Salon de l’agriculture : « Nous avons besoin de retrouver notre souveraineté agroalimentaire qui faisait la force de notre pays » plaide Sophie Primas

Au lendemain de la visite du Premier ministre au Salon de l’agriculture, la sénatrice LR Sophie Primas appelle à replacer la production au cœur des priorités. Face à la colère persistante du monde agricole, elle plaide pour des mesures concrètes en faveur de la compétitivité, de la souveraineté alimentaire et d’une concurrence européenne plus équitable.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La pression monte autour du projet de loi d’urgence promis par le Premier ministre Sébastien Lecornu et attendu en juin au Sénat. Politique de l’eau, prédation du loup, moyens de production, moratoire sur certaines décisions environnementales : le gouvernement veut répondre à la colère qui agite le monde agricole depuis décembre. Présente au Salon, la sénatrice Les Républicains Sophie Primas, ancienne porte-parole du gouvernement, a insisté sur la nécessité de remettre « l’acte de production au centre ».

« On a mis la production derrière d’autres nécessités »

« Produire, c’est l’alpha et l’oméga de ce qu’on demande à nos agriculteurs », martèle-t-elle. Selon elle, la « Ferme France » s’est progressivement enfermée dans « des dispositions de plus en plus techniques et administratives », reléguant la production au second plan. La sénatrice ne plaide pas pour un abandon des objectifs environnementaux ou sanitaires. Mais elle estime qu’un déséquilibre s’est installé : « On n’a jamais fait l’équilibre. Les charges ont augmenté, les contraintes aussi, et petit à petit on s’est éloigné de l’acte de production. » Pour elle, la loi d’urgence agricole, annoncée en décembre par Sébastien Lecornu ne peut se limiter à des mesures de simplification. Les agriculteurs réclament aussi « des aides à produire », pour renforcer la productivité, diversifier les exploitations et affronter les aléas économiques, sanitaires et climatiques. L’enjeu est double, permettre aux exploitants de « vivre d’abord » et redonner des capacités d’investissement à l’ensemble de la filière agroalimentaire.

« Ce qui est autorisé en Allemagne ou en Espagne doit être autorisé en France. »

Dans un contexte d’inquiétudes persistantes autour de l’Accord UE-Mercosur, Sophie Primas met en avant un principe simple : la concurrence loyale. « Ce qui est autorisé en Allemagne ou en Espagne doit être autorisé en France. Ce qui est interdit chez eux doit l’être chez nous », résume-t-elle. Elle ne demande pas « davantage de pesticides », mais la possibilité pour les agriculteurs français d’utiliser les moyens de production déjà validés par la réglementation européenne.

À défaut, prévient-elle, la France continuera d’importer ce qu’elle ne produit plus. « Nous avons besoin de retrouver notre souveraineté agricole et agroalimentaire qui faisait la force de notre pays », insiste-t-elle, rappelant que le pays importe désormais plus qu’il ne produit dans certains secteurs.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le

Paris : French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary session
3min

Politique

Sondage : Marine Le Pen creuse l'écart et s'installe en grande favorite à quelques mois de la présidentielle

Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).

Le

Salon de l’agriculture : « Nous avons besoin de retrouver notre souveraineté agroalimentaire qui faisait la force de notre pays » plaide Sophie Primas
5min

Politique

« J’ai bien peur du cauchemar » : Sébastien Lecornu pointe le contre-budget du RN et dénonce l’effort de « 18,4 milliards d’euros en 2031 » demandé aux collectivités

« Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1300 milliards d’euros de dette supplémentaire », soit « plus de 400 millions d’euros par jour », a dénoncé la nouvelle présidente du groupe RN/UDR du Sénat, Edwige Diaz. Le premier ministre a pointé en retour l’effort demandé aux collectivités par le Rassemblement national. La sénatrice RN a démenti les chiffres, pourtant bien inscrits dans le contre-budget du RN.

Le