Saint-Etienne : le stade Geoffroy-Guichard et l’AS Saint-Etienne s’invitent dans le débat des municipales

Lors du débat organisé par Public Sénat et TL7, la proposition de vendre le stade Geoffroy Guichard, propriété de la mairie, à l’ASSE a été mise sur la table par le candidat Horizons, Eric Le Jaouen. Les huit candidats sont aussi revenus sur l’affaire Perdriau, qui a vu l’ancien maire condamné à cinq ans de prison dans une affaire de chantage à la sextape.
Louis Mollier-Sabet

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Alors que les huit candidats à la mairie de Saint-Etienne sont interrogés sur l’attractivité de la ville et la désertification commerciale qui touche le centre-ville, la tête de liste Horizons, Eric Le Jaouen, propose que l’AS Saint-Etienne (ASSE), mythique club de la ville, devienne propriétaire du non-moins mythique stade Geoffroy-Guichard.

« Au milieu du mandat, en 2030, la convention de location du stade s’arrête. Ma proposition c’est que l’ASSE devienne propriétaire de son stade – pour renforcer le club et nous permettre de retrouver la Ligue des Champions – et pour retrouver des ressources supplémentaires pour la ville, qui seront mises au service des Stéphanois sur l’attractivité », détaille Eric Le Jaouen, qui assure que le club s’est montré intéressé par la proposition. « C’est quand même le patrimoine historique et immatériel de Saint-Etienne », a protesté l’ancien député (PS) Régis Juanico, qui mène la liste PS – Les Écologistes – PCF – Place Publique – Génération.s. « C’est le moment d’avoir le débat démocratique », lui a répondu le candidat Horizons, qui a cité deux autres clubs populaires qui viennent d’acquérir leur stade : le Red Star et Lens.

« Un maire sortant condamné à 5 ans de prison, c’est du jamais-vu »

Si le football occupe une place particulière dans la vie de Saint-Etienne, ce débat a aussi évidemment été percuté par l’affaire de chantage à la sextape, dans laquelle l’ancien maire, Gaël Perdriau, a été condamné le 1er décembre 2025 à cinq ans de prison, dont quatre fermes, et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire. L’ancien édile a fait appel. Cette élection municipale 2 026 est donc un peu particulière à Saint-Etienne, puisqu’elle pose la question de la reconstruction du paysage politique stéphanois après une affaire particulièrement sordide.

« L’image de la ville a été abîmée. Un maire sortant condamné à 5 ans de prison, c’est du jamais-vu », a analysé Régis Juanico (PS). La droite a de son côté insisté sur la nécessité de tourner la page Perdriau. « On ne fait pas campagne contre un homme, mais pour les Stéphanois et les Stéphanoises. Il va falloir renouer la confiance à tous les niveaux », a ainsi tempéré le candidat LR-MoDem-UDI Dino Cinieri, alors que la candidate MoDem dissidente, Siham Labich, a reconnu « une affaire qui a marqué notre ville » et qui appartient maintenant à la justice. De même, le candidat (RN) Corentin Jousserand a estimé que l’on avait « suffisamment commenté l’affaire Perdriau » et qu’il fallait « aller de l’avant. » « J’espère qu’on pourra profiter de cette élection pour raccrocher les Stéphanois au débat démocratique » a-t-il ajouté.

Le candidat divers droite Marc Chassaubene, actuel premier adjoint du maire qui a remplacé Gaël Perdriau en décembre, s’est, quant à lui, plutôt montré sur la défensive. « On est très fiers de ce bilan. Je suis très respectueux de l’Etat de droit et c’est très embêtant quand des élus alimentent la haine sans respecter la présomption d’innocence par rapport à une procédure en cours », a-t-il déclaré.

« Tout le monde veut des caméras de surveillance, certains en mettent même dans des chambres d’hôtel »

À l’inverse, les candidats LFI et Lutte Ouvrière sont ceux qui ont le plus politisé la question de l’affaire Perdriau. Valentine Mercier (LFI) a insisté sur la nécessité « d’un renouvellement du personnel politique à Saint-Etienne. » « Ce n’est pas seulement l’image de la ville qui s’est dégradée, mais le quotidien des habitants et les conditions de travail des agents de la mairie », a-t-elle déclaré en ajoutant que « les élections ne sont pas un blanc-seing donné aux élus » et développé les mécanismes de démocratie participative que propose LFI conformément à cette vision.

De même, le candidat Lutte Ouvrière, Romain Brossart, a plusieurs fois fait référence à l’affaire Perdriau au cours du débat. Au moment de développer son programme sur la sécurité, le candidat LO a notamment ironisé sur le fait que « tout le monde » voulait des caméras de surveillance supplémentaires, et que « certains en mettaient même dans les chambres d’hôtel », évoquant la caméra dissimulée dans une chambre d’hôtel dans le but de faire chanter la victime de l’affaire, Gilles Artigues, ancien adjoint de Gaël Perdriau. « J’entends beaucoup que M. Perdriau a dégradé l’image de la ville, mais c’est un petit joueur comparé à Jean-Charles Naouri [ancien P.-D.G. de Casino, une entreprise stéphanoise, condamné en janvier à de la prison ferme pour corruption, ndlr], concentré de la pourriture du capitalisme. Il faut que les travailleurs et les habitants aient la réalité du pouvoir, pas les politiciens plus ou moins véreux qui sont au final au service des riches », a-t-il notamment déclaré.

Retrouvez le débat en intégralité :

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