Salle retirée pour un meeting de Marine Le Pen: la justice annule la décision
Le tribunal administratif de Besançon a estimé jeudi que le maire de Clairvaux-les-Lacs (Jura) n'avait pas le droit d'annuler la...

Salle retirée pour un meeting de Marine Le Pen: la justice annule la décision

Le tribunal administratif de Besançon a estimé jeudi que le maire de Clairvaux-les-Lacs (Jura) n'avait pas le droit d'annuler la...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le tribunal administratif de Besançon a estimé jeudi que le maire de Clairvaux-les-Lacs (Jura) n'avait pas le droit d'annuler la location d'une salle pour un meeting de Marine Le Pen.

Selon le juge des référés, qui a suivi l'argumentation du FN, le refus de mettre la salle des fêtes de la commune à disposition de la candidate du Front National à l'élection présidentielle représente une "atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale de réunion".

Il a ainsi "ordonné au maire de remettre cette salle à la disposition du requérant, afin que la réunion puisse s’y tenir à la date prévue", vendredi à 18H00, a précisé le tribunal administratif dans un communiqué.

Le tribunal avait été saisi mercredi par le Front National, qui lui demandait d'annuler la décision d'Alain Panseri (sans étiquette): ce dernier ne voulait plus louer la salle des fêtes de la commune au FN par crainte pour la "sécurité" et "l'ordre public" dans sa ville.

Selon le juge des référés "les explications données par le maire tenant aux risques de troubles à l’ordre public susceptibles d’être créés par des manifestations organisées par des opposants" à la candidate ne sont pas "établies, à (cette) date".

En outre, il a constaté que "le maire ne démontrait pas qu'il était dans l'impossibilité d'obtenir ou de prendre des mesures adaptées permettant d’assurer le maintien de l'ordre".

"Clairvaux-les-Lacs: comme prévu rendez-vous pour un beau meeting demain soir. Belle victoire de la démocratie et de la République", a tweeté jeudi soir le vice-président du FN, Florian Philippot.

A l'audience, l'avocat du FN avait fustigé "une atteinte grave à la liberté fondamentale de réunion et d'expression collective". Me Arthur De Dieulevault avait aussi accusé le maire de "détournement de pouvoir" et de décision "politique", ce que l'intéressé dément formellement.

"Il existe un risque réel de confrontation entre les sympathisants de Marine Le Pen et des opposants", avait répondu l'avocat de l'édile, Jean-Philippe Devevey, faisant état de "réactions hostiles de part et d'autre".

Cette salle d'une jauge de 600 personnes avait été réservée le 1er février par le secrétaire départemental du FN dans le Jura, en son nom propre.

La semaine suivante, M. Panseri avait appris dans la presse que Marine Le Pen viendrait tenir un meeting dans la salle des fêtes de cette petite commune du Haut-Jura de 1.500 habitants. Il avait alors pris la décision d'annuler cette location.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le