Salon de l’agriculture : « Les écologistes ne sont pas les ennemis des agriculteurs », affirme Marine Tondelier

Lors de sa visite au Salon de l’agriculture, le Premier ministre a mis en avant le respect des engagements pris par le gouvernement pour apaiser la colère des agriculteurs. Mais, pour la cheffe de file des Écologistes, la loi d’orientation agricole élude la question essentielle du revenu des exploitants.
Rose-Amélie Bécel

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« C’est le Salon de l’agriculture qu’on aime », se réjouit Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, en visite avec une délégation de parlementaires du parti ce 25 février. Après la colère de l’an dernier, le Salon se tient dans des conditions bien plus apaisées. Un calme retrouvé, que François Bayrou explique par l’adoption définitive de la loi d’orientation agricole, deux jours avant l’ouverture du salon.

Mais, pour les Écologistes, le texte du gouvernement est loin de répondre à toutes les préoccupations du secteur. « Le premier problème des agriculteurs, c’est leur revenu, leurs conditions de vie qui ne sont pas dignes pour la plupart d’entre eux », souligne Marine Tondelier. « Ce volet financier, il en a été très peu question dans cette loi d’orientation agricole, c’est une erreur », s’insurge-t-elle.

« On est dans un discours très populiste », dénonce Guillaume Gontard

Pour la cheffe de parti, cet oubli est loin d’être le seul défaut du projet de loi. Marine Tondelier fustige, par exemple, l’inscription dans le texte du principe « pas d’interdiction [de pesticides] sans solution », introduit par un amendement de la majorité sénatoriale. « Ça veut dire que si un jour on démontre qu’un produit est dangereux pour les agriculteurs, pour les riverains ou pour les consommateurs, on ne pourra plus l’interdire ? On fera comme pour le chlordécone en Martinique et en Guadeloupe où, sous prétexte qu’on n’avait pas d’alternative, on a empoisonné toute une île pour des centaines d’années ? », interroge-t-elle.

Les parlementaires écologistes dénoncent par ailleurs l’atmosphère dans laquelle le projet de loi a été débattu. « On est dans un discours très populiste, qui consiste à dire : « Continuons comme avant, comme si on n’allait pas perdre 100 000 fermes dans les 19 ans ». Ça m’inquiète », déplore Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat.

Le parti lance une enquête en ligne auprès des agriculteurs

Dans un contexte de fortes tensions entre écologie et agriculture, marqué par des attaques à l’égard d’agences de l’Etat comme l’Office français de la biodiversité, les écologistes ont profité du salon pour affirmer qu’ils n’étaient « pas les ennemis des agriculteurs ».

Reconnaissant l’existence de « préjugés mutuels », Marine Tondelier a annoncé le lancement d’une enquête en ligne auprès des agriculteurs, pour évaluer leur perception de l’écologie et des écologistes. Les résultats de ces travaux devraient être dévoilés au mois de mai.

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