Salon de l’agriculture : Jordan Bardella souhaite une « priorité d’accès » pour les produits français dans les marchés publics

A l'occasion de sa 2ème visite au Salon International de l'Agriculture, le président du Rassemblement National et tête de liste pour son parti aux prochaines élections européennes, a estimé que sa première mesure sur l'agriculture serait de privilégier un « patriotisme économique » en donnant une « priorité d'accès » dans la commande publique aux produits français. Une mesure difficile à mettre en place selon les intervenants sur le plateau de Public Sénat.
Alexis Graillot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le retour en fanfare du « made in France » ? A la fois marotte politique et véritable enjeu pour toute une filière, la nécessité de « consommer français » est devenue une priorité d’achat pour beaucoup de ménages, néanmoins freinée par l’inflation de ces dernières années.

Interrogé ce lundi 26 février à l’occasion de sa 2ème visite au Salon de l’Agriculture, le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a expliqué vouloir donner une « priorité d’accès » dans les marchés publics aux produits français, notamment dans la restauration collective, mesure qui relève selon lui de « patriotisme économique ».

« Structurer la filière »

Déjà présent ce dimanche 25 février au Salon, quelques heures avant la visite « surprise » du Premier Ministre Gabriel Attal, le président du Rassemblement National et future tête de liste du parti aux élections européennes, avait estimé qu’il fallait « changer de logiciel » du fait d’une mise en concurrence de l’agriculture française « avec des produits ou des filières qui ne respectent aucune des normes ».

Invitée à réagir à la prise de parole de Jordan Bardella, la sénatrice LR des Yvelines, Sophie Primas, a quant à elle fait part de ses réserves sur la réalité économique et logistique d’une telle mesure : « Une partie de la loi EGALIM I appelait de ma part à un certain nombre de réserves car lorsqu’il est dit dans la loi qu’il faut 20% de bio dans la restauration collective, nous devons avoir des agriculteurs et des volumes qui soient organisés autour de la restauration collective pour le faire ». La sénatrice a également estimé que la mise en valeur de la production française implique la mise en place de tout un écosystème autour des établissements scolaires : « Nous devons embarquer les parents d’élèves, s’assurer qu’autour des écoles, une structuration de la filière soit organisée pour être efficace ».

Les efforts des agriculteurs « pas toujours récompensés »

Même son de cloche pour le vice-président des Jeunes Agriculteurs, Rémi Dumas. Selon l’agriculteur, il faut « bien sûr » privilégier le made in France, mais il sera difficile de fournir l’ensemble de la population car la France exporte massivement. Selon le viticulteur, il existe de nombreux freins administratifs empêchant la « mise au vert » des agriculteurs : « Depuis que je suis certifié haute valeur environnementale, je perds de l’argent » déplore-t-il, pointant des « normes contradictoires ». « On vend nos produits au même prix alors qu’ils sont plus coûteux à produire ».

« Les produits bio atteignent un plafond de verre, les agriculteurs font des efforts qui ne sont pas toujours récompensés » regrette pour sa part Julien Quéré, salarié agricole dans une exploitation de pommes en Corrèze. Sur les propos de Jordan Bardella, le producteur a estimé qu’il y avait « fort à faire, étant donné que l’agriculture française n’est pas en mesure de s’aligner face aux prix européens ». « Il faudrait nourrir les cantines scolaires, les enfants » appelle-t-il, estimant « dommage qu’on ne puisse pas le faire » aujourd’hui.

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
7min

Politique

Primaire socialiste : des jeux plus ouverts que prévu ?

Rassemblés à Blois pour leurs universités d’été, les socialistes s’apprêtent à départager les candidats pour trouver leur champion à l’élection présidentielle. Alors que l’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann est favori sur le papier, le scrutin est encore ouvert. Le premier secrétaire socialiste Olivier Faure, qui devrait se déclarer candidat en septembre, pourrait surprendre.

Le

Le Pen ok
7min

Politique

« Il n’était pas fiable » : le départ du conseiller de Jordan Bardella, François Durvye, de la campagne de Marine Le Pen, rappelle les divergences qui traversent le RN

Le divorce entre François Durvye, conseiller éco de tendance libérale, et Marine Le Pen, en plein débat au Medef, montre que le RN connaît encore des différences de lignes internes sur l’économie. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on assure que « Jordan Bardella n’a rien à voir là-dedans. C’est l’ego contrarié d’un haut fonctionnaire. Point ».

Le