Ruffin à la tribune de l’Assemblée avec le maillot d’un club de foot amateur
Le député Insoumis François Ruffin s'est vu infliger jeudi une sanction pécuniaire par le président de l'Assemblée, qui lui a...

Ruffin à la tribune de l’Assemblée avec le maillot d’un club de foot amateur

Le député Insoumis François Ruffin s'est vu infliger jeudi une sanction pécuniaire par le président de l'Assemblée, qui lui a...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le député Insoumis François Ruffin s'est vu infliger jeudi une sanction pécuniaire par le président de l'Assemblée, qui lui a reproché l'"extravagance vestimentaire" d'avoir revêtu le maillot d'un petit club de football en soutien à une proposition de loi pour taxer les gros transferts.

Cette sanction, "un rappel à l'ordre avec inscription au procès verbal" que le député pourra contester devant le bureau de l'Assemblée, lui vaudra d'être privé, pendant un mois, de 1.378 euros, soit le quart de l'indemnité parlementaire.

L'élu LFI de la Somme, qui avait coécrit en 2014 "Comment ils nous ont volé le football - la mondialisation racontée par le ballon", est monté en fin de matinée à la tribune de l'Assemblée et a enlevé son pull pour dévoiler le maillot vert de l'Olympique Eaucourt, club de la commune d'Eaucourt-sur-Somme.

Voulant prendre le contrepied de la ministre Laura Flessel "qui n'a parlé de sport qu'en terme de compétitivité, comme un trader" selon lui, François Ruffin a narré la vie des bénévoles "qui lavent, plient et rangent les maillots pour pas un rond", en vantant "le don de soi dans une société où tout se marchande" pour défendre une proposition de loi UDI-Agir visant à taxer les gros transferts pour financer le sport amateur.

Cet épisode n'a pas plu au président de séance Hugues Renson (LREM) qui lui a rappelé, au terme de son intervention, "le respect dû à nos débats qui implique une tenue correcte qui soit digne des lieux".

"Vos extravagances vestimentaires ne rendent pas hommage au travail que nous devons mener dans cet hémicycle", a-t-il lancé, avant de suspendre la séance pour la pause déjeuner.

A la reprise de la séance à 15H00, le député est revenu avec son maillot, provoquant la suspension immédiate des débats.

Au terme d'une vingtaine de minutes, pendant laquelle quelques quolibets ont fusé ("Dehors et privé d'indemnités ! On ne peut pas avoir des huissiers en cravate et des charlots en maillot", a lancé l'UDI Thierry Benoit), le président de l'Assemblée François de Rugy (LREM) est intervenu pour infliger cette sanction au député, estimant que son comportement "relève d'une provocation".

M. Ruffin a répondu être "très fier de faire entrer dans l'hémicycle le visage de tous les gens des petits clubs", avant de remettre son pull "en apaisement".

Le co-président du groupe UDI-Agir-indépendants, Jean-Christophe Lagarde, a ensuite demandé que le bureau de l'Assemblée revienne sur sa décision de l'été, quand il avait acté le droit pour les députés de siéger sans veste ni cravate. "Non pas par excès de tradition, mais pourquoi ne pas venir en short la prochaine fois!", s'est exclamé cet élu de Seine-Saint-Denis.

Peu après, le chef de file des députés LR Christian Jacob a fait savoir à l'AFP qu'il souhaitait aussi "qu'on revienne à des tenues dignes, décentes", reprochant aux Insoumis d'être "incapables de se distinguer par leurs idées".

Les députés de La France insoumise ont bousculé les us et coutumes en se présentant régulièrement sans cravate au Palais-Bourbon depuis la première séance de la législature, justifiant ce choix par un rejet des "codes vestimentaires qui nous sont imposés".

Partager cet article

Dans la même thématique

France Drugging Trial
3min

Politique

Condamnation de Joël Guerriau : Gérard Larcher a promis à Sandrine Josso de développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher a reçu l’élue mercredi soir pendant une heure. Le président du Sénat s’est engagé à développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
9min

Politique

« Je serai le Président de l’ordre, de la justice et de la fierté française » : Bruno Retailleau se déclare candidat à la présidentielle de 2027

Le président des LR se lance dans la course pour 2027. « J’ai pris la décision d’être candidat à l’élection présidentielle » a annoncé l’ancien ministre de l’Intérieur, assurant ne pas vouloir être chef de l’Etat « par obsession du pouvoir, mais par sens du devoir ». Une décision que l’ancien président du groupe LR du Sénat a « mûri » petit à petit. Mais selon ses proches, il a en réalité décidé d’y aller « il y a déjà plusieurs mois ».

Le

« Regards croisés allemand et polonais sur les grands dossiers européens »
4min

Politique

Union européenne : au Sénat, des acteurs allemands et polonais appellent à « améliorer notre capacité à se défendre sans divorcer avec les Etats-Unis »

L’année 2026 célèbre le 35e anniversaire du Triangle de Weimar, une coopération entre la France, l’Allemagne et la Pologne basée sur le renforcement du dialogue politique entre les trois pays. Pour l’occasion, la commission des affaires européennes du Sénat a invité deux représentants de think tanks allemand et polonais, ce jeudi 12 février, pour croiser leurs regards sur une actualité européenne sous tension : les offensives de Donald Trump et la montée de l’extrême-droite sur le Vieux Continent.

Le

Paris: no-confidence debate in French parliament
5min

Politique

Programmation pluriannuelle de l’énergie : la feuille de route de Sébastien Lecornu coûte-elle 300 milliards comme l’affirme le RN ?

Sébastien Lecornu a détaillé la nouvelle feuille de route énergétique de la France, très attendue depuis 3 ans.  La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui prévoit une relance du nucléaire et la poursuite du développement des énergies renouvelables est estimée par le Rassemblement national à un minimum de 300 milliards d’euros. Un calcul démenti par les experts.

Le