RSA, retraites…Les grands chantiers sociaux d’Emmanuel Macron
Au lendemain des traditionnels défilés du 1er mai, Emmanuel Macron entame un nouveau mandat dans un climat social explosif avec des projets annoncés et attendus. Le chef de l’Etat promet pour ce nouvel exercice, de changer de méthode afin d’éviter « les tensions » comme sur le dossier des retraites et de soutenir le pouvoir d’achat des ménages les plus précaires.

RSA, retraites…Les grands chantiers sociaux d’Emmanuel Macron

Au lendemain des traditionnels défilés du 1er mai, Emmanuel Macron entame un nouveau mandat dans un climat social explosif avec des projets annoncés et attendus. Le chef de l’Etat promet pour ce nouvel exercice, de changer de méthode afin d’éviter « les tensions » comme sur le dossier des retraites et de soutenir le pouvoir d’achat des ménages les plus précaires.
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Par Louis Dubar

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Premier déplacement officiel depuis sa réélection, Emmanuel Macron a présenté à Cergy le 27 avril, le portrait du successeur de Jean Castex à la presse. « Je nommerai quelqu’un qui est attaché à la question sociale », a indiqué le chef de l’Etat sans toutefois dévoiler le nom du futur Premier ministre. Critère essentiel de la fiche de poste, le prochain locataire de Matignon devra gérer les prochains grands chantiers sociaux du quinquennat qui s’ouvre. L’agenda semble d’ores et déjà bien rempli : réformes des retraites, « solidarité à la source », réforme du RSA et « loi exceptionnelle » sur le pouvoir d’achat.

« Loi exceptionnelle sur le pouvoir d’achat » pour l’été 2022

Face à l’inflation et l’explosion des prix des matières premières, Emmanuel Macron promet d’agir et de protéger le pouvoir d’achat des Français, avec l’adoption d’une « loi exceptionnelle » dès l’été 2022. Les plus modestes seront les principaux bénéficiaires de cette loi de circonstance, avec une indexation de certains minima sociaux sur l’inflation, un chèque énergie et une prolongation du « bouclier tarifaire » contre la flambée des prix du gaz et de l’électricité. Les pensions des retraités seraient également indexées sur l’inflation. « Dès le 1erjuillet, je veux qu’on puisse augmenter les retraites de 4 %. […] On ne peut pas atteindre janvier 2022 », a expliqué le président de la République le 13 avril sur TF1.

Initier la réforme des retraites en changeant de méthode à partir d’octobre

Projet esquissé durant la campagne par le président candidat, Emmanuel Macron a promis de relancer son projet de réforme des retraites. Dans un entretien accordé au journal Le Figaro début avril, le président s’est montré pressé de relancer ce grand chantier à partir de « l’automne » pour relancer cette réforme, pour une adoption prévue début 2023.

Interpellé à Denain par une habitante sur la retraite à 65 ans, lors d’un déplacement le 11 avril dans les Hauts de France, le président a annoncé qu’il était « prêt à bouger » sur ce sujet et revoir sa copie. Le projet initial du candidat de rehausser l’âge légal de 62 à 65 ans fait grincer des dents parmi les Français. D’après un sondage réalisé par l’Ifop, 77 % des sondés estiment qu’Emmanuel doit revenir sur cette mesure.

Dans la perspective « d’éviter les tensions », le chef de l’Etat entend cette fois-ci, changer de méthode en privilégiant la concertation et le dialogue social avec les organisations syndicales. Dans le but de faire « consensus », l’âge de départ pourrait être reporter à 64 ans à l’horizon 2027. Emmanuel Macron ambitionne tout de même d’inclure « une clause de revoyure » dans le texte final afin d’évaluer s’il faut repousser l’âge de départ à 65 ans en 2031.

« La solidarité à la source », prévue pour mi-mandat

Grande mesure sociale du programme électoral d’Emmanuel Macron, la mise en place d’une « solidarité à la source » serait prévue d’après Europe 1 pour mi-mandat. Après le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, ce nouveau mécanisme permettrait de rendre automatique le versement de certaines aides sociales (RSA, allocations familiales et sociales). Cette réforme vise également à donner plus de « lisibilité » et de simplification au système social actuel et à lutter contre le phénomène de « non-recours. »

Réforme du RSA et création de « France travail », pas de calendrier connu

Autre promesse électorale d’Emmanuel Macron, la réforme du revenu de solidarité active (RSA). Le président réélu souhait conditionner le versement de ce minimum social à une période d’activité. Le bénéficiaire du RSA aurait « l’obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine à une activité permettant d’aller vers l’insertion professionnelle. » Interrogé sur TF1, Jean Castex a indiqué que ces heures d’activité pourraient être des heures de formation, de stage ou de travail d’intérêt général. Actuellement, le RSA garantit un revenu minimum aux personnes sans ressource d’au moins 25 ans. Son montant est déterminé en fonction de la composition du foyer.

Pour atteindre « le plein-emploi », Emmanuel Macron entend réformer Pôle emploi, en « France travail. » L’objectif est de « mettre en commun à l’échelle d’un territoire tous les savoir-faire et les compétences », a expliqué le président de la République lors de la présentation de son projet présidentiel à Aubervilliers.

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