Scandale dans les Ehpad : la commission d’enquête du Sénat est constituée
La mission d’information lancée par la commission des Affaires sociales sur le contrôle des Ehpad par l’État s’est vue attribuer jeudi les pouvoirs d’une commission d’enquête, après un vote des sénateurs en séance publique. Les rapporteurs en sont le LR Bernard Bonne et la socialiste Michelle Meunier, qui se sont déjà penchés sur la question du grand âge à travers leurs travaux parlementaires.

Scandale dans les Ehpad : la commission d’enquête du Sénat est constituée

La mission d’information lancée par la commission des Affaires sociales sur le contrôle des Ehpad par l’État s’est vue attribuer jeudi les pouvoirs d’une commission d’enquête, après un vote des sénateurs en séance publique. Les rapporteurs en sont le LR Bernard Bonne et la socialiste Michelle Meunier, qui se sont déjà penchés sur la question du grand âge à travers leurs travaux parlementaires.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat a officiellement attribué ce jeudi 17 février les prérogatives d’une commission d’enquête à la mission d'information lancée par la commission des affaires sociales sur le contrôle des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Cette demande de la commission, approuvée par un vote en séance publique en milieu de matinée, fait suite aux révélations du journaliste indépendant Victor Castanet, dans son livre Les Fossoyeurs, sur la mise en place dans les Ehpad du groupe Orpéa d’un système de réduction des coûts liés à des cas de maltraitance. Dans la foulée, un autre géant du secteur, le groupe Korian, a été mis en cause par plusieurs familles dans des témoignages transmis à l'avocate Sarah Saldman, qui est déjà à l’origine d’une action collective contre Orpéa.

Les sénateurs se pencheront sur le contrôle des Ehpad par l’État au cours des dernières années. Un périmètre d’action jugé insuffisant par les socialistes, minoritaires à la Chambre Haute, et qui auraient souhaité que le modèle même des Ehpad puisse être questionné. « Il est nécessaire de ne pas se contenter de contrôler le contrôle […] On voit qu’il y a une différence entre les établissements lucratifs et ceux qui sont non lucratifs. Est-ce qu’il est légitime que dans notre système médico-social, il y ait des endroits où on fasse de l’argent aux dépens des personnes qui sont dans ce système ? Est-ce normal qu’investir dans une place en Ehpad rapporte plus que de placer son argent dans de l’immobilier de bureau ? », interrogeait la semaine dernière le sénateur Bernard Jomier, membre du groupe PS, auprès de Public Sénat.

Une audition de Pierre Moscovici

La mission d’information dispose de pouvoirs d’investigation pour une durée de six mois. Cela signifie notamment que les personnes sollicitées auront obligation de répondre aux convocations des élus, et devront prêter serment avant leur audition. Le sénateur LR de la Loire Bernard Bonne en sera le rapporteur, avec la sénatrice PS Michelle Meunier comme co-rapporteure. Les deux élus sont déjà à l’origine d’un rapport rendu en mars 2021 sur la perte d’autonomie et les politiques du grand âge. Ils devraient toutefois mener l’essentiel de leurs travaux après la campagne présidentielle.

Hasard du calendrier, la commission doit entendre le 23 février Pierre Moscovici, le président de la Cour des comptes, sur l’enquête menée entre 2016 et 2020 par cette juridiction financière sur la médicalisation des Ehpad. Une audition prévue de longue date, nous explique-t-on à la commission des affaires sociales, « mais qui viendra nécessairement compléter les travaux d’enquête de la mission d’information ». D’autant que la Cour des comptes, dans le rapport annuel qu’elle vient de publier pour l’année 2021, alerte sur la nécessité de réformer le fonctionnement des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, dont elle dénonce les pénuries de personnel et l’inadéquation du matériel et des structures avec des résidents de plus en plus âgés et fragiles.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le