Scolarisation des enfants handicapés : « Zemmour n’a pas de cœur, il n’aime pas les gens », dénonce Jean Rottner
Réagissant aux propos d’Éric Zemmour sur la scolarisation des enfants porteurs d’un handicap, le président de la région Grand Est, Jean Rottner, reproche au polémiste de « ne pas avoir de cœur », et défend un système d’inclusion.

Scolarisation des enfants handicapés : « Zemmour n’a pas de cœur, il n’aime pas les gens », dénonce Jean Rottner

Réagissant aux propos d’Éric Zemmour sur la scolarisation des enfants porteurs d’un handicap, le président de la région Grand Est, Jean Rottner, reproche au polémiste de « ne pas avoir de cœur », et défend un système d’inclusion.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Enième polémique déclenchée par le candidat Zemmour. En marge d’un déplacement dans le Nord vendredi, le candidat à la présidentielle a dénoncé « l’obsession de l’inclusion » des enfants souffrant d’un handicap, estimant qu’ils devaient plutôt être placés dans des établissements spécialisés, « sauf pour les gens légèrement handicapés évidemment ». Face au tollé suscité par ses propos, le polémiste s’est fendu d’une tentative d’explication de texte dans une vidéo postée sur Youtube. « J’aurais souhaité soulever le sujet crucial du handicap des enfants autrement que par une polémique », assure-t-il, tout en expliquant avoir voulu attirer l’attention sur le manque de centres spécialisés. « J’ai le sentiment d’avoir en face de moi quelqu’un qui remet en cause l’un des éléments forts de notre devise nationale : l’égalité. L’égalité concerne aussi les personnes en situation de handicap », a réagi lundi matin Jean Rottner, le président de la région Grand Est, qui était invité de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat.

Il explique avoir été particulièrement frappé par les déclarations d’Éric Zemmour. « J’ai pensé à mes parents, qui ont été toute leur vie au service des personnes en situation de handicap. Ils ont toujours milité pour l’inclusion mixte, à la fois dans les institutions, comme une inclusion dans la société », rapporte l’élu. « Quand j’entends Monsieur Zemmour qui provoque la société, qui va chercher le débat, j’ai l’impression de voir cet instituteur dans Les Choristes un peu vieillot, un peu rabougri, un peu sévère, qui ne donne pas de perspective, pas d’ouverture aux enfants dont il a la charge », tacle encore Jean Rottner, en référence au personnage interprété par François Berléand dans le film de Christophe Barratier.

« Quand on aime la politique, il faut aimer les gens »

« Et puis, j’ai l’impression d’avoir quelqu’un qui dit aimer la France mais qui semble ne pas avoir de cœur et qui n’aime pas les gens », poursuit Jean Rottner. « Quand on aime la politique, il faut aimer les gens, aller vers eux, ne pas simplement être dans la provocation », conclut-il.

Cette nouvelle polémique intervient alors que le tribunal correctionnel de Paris doit rendre ce lundi son jugement sur les propos tenus en octobre 2020 par Éric Zemmour sur CNews, concernant les migrants mineurs, qu’il avait qualifié de « voleurs », d’« assassins » et de « violeurs ». Poursuivi pour provocation à la haine, Éric Zemmour n’était pas présent lors de l’audience de novembre dernier, le parquet ayant requis contre lui une peine de 100 jours-amende à 100 euros, soit 10 000 euros, transformable en peine de prison en cas de non-paiement.

Il est également assigné le 27 janvier devant le tribunal de grande instance de Paris pour « contrefaçon du droit d’auteur », après avoir utilisé des images dont il ne possédait pas les droits dans son clip de candidature, diffusé le 30 novembre dernier.

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le