La ministre des Sports a dû défendre, au cours d’une audition au Sénat, les arbitrages du gouvernement dans le cadre du plan de relance. Elle a également souligné le peu de prise de son ministère dans le financement des sports.
Roxana Mărăcineanu : « On a préservé l’essentiel de l’activité des associations sportives »
La ministre des Sports a dû défendre, au cours d’une audition au Sénat, les arbitrages du gouvernement dans le cadre du plan de relance. Elle a également souligné le peu de prise de son ministère dans le financement des sports.
Par Océane Herrero
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Un budget très étriqué. Telle est la critique des sénateurs face aux moyens alloués au ministère des Sports, intégré au ministère de l’Éducation. La ministre des Sports, Roxana Mărăcineanu, était entendue par la Commission de la Culture, de l’Éducation et de la Communication, mardi 27 octobre et a tâché de défendre les arbitrages du gouvernement.
« Il n’est pas abusif je crois de dire que le secteur sinistré », a souligné Laurent Lafon, sénateur centriste et président de la commission. Les salles de sport sont particulièrement affectées par la crise sanitaire, puisqu’il s’agit de lieux clos. « Évidemment, ce sont ces endroits-là auxquels on doit proposer une fermeture en premier. Mais dès que cela sera possible, elles seront également les premières à rouvrir », a soutenu la ministre en insistant les initiatives du gouvernement pour venir en aide aux organisations sportives. Roxana Mărăcineanu a rappelé l’existence d’un « fonds d’urgence qui bénéficie aux organisations qui ne sont pas de droit commun, à hauteur de 15 millions d’euros et qui accompagnent déjà plus de 2700 actions ». Le gouvernement a également promis la création de 500 maisons sport santé d’ici 2022, avec 3,7 millions d’euros budgétisés.
Pour autant, les sénateurs n’ont pas manqué de filer une comparaison au cours de cette audition : le ministère des Sports dispose de 122 millions d’euros dans le cadre du plan de relance, là où le ministère de la Culture a pu obtenir une enveloppe de 2 milliards d’euros. Le signe, pour les sénateurs de la commission, que le sport est « la dernière roue du carrosse ». « Nous avons demandé que la culture et le sport, les plus touchés car on leur demande tout simplement de fermer, bénéficient d’une aide à une hauteur absolument exceptionnelle. Je ne pense pas que nous ayons obtenu ce qui est nécessaire pour la culture, mais pour le sport, encore moins », a ainsi regretté le sénateur socialiste David Assouline. Jacques Grosperrin, sénateur Les Républicains du Doubs, a pour sa part réclamé l’organisation, à l’instar du Grenelle de l’éducation, d’un rendez-vous dédié à la crise que traverse le sport.
« Il n’y a que le sport et l’aéronautique qui ont eu un plan de relance thématique », s’est défendue Roxana Mărăcineanu. La ministre a en outre dû expliciter sa vision de son ministère, qui n’est plus « de plein exercice ». Mais selon elle, cela n’entrave pas son action. « Je préfère avoir la puissance politique (du ministère de l’Éducation) pour nous ouvrir le champ qui m’intéresse, c’est-à-dire l’école », a fait valoir celle qui souhaite que les élèves aient 30 minutes de sport au programme, chaque jour.
Le relais aux collectivités
Cette audition est également l’occasion pour la ministre de faire le point sur le financement des organisations sportives, dans lequel le ministère n’a, paradoxalement, que peu de prises. « Ce n’est certainement pas moi, en tant que ministre, qui vais décider qu’il n’y a que l’État qui finance. Il y a une réalité dans laquelle nous avons débarqué qui est celle d’un budget des sports à, disons, 300 millions d’euros pour financer le sport de haut niveau et le sport pour tous. À cela s’ajoute le financement que nous accordons à certains établissements et qui nous amène à 500 millions. Mais en face de cela, ce sont dix milliards d’euros qui sont financés par les collectivités pour le sport », a ainsi exposé la ministre.
Jean-Jacques Lozach, président de la mission d’information sur le fonctionnement et l’organisation des fédérations sportives qui a remis son rapport en septembre, a cependant souligné le manque de soutien apporté au sport amateur. « Les mesures de soutien mises en place par le gouvernement, à savoir le chômage partiel ou encore les prêts garantis par l’État, semblent avoir bénéficié avant tout aux grands clubs de football ou de rugby », a fait valoir le sénateur socialiste. Un grand nombre de clubs sportifs amateurs sont en effet animés par des par les bénévoles. Or selon la ministre, ayant déjà encaissé les cotisations et ayant réduit ses frais de fonctionnement, les clubs amateurs auraient déjà « fait des économies pendant la crise », parallèlement à ses frais « on ne va pas demander des milliards qu’on ne peut même pas dépenser ».
Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.
Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ».
Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.
Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.