Rugy propose d’inscrire le principe de la neutralité du net dans la Constitution
Le président de l'Assemblée, François de Rugy (LREM) a fait jeudi une proposition inédite pour la révision de la Constitution:...

Rugy propose d’inscrire le principe de la neutralité du net dans la Constitution

Le président de l'Assemblée, François de Rugy (LREM) a fait jeudi une proposition inédite pour la révision de la Constitution:...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le président de l'Assemblée, François de Rugy (LREM) a fait jeudi une proposition inédite pour la révision de la Constitution: inscrire le principe de la neutralité du net dans la loi fondamentale.

"La neutralité du net" oblige les fournisseurs d'accès internet (FAI) à traiter tous les contenus en ligne de la même manière. Le sujet a refait surface mi-décembre avec la décision de la Commission fédérale des communications (FCC), le régulateur américain du secteur, de mettre fin à ce principe.

Après avoir évoqué les pays nordiques, le président de l'Assemblée nationale a suggéré de "constitutionnaliser la neutralité du net", lors de ses voeux à la presse, où il a présenté une série de desiderata pour le contenu de la révision constitutionnelle.

"C'est un principe, la neutralité du net, qu'on peut définir: le libre et égal accès des citoyens au net sans qu'un favoritisme puisse être fait par un opérateur ou réseau commercial", a-t-il précisé ensuite devant quelques journalistes.

Pour M. Rugy, le graver dans la Constitution, "cela donnerait une force particulière à ce principe dont on voit qu'il peut être attaqué dans de grandes démocraties, comme les Etats-Unis".

Il rejoint le groupe de travail sur la démocratie numérique et les nouvelles formes de participation citoyenne, présidé par Cécile Untermaier (PS) avec comme rapporteure Paula Forteza (LREM), qui avait suggéré en décembre d'inscrire ce principe entre autres.

Ces élus ont suggéré de compléter l'article 1 de la Constitution en stipulant que "la loi garantit l'accès libre, égal et universel à des réseaux numériques ouverts et la formation des citoyens à leur utilisation".

Cette "consécration" de l'accès à internet comme "droit fondamental" est un "préalable indispensable à la reconnaissance de l'exercice effectif des diverses formes de participation citoyenne à la vie démocratique" et permettrait d'"accélérer la réduction des fractures numériques d'infrastructures et d'usage".

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a défendu mi-décembre les principes de "neutralité du net" et de multilatéralisme dans la gestion des risques cyber.

La décision du régulateur américain des communications autorise théoriquement les fournisseurs d'accès à moduler la vitesse de débit internet en fonction du contenu qui passe dans leurs "tuyaux", ce qui pourrait aboutir à la création d'un "internet à deux vitesses".

Selon le président du régulateur, nommé par les Républicains, les régulations "musclées" instaurées en 2015 décourageaient les investissements et l'innovation.

Les partisans de la "neutralité" craignent, eux, que les fournisseurs d'accès soient tentés de faire payer plus cher pour un débit plus rapide, ou bloquent certains services leur faisant concurrence, comme la vidéo à la demande, la téléphonie par internet ou les moteurs de recherche.

Le président de la Fédération française des télécoms (FFT), Pierre Louette, a estimé pour sa part que le principe de "neutralité du net" n'était "pas menacée" en Europe, contrairement aux Etats-Unis. "Par le passé, certains opérateurs en Europe ont envisagé des offres mais ont été rappelés à l'ordre", a-t-il déclaré en décembre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Rugy propose d’inscrire le principe de la neutralité du net dans la Constitution
6min

Politique

Justice criminelle : le Sénat adopte le texte qui instaure une nouvelle procédure de plaider-coupable 

Mardi soir, le Sénat a adopté le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le texte est l’objet depuis plusieurs jours de l’opposition des avocats contre l’instauration de l’extension de la reconnaissance préalable de culpabilité à certains crimes. Sorte de plaider-coupable à la française qui, selon le garde des Sceaux, permettrait de désengorger en partie les juridictions. Les arguments n’ont pas convaincu les groupes de gauche qui ont voté massivement contre.

Le

Paris: Seance questions au gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Travail le 1er mai : une réforme quasi enterrée, que ses défenseurs cherchent à réanimer

Face au risque de censure et sous la pression des syndicats, le gouvernement a repoussé sine die la proposition de loi sénatoriale sur le travail le 1er mai, tout en ouvrant des discussions. Une décision dénoncée par Gabriel Attal chez Renaissance. Côté LR, Bruno Retailleau propose aux présidents de l’Assemblée et du Sénat de convoquer eux-mêmes la commission mixte paritaire, pour relancer le processus parlementaire. Si Gérard Larcher « était prêt à étudier » la question, l’idée serait en « stand by » face aux hésitations de Yaël Braun-Pivet.

Le

Rugy propose d’inscrire le principe de la neutralité du net dans la Constitution
3min

Politique

Au nom du « soutien au peuple Vénézuélien », Gérard Larcher reçoit au Sénat la Prix Nobel de la paix et opposante María Corina Machado

Au lendemain de sa rencontre avec Emmanuel Macron, la lauréate du Prix Nobel de la paix María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, est reçue mardi 14 avril par le président du Sénat Gérard Larcher. L’occasion d’échanger sur « les perspectives d’une transition pacifique et démocratique » au Venezuela plus de trois mois après la capture du président Maduro par les États-Unis.

Le

Rugy propose d’inscrire le principe de la neutralité du net dans la Constitution
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le