Samuel Laurent : « Twitter est un salon parisien qui prend une importance disproportionnée »

Samuel Laurent : « Twitter est un salon parisien qui prend une importance disproportionnée »

Entretien avec Samuel Laurent, journaliste au Monde, ancien responsable des Décodeurs. Auteur de « J’ai vu naître le monstre. Twitter va-t-il tuer la #démocratie ? », édition Les Arènes
Public Sénat

Par Rebecca Fitoussi

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19 min

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Qu’est-ce qui vous a amené à voir du monstrueux dans Twitter ?

 

Dans mon livre, il y a d’une part mon parcours à moi, celui d’un journaliste qui a commencé dans ce métier en même temps que Twitter, qui fait partie de cette génération de journalistes issus des sites Web qui était beaucoup sur cette plateforme, à qui elle a permis de grandir professionnellement, à qui elle a offert un tas d’opportunités professionnelles. Et puis, c’est aussi l’histoire de Twitter et de comment ce canal-là, particulièrement, est devenu central dans le débat public français, parce que c’est la plateforme des journalistes, des politiques et des communicants. Le problème, c’est que Twitter n’est pas la plateforme des Français. S’il devait y avoir une plateforme des Français, ce serait Facebook qui compte à peu près 40 millions d’utilisateurs. Il n’y en a que 4 millions sur Twitter. Pourtant, Twitter est devenu le lieu central, l’agora centrale des débats. Mais c’est une agora qui est coupée de la grande majorité des gens. Donc, Twitter est un salon parisien qui prend aujourd’hui une importance disproportionnée à mon sens, par rapport à ce que ça peut représenter dans l’actualité. On le sait, on le voit tous les jours, Twitter façonne le débat public. Le problème, c’est que la grammaire de Twitter, qui est une grammaire de clash, une grammaire de violence où l’on ne peut pas développer d’arguments, où l’on crée des camps qui s’opposent, cette grammaire se transfère dans le débat public et dans le débat politique aujourd’hui. C’est à mon sens un problème.

 

Vous vous y êtes vous-même brûlé les ailes. Vous avez vécu des campagnes de cyberharcèlement.

 

Oui, j’en ai vécu plusieurs. J’en ai vécu tout au long de ma carrière parce qu’une partie de l’activité des Décodeurs, c’était de faire de la vérification factuelle et évidemment, lorsque vous donnez tort à un politique ou à un parti, vous vous prenez ces militants sur la tête. Aujourd’hui, tous les partis, sans exception, ont des armées de militants mobilisables pour aller taper sur les journalistes. C’est vraiment devenu une stratégie de communication complètement banale. Des Insoumis à la République en marche, tout le monde possède son armée de trolls et tout le monde déchaîne son armée de trolls sur l’adversaire. Du coup, on est dans une fabrique d’un récit puisque sur Twitter, ce qui compte, ce n’est pas la vérité, c’est le récit, c’est d’imposer un récit. Donc la chose qui m’a fait partir de Twitter, ce sont trois mois de harcèlement des partisans de la République en marche qui ont pour base une intox balancée par Christophe Castaner à l’époque sur des Gilets Jaunes qui seraient rentrés dans l’hôpital de la Pitié Salpêtrière. On avait parlé d’une intrusion violente qui était fausse, Christophe Castaner a reconnu qu’elle était fausse. Mais le simple fait que l’on dise que c’était faux, cela a suffi à déchaîner les partisans LREM pendant des mois et des mois, ils voulaient absolument imposer ce récit des Gilets Jaunes comme des factieux violents. Il fallait absolument que ça ait existé et c’est, je pense, quelque chose d’assez délétère et de problématique pour la démocratie d’avoir ce type de comportement de meute et ce type de choses qui sont admises, voire encouragées dans les partis.

 

Vous ne parlez que des militants, des communicants, des journalistes et des responsables politiques, mais il y a aussi des campagnes de harcèlement venant des Français lambda, non ?

 

Il y a aussi des Français lambda bien sûr, mais ce sont 4 millions de Français, pas 40 millions. Quand les Gilets Jaunes sortent, ils ne sont pas sur Twitter. Pourquoi ne les a-t-on pas vus ? Parce que tous les journalistes et tous les politiques de France ne regardent que Twitter. À mon sens, le problème est là aussi. On ne regarde pas assez les autres plateformes, les autres espaces, alors qu’il s’y passe énormément de choses. Et on se concentre sur ce réseau où, effectivement, vous avez raison, il y a des Français lambda. Il y a un Twitter du football et un Twitter manga. Il y a des tas de communautés, mais ce sont des petites communautés et en général des communautés de gens qui ont des choses à dire, beaucoup plus que sur les autres plateformes, beaucoup plus que sur un média comme Facebook. Sur Facebook, pour caricaturer, vous allez avoir votre beau-frère, votre grand-mère ou votre cousin qui n’est pas très impliqué dans des débats, sur Twitter, vous allez avoir des étudiants, des chercheurs, des fans de foot aussi… Des gens qui ont des choses à revendiquer et qui ont envie d’être dans une communauté. Evidemment, je généralise. Évidemment, il y a aussi des gens qui sont totalement lambda et qui vont sur Twitter pour faire des blagues, et heureusement d’ailleurs. Mais il y a quand même cette problématique, on accorde énormément d’importance à ce réseau, nous, journalistes et nos politiques, au détriment de tous les autres.

 

Plus globalement, sur les réseaux sociaux, on observe des campagnes très violentes, il y a l’affaire Mila, l’affaire Mélenchon… A la lueur de ce que vous avez vécu, vous diriez que vous n’êtes pas surpris par la tournure que prennent les événements ?

 

Non, pas du tout. Alors on parle de choses assez différentes. Mila, d’une part, c’est Instagram, c’est un autre public plus jeune, on est dans un cercle plus adolescent où elle-même sort cette vidéo, cela devient une espèce de phénomène global, tout le monde en parle et elle devient la cible de centaines de milliers de jeunes adultes, de jeunes adolescents qui s’en prennent à elle, comme effectivement, c’est arrivé dans d’autres cas et pour d’autres personnalités. Là, c’est vrai qu’on a atteint un degré de violence dans le nombre et dans l’intensité de ce qui lui est envoyé qui est assez fascinant et hallucinant. Mais des histoires comme celle-là, il en existe malheureusement presque tous les jours. Si on prend le cas de Papacito, ce youtubeur d’extrême droite qui a fait cette vidéo contre LFI, c’est encore une autre communauté qui existe depuis une dizaine d’années. C’est cette communauté de youtubeurs virilistes nationalistes masculinistes d’extrême droite, qui sont très influents auprès d’un public de jeunes hommes fans de jeux vidéo notamment, auprès de communautés comme celle du « Forum 18-25 » et qui mènent une espèce de guerre culturelle. Dans sa dernière vidéo, Papacito l’explique, il dit clairement qu’on est dans une guerre culturelle et qu’on est en train de la gagner, et je pense que ce n’est pas faux. Leur truc, c’est de faire passer, de distiller des idées d’extrême droite violentes par le rire, par l’outrance, etc. Et ils y parviennent, ils arrivent à imposer des codes culturels qui s’imposent petit à petit dans le débat. Le terme « fragile » par exemple, « lui, c’est un fragile ou un homme Soja », ces expressions qui sont vraiment issues du langage de ces communautés-là, se diffusent petit à petit et vont être reprises, y compris par des politiques. Florian Philippot, par exemple, dans la dernière campagne, s’amusait à faire des tas de petites allusions dans ses vidéos, dans ses interventions médias à ces communautés-là, parce qu’il sait qu’elles sont très actives et très fortes culturellement.

 

Ils se reconnaissent et se parlent entre eux ?

 

Oui. Ils utilisent par exemple un personnage qui s’appelle Risitas, qui est un comique espagnol devenu personnage emblématique du Forum 18-25, que Florian Philippot avait collé sous sa tasse lorsqu’il faisait ses vidéos. C’était clairement un petit signal envoyé à ces gens-là.

 

Le summum de l’horreur lié aux réseaux sociaux, c’est ce qui est arrivé à Samuel Paty. Est-ce que là, vous avez été surpris que ça aille aussi loin ?

 

Samuel Paty, c’est Facebook. C’est effectivement le cas de la rumeur sur les réseaux sociaux, c’est-à-dire des gens qui s’enflamment sur un truc où ils ne sont pas, qu’ils n’ont pas vu, sur la foi d’un témoignage. Et ça, on l’a tous les jours sur les réseaux, c’est terrible parce qu’en fait, ça nous prend à défaut les réseaux sociaux, parce que ça manipule nos émotions. Ça touche nos émotions, notre affect et pas notre raison. Donc, lorsque vous avez une personne qui fait un témoignage sur un réseau social, peu de gens vont aller vérifier la véracité du témoignage. On va partir du principe que la personne est de bonne foi et c’est exactement ce qui se passe là. Et puis surtout, on va commencer à s’énerver. On va éprouver de l’empathie. On va trouver ça scandaleux. Ça va nous mettre en colère et une fois qu’on a éprouvé de l’émotion, c’est très difficile de revenir à la raison. Et là, typiquement, on est vraiment dans ce cas. La vidéo du père qui déclenche un mouvement sur les réseaux, tout le monde en parle jusqu’à ce que ça atteigne ce jeune futur terroriste assassin tchétchène, par le biais des réseaux sociaux, sans que personne, à aucun moment, n’ait été questionner la véracité du témoignage qui s’est révélé largement erroné. On est sur un phénomène de rumeur qui est peut-être plus ancien. Mais c’est vrai que les réseaux sociaux démultiplient ce type de processus parce qu’encore une fois, ils ne font pas appel à notre raisonnement, ils font appel à nos émotions. Quand vous passez beaucoup de temps sur Twitter, vous passez votre temps à être en colère, à être indigné, d’ailleurs le vocabulaire qui est très souvent utilisé, c’est « scandaleux ! », « c’est à vomir ». Cela ne favorise pas du tout la réflexion, le raisonnement ni la nuance. De plus, la brièveté des messages et des échanges fait que l’on est davantage dans l’invective que dans la recherche d’une position médiane.

 

Jusqu’où cela peut nous amener tout cela ? Jusqu’où ça peut aller ?

 

Assez loin et malheureusement même très loin, je pense. On a vu aux Etats-Unis ce que ça pouvait donner avec Donald Trump. Avec la crise du covid, et c’est un truc qui me fait très peur depuis quelques mois, on voit à quel point le discours conspirationniste se centralise. Vous avez des gens qui étaient au-dessus de tout soupçon, qui étaient des élites intellectuelles, des élites scientifiques, qui vont basculer dans ce type de raisonnement, ne plus du tout être connectés au réel et refuser mordicus d’être connectés au réel. Ce qui est terrifiant avec les réseaux sociaux et avec internet, c’est aussi qu’il y a un tel foisonnement d’informations, vraies ou fausses, que finalement, si vous croyez quelque chose, vous trouverez toujours un média qui va vous dire ce que vous croyez. Si vous cherchez des trucs qui vous disent que le coronavirus est un complot global dirigé par Bill Gates pour implanter des puces 5G, vous allez trouver des centaines et des centaines de vidéos et de textes qui vont vous dire que c’est vrai. Et moi, ce qui m’effraie, c’est de voir des scientifiques plonger là-dedans et ne pas en ressortir en général.

 

Vous dites que Twitter peut tuer la démocratie… Justement par ce genre de mécanisme que vous décrivez ?

 

En tout cas, je pense que ça modifie la démocratie. Si tout cela ne concernait que des jeunes geeks qui parlaient de jeux vidéo dans leur coin, à la limite, ce ne serait pas très grave. Le souci, c’est que vous avez aujourd’hui sur des réseaux sociaux comme Twitter, des ministres qui répondent à des gens, qui y passent d’ailleurs un certain temps de leur journée. Moi, ça me fascine de voir par exemple le temps que Marlène Schiappa peut passer à répondre et l’activité qu’elle peut déployer sur ce réseau. On peut se demander s’il n’y a pas autre chose à faire dans la journée d’un ministre que de s’occuper de sa réputation sur Twitter.

 

S’ils n’y étaient pas, on pourrait aussi leur reprocher de ne pas être assez connectés aux Français…

 

Mais sont-ils connectés aux Français avec Twitter ? Est-ce que ce sont vraiment les Français qu’ils cherchent à toucher ? N’est-ce pas plutôt les médias ? Et nous, journalistes, on a une énorme part de responsabilité là-dedans. On est complètement drogué à ce réseau. On est les premiers addicts à ce réseau. Moi, j’en suis parti, je ne m’y exprime plus, mais je ne peux pas non plus totalement m’en abstraire, ce serait très difficile, voire impossible, de faire mon travail. Typiquement, pour citer Papacito et le cas du jeune homme qui a giflé Emmanuel Macron, dans les deux cas, j’ai eu besoin d’aller sur les réseaux sociaux pour les retrouver. Professionnellement, je ne pourrais pas m’en passer. On est devenus complètement prisonniers de ces espaces qui sont des espaces privés, qui ne sont pas une agora publique. On a tendance à penser que c’est un tuyau neutre, ce n’est pas un tuyau neutre. Marshall McLuhan, qui est un théoricien de la communication, disait dans les années 1960 « le média fait le message ». Le média Twitter amène une forme de message qui est violente, qui est celle du clash, qui est celle de la brièveté, de la division en camps. Dans quelle mesure, tout cela n’infuse pas notre débat démocratique de manière délétère et de manière dangereuse, c’est vraiment une question qu’il faudrait que nous, journalistes, et eux, politiques, nous posions peut-être de manière un peu plus profonde, parce que ce n’est pas un tuyau neutre.

 

Les réseaux sociaux n’ont-ils pas eu, au moins au début, ou encore aujourd’hui parfois, un effet positif, un effet libérateur pour la parole ?

 

Je pense qu’il y a un effet positif. De toute façon, on ne peut pas partir du principe qu’il faut les interdire, ce serait ridicule. Ils sont dans le paysage, ils existent, on fonctionne avec. Ce serait impossible. Je pense que ça tient vraiment à la responsabilité des opérateurs de ces plateformes. Un des soucis de ces réseaux, c’est qu’au départ, sur Internet, il y a eu des discussions sur des forums. Sur ces forums, dès lors qu’on a commencé à discuter, on a mis en place de la modération. Parce que si vous organisez n’importe quel débat, même en réel, vous avez besoin d’un modérateur pour que les gens puissent s’exprimer. Les plateformes, la promesse qu’elles ont faite, c’est de dire « il n’y a plus besoin de modération. On vous fournit les tuyaux et débrouillez-vous avec ». Twitter particulièrement, a toujours dit « nous, on est la liberté de parole absolue ». Mais est-ce qu’on peut avoir une liberté de parole absolue sans modération ? Non. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, il y a tellement de monde sur ces plateformes que ce serait impossible techniquement de faire de la modération. Facebook avait fait le calcul, je crois qu’ils disent qu’il faudrait 200.000 personnes pour arriver à modérer tout ce qui est publié sur Facebook. C’est colossal et ce n’est pas dans leur intérêt. Après, oui, ces réseaux ont des effets positifs, il y a la libération de la parole, il y a le fait que des minorités puissent s’exprimer. Sans Twitter, est-ce qu’il y aurait #MeToo ? Sans doute pas. Donc, il y a effectivement des choses très positives qu’il ne faut pas cacher. Il y a des tas de cas de gens qui ont pu se sortir de situations très difficiles grâce aux réseaux sociaux. Il y a de l’entraide, il y a des tas de choses positives qu’il ne faut pas minorer. Encore une fois, je pense que le problème n’est pas tant ça. C’est dans quelle mesure on en fait un espace central et dans quelle mesure on est prisonnier de sa grammaire et particulièrement dans le débat politique. Vous avez des forces comme les identitaires français qui, numériquement, ne pèsent rien, s’ils se présentaient aux élections demain, ils feraient 0,2 %, mais qui arrivent à mener une guerre culturelle très puissante via ces outils-là parce que c’est un effet de levier terrible et qui polluent les débats en permanence, parce qu’après, une fois que vous avez du succès sur Twitter, en général, les chaînes d’info vont venir vous chercher pour aller dans des débats et ainsi de suite. Donc ça ne tient pas qu’aux plateformes, cela tient aussi à la manière dont nous : communicants, journalistes, universitaires, politiques, nous les utilisons. Nous sommes encore trop naïfs par rapport à ce qu’elles sont.

 

Finalement, si on suit votre raisonnement, ce n’est pas tant la population à qui il faut apprendre à utiliser les réseaux sociaux, mais plutôt les journalistes et les politiques ?

 

Oui, c’est ça. Alors bien sûr, il faut de l’éducation aux médias à tous les âges, mais on a tendance à dire qu’il faut éduquer les enfants aux médias. Quand vous regardez la moyenne d’âge sur Facebook des groupes conspirationnistes, ce ne sont pas les enfants, ce ne sont même pas des jeunes en général, ce sont des gens âgés. Et ces gens-là, c’est beaucoup plus difficile de les attraper pour leur faire une éducation aux médias et aux fake news sur Internet. Donc oui, il faudrait une éducation de la population générale mais c’est compliqué parce que ce sont des outils qui sont à la base vécus comme des outils de loisir. À part pour quelques personnes qui en font leur métier, cela reste des outils sur lesquels on va pour se détendre, pour s’amuser, pour discuter. On n’est pas censé faire un permis de tweeter, ce serait un peu compliqué de l’amener comme ça, mais effectivement, il y a une éducation à faire. On est peut-être d’ailleurs en train de la faire collectivement. Ça fait 10 ans déjà qu’existent les réseaux sociaux mais on peut imaginer qu’au bout de 20 ans, on sera tous un peu matures sur la manière dont ça fonctionne et on ne tombera pas dans les mêmes travers. Ou peut-être que d’autres réseaux auront été mis en place et qu’on sortira de cette grammaire-là. Peut-être que les opérateurs des réseaux auront eux-mêmes mis en place des choses. Twitter commence à réfléchir à des petites choses toutes bêtes comme dire aux gens quand ils publient un lien vers un article : « Est-ce que vous avez lu l’article ? » Eh bien une statistique a montré que le taux d’ouverture des articles avait augmenté de 40 % ? Donc ce tout petit garde-fou par exemple peut fonctionner. L’idée était de laisser un petit délai avant l’envoi du tweet pendant lequel la personne peut supprimer, peut choisir de ne pas l’envoyer, ce qui évite de répondre du tac au tac, etc. Un des soucis de Twitter, c’est aussi que ça crée cette espèce d’écrit oralisé. C’est-à-dire qu’on est à la fois dans l’écrit, on va par exemple aller chercher le tweet qu’a publié Machin 3 ans auparavant, et il sera rendu responsable de son écrit, mais on est aussi dans une communication très orale où l’on balance des choses comme ça, sans y réfléchir et parfois à regret.

 

Après tout ce qu’on vient de voir, faut-il faut regretter la création des réseaux sociaux, selon vous ? A-t-on créé un monstre ? Est-ce qu’il faut se dire que c’était mieux avant ?

 

Non, parce que je pense qu’il y a des choses qu’on voyait moins avant. Est-ce qu’il faut regretter l’invention de la télévision pour prendre un autre exemple ? Il y a du bon et du mauvais en tout. Donc c’est difficile de dire qu’il faudrait revenir à l’époque d’avant. De toute façon, on n’a pas tellement choisi. C’est toujours difficile de répondre à cela, le progrès a toujours des effets positifs et négatifs. Sur les réseaux sociaux, il y a effectivement un vrai souci sur comment on les utilise et sur ce qu’ils peuvent donner à l’avenir. Et c’est vrai que la vision des Etats-Unis n’est pas très réjouissante à ce niveau-là, ni la crise du coronavirus. Mais est-ce que c’est la faute aux réseaux sociaux ? C’est nous qui en sommes les utilisateurs, donc c’est avant tout à nous de changer.

 

Lire notre entretien avec Raymond Soubie : Climat social post-covid : « Il est possible qu’on ait quand même un certain nombre de troubles et d’agitations »

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