Salon de l’agriculture : toutes les réactions politiques

Salon de l’agriculture : toutes les réactions politiques

Nombreuses sont les personnalités politiques, dont les candidats à la présidentielle, à se rendre au salon de l’agriculture, qui a commencé samedi dernier. Public Sénat, présent au Salon toute la semaine, a recueilli leurs réactions.
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Benoît Hamon : « Je veux tourner le dos au modèle agricole intensif et productiviste »

Venu visiter le Salon de l’agriculture ce jeudi, le candidat de la gauche Benoît Hamon est venu défendre son projet de « transition alimentaire » vers l’agriculture biologique. « Je défends un modèle agricole qui tourne le dos au modèle intensif et productiviste » explique-t-il au micro de Public Sénat. « Je veux que notre modèle valorise les territoires, le revenu des agriculteurs, et qui lutte contre l’accaparement des terres ».

« Ce que propose le syndicat des Jeunes Agriculteurs m’intéresse en particulier. Ils utilisent notamment comme slogan « Des fermes, pas des firmes », que je trouve exemplaires du modèle agricole que je souhaite soutenir. C'est-à-dire moins fondé sur des modèles qui tournent le dos à des exigences de protection de l’environnement et qui ne permettent plus aujourd’hui d’offrir un revenu décent à ces agriculteurs ».

Alors que Marine Le Pen arrive en tête des intentions de vote chez les agriculteurs, Benoît Hamon estime que la candidate FN ne créera que du « désordre » via une politique tournée vers le protectionnisme. « Dire que c’en est fini de la PAC, ce n’est pas sérieux. Je pense qu’elle est la moins bien armée aujourd’hui pour permettre une réorientation des aides publiques vers le modèle agricole que nous souhaitons développer ».

Laurent Wauquiez : « Il est évident que nous devons défendre François Fillon »

Laurent Wauquiez : « Il est évident que nous devons défendre François Fillon »
00:34

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes assure François Fillon de son soutien, alors que plusieurs membres du parti Les Républicains ont décidé de ne plus soutenir le candidat de la droite.

Alors que plusieurs élus et cadres républicains ont fait défection, Laurent Wauquiez, ancien soutien de Nicolas Sarkozy, assure rester derrière François Fillon. « Pour moi, il est évident que nous devons défendre notre candidat et surtout notre programme. C’est sans doute là-dessus que je mettrai l’accent, le programme ».

« Cette bataille, il faut la porter. On peut tous avoir eu des interrogations, des doutes, mais le vrai sujet est : en 2017, qu’est ce que vous voulez ? Car si ce n’est pas François Fillon, ce sera la gauche ».

Depuis le salon de l’agriculture, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes estime que Marine Le Pen, en tête des intentions de vote chez les agriculteurs, « n’a pas compris l’agriculture française ». « Son discours ne passe que par des primes et des subventions. Ce qu’elle propose, c’est de remplacer la technocratie européenne à la technocratie française. Moi je ne veux pas de charges, et qu’on aide les agriculteurs à investir et supprimes ces normes qui étouffent l’agriculture ».

 

Stéphane Le Foll : « La mutation vers l’agro-écologie est irréversible »

Stéphane Le Foll : « La mutation vers l’agro-écologie est irréversible »
01:27

Au micro de Public Sénat ce lundi, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a défendu la mutation de la France vers l’agro-écologie. « C’est une mutation qui est engagée et irréversible. Elle est la capacité d’utiliser l’environnement comme un élément de compétitivité. Si on veut faire un choix strat pour la France, je pense que ce choix est un choix qui va permettre d’ouvrir de nouvelles perspectives ».

Le ministre se montre critique sur les programmes de certains candidats à la présidentielle dans le domaine agricole, sans citer de noms. « Difficile pour moi, compte tenu de la position qui est la mienne, de juger ce qu’ils peuvent dire. Car je trouve que, quelque fois, c’est un peu partial ou en tout cas ça manque de dimension globale de l’agriculture. J’ai aussi un regard trop aiguisé pour être juste par rapport à une élection présidentielle où un candidat fixe les grandes lignes et ensuite toutes  les questions se posent derrière ».

 

Bruno Le Maire : « les agriculteurs ont été négligés par l’actuelle majorité »

Bruno Le Maire: « les agriculteurs ont été négligés par l’actuelle majorité »
01:37

L’ancien ministre de l’agriculture Bruno Le Maire tire ce lundi un sévère bilan du quinquennat en matière agricole. « Les agriculteurs ont été négligés par l’actuelle majorité. On ne s’est pas occupé d’eux, on ne leur a pas ouvert de perspectives, du coup, beaucoup d’agriculteurs ne savent pas où ils en sont ».

Selon lui, l’agriculture a besoin d’un nouveau « cap » tourné vers la qualité, l’exportation et les prix. « Il faut qu’on tourne la page d’un quinquennat où les agriculteurs ont été trop souvent considérés comme quantité négligeable ».

Alors que François Fillon doit se rendre dès demain au salon de l’Agriculture, Bruno Le Maire n’a aucune crainte, alors que les déplacements du candidat de la droite sont accompagnés de bruits de casseroles. « Je pense que la seule chose qui intéresse les agriculteurs c’est ce que les candidats à la présidentielle ont à proposer comme vision de l’agriculture française. (…)Je souhaite que ça se passe bien et que François Fillon puisse discuter avec les paysans. Tout ce qui vient troubler cette discussion n’est à mon avis pas une bonne chose ».

Ségolène Royal : « La protection de l’environnement est une nécessité et un atout pour l’agriculture »

Ségolène Royal : « La protection de l’environnement est une nécessité et un atout pour l’agriculture »
01:53

Présente au Salon de l’agriculture ce dimanche, la ministre de l’Ecologie défend l’importance de la protection de l’environnement pour les agriculteurs. « C’est une conviction de longue date. Je viens depuis 30 ans au Salon de l’Agriculture, et on a démontré dans ma région (Poitou-Charentes)  que la protection de l’environnement est une nécessité et un atout pour l’agriculture ».

Elle annonce d’ailleurs l’allongement de durée de rachat de l’électricité pour les méthaniseurs de 15 à 20 ans. « Je pense que beaucoup d’agriculteurs commencent à comprendre les enjeux de l’environnement, et notamment  les atouts, les chances que cela donne avec la fabrication de l’énergie en autoconsommation. Donc ça fait des revenus complémentaires pour les agriculteurs et ça baisse leurs charges.

A quelques mois de la présidentielle, pour Ségolène Royal, le gouvernement continue de travailler « plus que jamais ».

 

François Bayrou : « C’est mon monde, c’est le milieu d’où je viens »

François Bayrou : « C’est mon monde, c’est le milieu d’où je viens »
01:52

Choisissant l’alliance avec Emmanuel Macron, le président du Modem invoque des raisons profondes. « Il y a des moments où on est obligés de sortir chacun de son parti, de son courant ou dans son camp pour proposer quelque chose de positif pour le pays ».

François Bayrou se dit également en phase avec le programme agricole du leader du mouvement « en marche ! »

«Il y a un point important pour les agriculteurs : s’ils sont obligés d’arrêter leur exploitation pour des raisons économiques, ils pourront comme d’autres toucher le chômage. C’est quelque chose de très important car on a malheureusement le drame d’un suicide tous les trois jours chez les agriculteurs ».

« C’est mon monde, c’est le milieu d’où je viens »  ajoute-t-il, rappelant avoir commencé comme agriculteur dans la propriété de ses parents. « Pour moi, c’est un point très sensible. Sur le fond il faut une capacité d’organisation de la production agricole pour que ce ne soit pas soumis à une loi du marché impitoyable ».

Valérie Pécresse : « Nous avons un grand projet agricole en Ile-de-France »

Valérie Pécresse : « Nous avons un grand projet agricole en Ile-de-France »
01:54

La présidente de la région Ile-de-France a mis en avant les efforts de la région au profit de l’agriculture locale et écologique.

« L’Ile-de-France a augmenté de 75% son budget pour l’agriculture car nous avons un grand projet : l’approvisionnement local des cantines franciliennes et le développement de vraies filières maraîchères, des produits agro-sourcés, des énergies renouvelables. Donc on a énormément de travail à faire avec les jeunes agriculteurs en Ile-de-France ».

Une agriculture qui doit être tournée vers l’avenir. « L’agriculture de demain c’est aussi une agriculture qui va faire de l’énergie renouvelable, qui va gérer les déchets, produire des matériaux, c’est une agriculture profondément innovante qui va être diverse et apporter beaucoup de territoires ».

Valérie Pécresse a également insisté sur son soutien à François Fillon, en baisse dans les sondages. « Les trois questions que doivent se poser les Français sont  qui a la carrure, qui a le projet, et qui a l’équipe pour gouverner la France dans une période extrêmement troublée. Qui peut être le capitaine qui nous aide à passer ces temps de tempête et à réformer la France ? ».

 

Sophie Primas : « Un des grands échecs de ce quinquennat, c’est la perte d’influence et la perte de présence de la France en Europe » 

Agriculture : Sophie Primas pointe du doigt « la perte d’influence » de la France
01:20

La sénatrice LR, qui conseille François Fillon dans le domaine agricole, a souligné l’échec du quinquennat de François Hollande en matière d’agriculture. « Un des grands échecs de ce quinquennat, c’est la perte d’influence et la perte de présence de la France en Europe. Or, on sait que l’Europe est capitale dans la gestion du budget, dans la gestion de la politique agricole commune. Aujourd’hui, il va falloir prendre la balle au rebond extrêmement rapidement » » a-t-elle déclaré samedi dernier au micro de Public Sénat.

« L’échec de ce quinquennat, c’est d’avoir délaissé l’Europe et laissé croire aux agriculteurs que l’Europe ne sert à rien » poursuit-elle. « En réalité, l’Europe leur a beaucoup servi dans la construction de leur exploitation. Et aujourd’hui si on utilise l’Europe, si on fait valoir la position de la France en Europe, nous sommes capables de retrouver des marges de manœuvre. « Nous devons donner une vision à cette politique agricole européenne (…) il faut se remettre autour de la table. »

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