Sarkozy, un personnage de roman ?
En 2006 il avait suscité la polémique en moquant la princesse de Clèves, le roman de Madame de la Fayette…mais l’intérêt de Nicolas Sarkozy pour la littérature se résume-t-il à cet épisode de la campagne présidentielle ? Invité de l’émission « Livres & vous » Nicolas Sarkozy évoque pour la première fois sa fascination pour les romans du XIXe siècle, et son amour pour Maupassant et Balzac.

Sarkozy, un personnage de roman ?

En 2006 il avait suscité la polémique en moquant la princesse de Clèves, le roman de Madame de la Fayette…mais l’intérêt de Nicolas Sarkozy pour la littérature se résume-t-il à cet épisode de la campagne présidentielle ? Invité de l’émission « Livres & vous » Nicolas Sarkozy évoque pour la première fois sa fascination pour les romans du XIXe siècle, et son amour pour Maupassant et Balzac.
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Par Priscillia Abereko et Pierre Bonte-Joseph

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5 min

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Vous connaissiez l’homme politique ? Vous vous souveniez de ses critiques sur la littérature classique ? Face à la présentatrice Adèle Van Reeth, vous allez découvrir un autre Nicolas Sarkozy. Pendant près d’une heure, les mains jointes, sagement posées à côté d'une pile de quatre livres qu'il a soigneusement choisis, il nous dévoile son jardin secret : la littérature.

« Je ne me déplace jamais sans un livre »

Une passion personnelle longtemps dissimulée, et aujourd’hui assumée publiquement : « ceux qui me connaissent, ceux qui me sont proches, savent que depuis très longtemps je ne me déplace jamais sans avoir un livre, que je ne passe pas une journée sans lire. C'est tellement important pour moi, peut-être à tort mais je n'ai jamais voulu en parler. Je trouve qu'il y a une forme de prétention, de cuistrerie à vouloir faire semblant quand on vous demande « quel est le livre que vous amenez en vacances ? » en général pour citer un titre que personne ne connaît et un livre qu'on ne lira pas ».

« ceux qui me connaissent, savent que depuis très longtemps je ne passe pas une journée sans lire. C'est tellement important pour moi, peut-être à tort mais je n'ai jamais voulu en parler. »

Un appétit littéraire qu'il a dit avoir longtemps refusé de mettre en avant, car pour lui incompatible avec ses fonctions politiques. Jusqu'en 2012, Nicolas Sarkozy est d’abord un homme politique. À l’époque il n'a qu'un seul souhait : cultiver son jardin littéraire à l’abri des curieux : « cela me paraissait tellement artificiel d'aller parler de choses tellement intimes, parce qu'au fond ce que vous aimez, ce que vous lisez, la façon dont vous l'interprétez, ça en dit tellement sur vous. Peut-être que durant toute ma carrière politique, je n'ai pas voulu dire tellement sur moi… pas moi l'homme politique ou le Président de la République mais moi, la personne ».
 

Nicolas Sarkozy "Michel Houellebecq est un écrivain incontournable"
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Le roman du XIXe siècle, son obsession

À la question rituelle « Quel livre amèneriez-vous sur une île déserte ? » l’ancien président fidèle à lui-même lâche : « Mais une bibliothèque ! » La sienne ? Elle est rangée : « C'est simple, c'est très organisé, un peu comme je suis ». Il décrit ensuite : « sur la partie droite, il y a tous les livres que j'ai lus et sur l'autre partie en face, il y a tous ceux qui me restent à lire et fort heureusement, ce qui me reste à lire est infiniment plus important que ce que j'ai déjà lu ».

Au-delà du livre, c'est le roman qu'il affectionne. Pas n'importe quel roman… les romans écrits au XIXe siècle précisément : « Définitivement j'aime le roman. C'est un choix définitif et pour moi, la littérature c'est vraiment l'entrée dans le XIXe siècle « le siècle des génies » : l'époque de Guy de Maupassant, d'Alexandre Dumas, de Jules Verne, de Gustave Flaubert, d'Honoré de Balzac ou encore de Victor Hugo. Ces auteurs, Nicolas Sarkozy les a lus et relus inlassablement. Une qualité littéraire et une profondeur des textes qu'il regrette que l'on découvre trop tôt, sur les bancs de l'école : « J'ai souvent pensé qu'on lisait ces romans trop jeunes, qu'on passait à côté. Je pense que pour lire l’Éducation sentimentale il faut être éduqué sentimentalement, si on peut l'être, pour le lire. Je pense que Le père Goriot, on ne doit pas le mettre à 15 ans. Je pense que ce sont des livres d'une philosophie profonde, qui ont ausculté l'âme humaine au plus profond et je dois dire que ça me fascine (…) à tous ceux qui n'ont pas lu Balzac, lisez-le, c'est d'une modernité extraordinaire ».

Les héros grotesques et laids ont toute leur importance pour lui, comme Charles Bovary dans Madame Bovary.

«  Céline est un grand écrivain pour ses trois livres et pour le reste c'est une honte »

En janvier dernier, la question de publier de nouveau ou non les textes antisémites de Céline a fait débat. En bon passionné de littérature et de débat public qu'il est, Nicolas Sarkozy sait distinguer l'auteur de son livre. S'il reconnaît à Céline un talent incontesté, « Céline n'est pas réductible à son antisémitisme. Il a fait des bouquins très ennuyeux et d'autres très scandaleux, mais ça n'enlève rien au génie du Voyage au bout de la nuit », il admet néanmoins que le débat de publier ou non des textes antisémites à notre époque n'a pas lieu d'être. Il explique «  je crois que ça ne valait pas la peine de les publier parce que l'époque avec les réseaux sociaux est une époque qui a si peu de repères, pourquoi étudier et travailler des textes qui sont à ce point scandaleux à un moment où le racisme et l'antisémitisme sont extrêmement prégnants ? Je ne vois pas ce que ça amène ».

On le savait homme politique, passionné de football… découvrez une autre facette de Nicolas Sarkozy dans Livres & vous une émission présentée par Adèle Van Reeth ce vendredi 9 février.

Le choix de Nicolas Sarkozy

  • Les cavaliers, de Joseph Kessel
  • Les cerfs-volants, de Romain Garry
  • Un barrage contre le pacifique, de Marguerite Duras

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'émission, Livres & Vous présentée par Adèle Van Reeth, vendredi 9 février à 22h, samedi 10 février à 6h30, 13h et 21h30 et dimanche 11 février à 17h.

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