Salon de l’agriculture : « La politique française est prisonnière du court terme, des crises et de l’instabilité » alerte Michel Barnier

Au Salon de l’agriculture, l’ancien Premier ministre et député Les Républicains pointe les difficultés structurelles de la politique française et appelle à un suivi concret du monde agricole.
Rédaction Public Sénat

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Au Salon, l’ambiance est différente cette année, les vaches sont absentes, mais les professionnels du secteur sont bien présents. Michel Barnier, député Les Républicains, a constaté une certaine frustration parmi eux concernant la loi d’urgence agricole. Elle suscite des déceptions, alors que ses détails restent encore peu connus. « La priorité, c’est de faire ce qui a déjà été annoncé », rappelle-t-il, se référant aux engagements pris lorsqu’il dirigeait le gouvernement.

Une politique à court terme face à des enjeux à long terme

Pour l’ancien chef du gouvernement, le temps politique et le temps agricole ne coïncident pas. « Il faut du temps », insiste-t-il, précisant qu’il faut compter plusieurs jours pour traduire les engagements en actes concrets. La loi d’orientation agricole, votée et promulguée en mars 2025 notamment pour simplifier l’administration, reste insuffisante aux yeux des agriculteurs. « On sait ce dont ils souffrent : des normes, des paperasses. Ils ne demandent qu’à produire », ajoute-t-il. Pourtant, les retards sur la Politique agricole commune (PAC) et l’instabilité politique compliquent la situation. « Le gouvernement n’a pas de visibilité devant lui », observe Barnier, rappelant combien il est difficile de planifier des actions à moyen et long terme dans ce contexte. Selon lui, « la politique française est prisonnière du court terme, des crises et de l’instabilité ». Si la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, fait preuve de volonté, selon l’élu, « il faut privilégier le suivi aux annonces », conclut Michel Barnier, appelant à une action durable et cohérente pour soutenir le secteur agricole.

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