Samia Ghali : « Il y a une forme de peur de punir les policiers »
La sénatrice socialiste critique l’abandon des banlieues par les gouvernements successifs. « Ils les ont laissées seules face à ce désarroi, face à leur misère » dénonce-t-elle.

Samia Ghali : « Il y a une forme de peur de punir les policiers »

La sénatrice socialiste critique l’abandon des banlieues par les gouvernements successifs. « Ils les ont laissées seules face à ce désarroi, face à leur misère » dénonce-t-elle.
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Alors que la situation dans les banlieues reste tendue après l’affaire Théo, la sénatrice et maire du 8e secteur de Marseille Samia Ghali dénonce une forme d’impunité des violences policières.

« Il y a une forme de peur de punir les policiers qui commettent de tels actes. J’ai l’impression que le politique a peur. On est face à des politiques qui sont tétanisés face à ce qu’ils voient. D’un côté ils ont peur de la police, de l’autre des banlieues, et ils restent donc au milieu ».

La sénatrice a insisté sur la « souffrance » dans les banlieues, abandonnées depuis plusieurs années par les politiques. « Ils les ont laissées seules face à ce désarroi, face à leur misère, face à la délinquance, en leur disant débrouillez-vous ». Elle appelle ainsi à un « traitement de fond » des banlieues. « On doit donner des moyens de luxe à l’école » prône-t-elle.

Samia Ghali sur la " souffrance " des banlieues
01:07

La solution ne passera pas selon elle par la baisse de la majorité pénale à 16 ans, ni par les récépissés de contrôles d’identité. « Cela part d’un bon sentiment, mais on ne va pas résoudre les problèmes ».

Surtout, la sénatrice est opposée à la proposition de Benoît Hamon de légaliser le cannabis. « Je ne voterai jamais une loi dans ce sens, ce serait dramatique si elle venait à être appliquée » déclare-t-elle.

« Il est facile de dire qu’on va régler le problème des banlieues, faire disparaître les dealers et qu’on va devenir une maison de bisounours ».

Samia Ghali : " Je ne voterai jamais la légalisation du cannabis "
01:50

Annonçant qu’elle ne parrainera pas le candidat de la gauche pour l’élection présidentielle, elle avoue se reconnaître davantage dans le programme de Jean-Luc Mélenchon. « Il est plus clair dans ce qu’il dit. Avec Benoît Hamon je ne me reconnais pas dans la légalisation du cannabis ». Quant à Emmanuel Macron, des échanges ont eu lieu.

« J’aime la France. Si demain le Président, quel qu’il soit, me demande mon conseil, je ne le ferai pas pour aller dans un gouvernement mais pour aider ».

Interrogée sur les révélations du Canard enchaîné, la sénatrice déclare être choquée sur la forme. «  Je ne dis pas qu’il faut tourner, mais à un moment on ne peut pas fixer le pays sur ces affaires. Ça tue la démocratie, on ne parle pas des vrais sujets qui préoccupent les Français ».

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