La pression monte autour du projet de loi d’urgence promis par le Premier ministre Sébastien Lecornu et attendu en juin au Sénat. Politique de l’eau, prédation du loup, moyens de production, moratoire sur certaines décisions environnementales : le gouvernement veut répondre à la colère qui agite le monde agricole depuis décembre. Présente au Salon, la sénatrice Les Républicains Sophie Primas, ancienne porte-parole du gouvernement, a insisté sur la nécessité de remettre « l’acte de production au centre ».
« On a mis la production derrière d’autres nécessités »
« Produire, c’est l’alpha et l’oméga de ce qu’on demande à nos agriculteurs », martèle-t-elle. Selon elle, la « Ferme France » s’est progressivement enfermée dans « des dispositions de plus en plus techniques et administratives », reléguant la production au second plan. La sénatrice ne plaide pas pour un abandon des objectifs environnementaux ou sanitaires. Mais elle estime qu’un déséquilibre s’est installé : « On n’a jamais fait l’équilibre. Les charges ont augmenté, les contraintes aussi, et petit à petit on s’est éloigné de l’acte de production. » Pour elle, la loi d’urgence agricole, annoncée en décembre par Sébastien Lecornu ne peut se limiter à des mesures de simplification. Les agriculteurs réclament aussi « des aides à produire », pour renforcer la productivité, diversifier les exploitations et affronter les aléas économiques, sanitaires et climatiques. L’enjeu est double, permettre aux exploitants de « vivre d’abord » et redonner des capacités d’investissement à l’ensemble de la filière agroalimentaire.
« Ce qui est autorisé en Allemagne ou en Espagne doit être autorisé en France. »
Dans un contexte d’inquiétudes persistantes autour de l’Accord UE-Mercosur, Sophie Primas met en avant un principe simple : la concurrence loyale. « Ce qui est autorisé en Allemagne ou en Espagne doit être autorisé en France. Ce qui est interdit chez eux doit l’être chez nous », résume-t-elle. Elle ne demande pas « davantage de pesticides », mais la possibilité pour les agriculteurs français d’utiliser les moyens de production déjà validés par la réglementation européenne.
À défaut, prévient-elle, la France continuera d’importer ce qu’elle ne produit plus. « Nous avons besoin de retrouver notre souveraineté agricole et agroalimentaire qui faisait la force de notre pays », insiste-t-elle, rappelant que le pays importe désormais plus qu’il ne produit dans certains secteurs.