeants ivoirien et libyen, Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi. Il accusera d’ailleurs le 12 avril 2011 l’armée française, d’avoir « directement participé à l’arrestation de Laurent Gbagbo ».

De son vieux compagnon de route François Mitterrand, on retiendra cette citation de l’ancien chef de l’Etat socialiste qui aurait dit de Roland Dumas : « Pour le droit, j’ai Badinter, pour le tordu, j’ai Dumas », clin d’œil au caractère volontiers flamboyant et cynique de cette figure incontournable des années Mitterrand.

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