Sans mise à contribution des plus aisés, le groupe PS du Sénat refusera de voter le budget 2021
« S’il n’y a pas de message en direction de l’effort qui doit être demandé aux plus aisés de nos concitoyens, il y a peu de chances que le groupe socialiste, écologiste et républicain le vote », a menacé son président, le sénateur Patrick Kanner, dans Parlement Hebdo, au sujet du plan du projet de loi de finances.

Sans mise à contribution des plus aisés, le groupe PS du Sénat refusera de voter le budget 2021

« S’il n’y a pas de message en direction de l’effort qui doit être demandé aux plus aisés de nos concitoyens, il y a peu de chances que le groupe socialiste, écologiste et républicain le vote », a menacé son président, le sénateur Patrick Kanner, dans Parlement Hebdo, au sujet du plan du projet de loi de finances.
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La trame du budget de crise pour l’année 2021, présenté en Conseil des ministres le 28 septembre, n’enchante pas Patrick Kanner, président réélu du groupe socialiste, écologiste et républicain. « Je ne sais pas s’il est sincère. En tout cas, il est cher et il repose essentiellement sur du ruissellement de la dette publique », a regretté le sénateur, invité de Parlement hebdo ce 2 octobre 2020.

S’il approuve les hausses de crédits pour faire face à la crise sanitaire, le socialiste a, en revanche, désapprouvé fortement les orientations fiscales et le volet recettes de ce projet de loi de finances. Selon lui, le « trait marquant » de ce budget est une « idéologie néfaste » : « La baisse des impôts n’importe comment ». « J’ai envie de dire, coûte que coûte », a-t-il ajouté, en référence à l’allocution présidentielle du 12 mars.

L’ancien ministre s’est notamment ému de la baisse de 10 milliards d’euros des impôts de production visant les entreprises, rappelant que cette nouvelle proposition s’ajoutait aux allègements de cotisations sociales votées dans le prolongement du CICE. Et que ce geste fiscal se traduirait par une ressource en moins pour les régions, compensées par de la « dette nationale ». « Il faut des contreparties, et cibler sur les très petites entreprises et PME », a-t-il appelé.

« Même Nicolas Sarkozy n’avait pas osé aller aussi loin, c’est un gouvernement de droite libérale »

Constatant l’absence de mesures ciblant les ménages les plus aisés, Patrick Kanner a menacé de ne pas soutenir le budget. « La question, c’est de faire contribuer ceux qui ont le plus bénéficié des mesures d’Emmanuel Macron, depuis le début du quinquennat, à l’effort national. S’il n’y a pas de message en direction de l’effort qui doit être demandé aux plus aidés de nos concitoyens, il y a peu de chances que le groupe socialiste, écologiste et républicain le vote », a-t-il prévenu.

La poursuite de la suppression de la taxe d’habitation, pour les 20% des contribuables les plus riches, est une autre politique que Patrick Kanner n’a pas oubliée, même si le Conseil constitutionnel a rappelé le principe d’égalité devant l’impôt. « C’est le consentement à l’impôt qui est remis en cause systématiquement […] Même Nicolas Sarkozy n’avait pas osé aller aussi loin, c’est un gouvernement de droite libérale », a dénoncé le sénateur.

Avec leurs collègues députés, les sénateurs de Patrick Kanner défendront un contre-budget. Patrick Kanner a par exemple estimé que les assurances vie avec un encours supérieur à 150 000 euros « mériteraient » d’être visées par une « contribution à l’effort de guerre ». « Cela ramènerait plus de quatre milliards d’euros dans le budget de l’État », a-t-il affirmé.

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