Samia Ghali : « Il y a une forme de peur de punir les policiers »
La sénatrice socialiste critique l’abandon des banlieues par les gouvernements successifs. « Ils les ont laissées seules face à ce désarroi, face à leur misère » dénonce-t-elle.

Samia Ghali : « Il y a une forme de peur de punir les policiers »

La sénatrice socialiste critique l’abandon des banlieues par les gouvernements successifs. « Ils les ont laissées seules face à ce désarroi, face à leur misère » dénonce-t-elle.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Alors que la situation dans les banlieues reste tendue après l’affaire Théo, la sénatrice et maire du 8e secteur de Marseille Samia Ghali dénonce une forme d’impunité des violences policières.

« Il y a une forme de peur de punir les policiers qui commettent de tels actes. J’ai l’impression que le politique a peur. On est face à des politiques qui sont tétanisés face à ce qu’ils voient. D’un côté ils ont peur de la police, de l’autre des banlieues, et ils restent donc au milieu ».

La sénatrice a insisté sur la « souffrance » dans les banlieues, abandonnées depuis plusieurs années par les politiques. « Ils les ont laissées seules face à ce désarroi, face à leur misère, face à la délinquance, en leur disant débrouillez-vous ». Elle appelle ainsi à un « traitement de fond » des banlieues. « On doit donner des moyens de luxe à l’école » prône-t-elle.

Samia Ghali sur la " souffrance " des banlieues
01:07

La solution ne passera pas selon elle par la baisse de la majorité pénale à 16 ans, ni par les récépissés de contrôles d’identité. « Cela part d’un bon sentiment, mais on ne va pas résoudre les problèmes ».

Surtout, la sénatrice est opposée à la proposition de Benoît Hamon de légaliser le cannabis. « Je ne voterai jamais une loi dans ce sens, ce serait dramatique si elle venait à être appliquée » déclare-t-elle.

« Il est facile de dire qu’on va régler le problème des banlieues, faire disparaître les dealers et qu’on va devenir une maison de bisounours ».

Samia Ghali : " Je ne voterai jamais la légalisation du cannabis "
01:50

Annonçant qu’elle ne parrainera pas le candidat de la gauche pour l’élection présidentielle, elle avoue se reconnaître davantage dans le programme de Jean-Luc Mélenchon. « Il est plus clair dans ce qu’il dit. Avec Benoît Hamon je ne me reconnais pas dans la légalisation du cannabis ». Quant à Emmanuel Macron, des échanges ont eu lieu.

« J’aime la France. Si demain le Président, quel qu’il soit, me demande mon conseil, je ne le ferai pas pour aller dans un gouvernement mais pour aider ».

Interrogée sur les révélations du Canard enchaîné, la sénatrice déclare être choquée sur la forme. «  Je ne dis pas qu’il faut tourner, mais à un moment on ne peut pas fixer le pays sur ces affaires. Ça tue la démocratie, on ne parle pas des vrais sujets qui préoccupent les Français ».

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Samia Ghali : « Il y a une forme de peur de punir les policiers »
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le