Sébastien Chenu juge « contraire à la pratique républicaine » la conférence de presse d’Emmanuel Macron, avant le discours de politique générale de Gabriel Attal

Invité de « Bonjour chez vous » sur Public Sénat ce lundi 15 janvier, Sébastien Chenu, le vice-président du Rassemblement National dit ne « rien » attendre de la conférence de presse d’Emmanuel Macron programmée mardi soir. Il souhaite aussi que le Premier ministre Gabriel Attal se soumette à un vote de confiance après son discours de politique générale.
Stephane Duguet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Une semaine après la nomination de Gabriel Attal au poste de Premier ministre en remplacement d’Elisabeth Borne, Emmanuel Macron va tenir une conférence de presse demain soir à 20h15 dans le cadre de ce qu’il appelle son « rendez-vous avec la Nation ». Le président de la République ne s’était pas prêté à l’exercice depuis avril 2019. Malgré cela, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National (RN) n’attend « rien » de la prise de parole d’Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat a choisi de fixer la date de cette conférence de presse la semaine avant le discours de politique générale de son nouveau chef de gouvernement à l’Assemblée nationale la semaine prochaine. « C’est totalement inélégant et contraire avec la pratique républicaine », fustige dans « Bonjour chez vous » sur Public Sénat, Sébastien Chenu, député et vice-président de l’Assemblée nationale. « Cela montre le peu de crédit accordé par le président de la République à son Premier ministre », estime l’élu du Nord pour qui « c’est un mauvais coup porté à la démocratie parlementaire ».

Vote de confiance

A la suite de son discours de politique générale, Gabriel Attal pourrait demander aux députés de lui accorder leur confiance avec un vote. Une hypothèse non tranchée par Matignon, sachant que le chef du gouvernement ne dispose pas de majorité à l’Assemblée. La pratique n’est pas obligatoire et Elisabeth Borne ne s’y était d’ailleurs pas soumise à son arrivée à Matignon en 2022. Mais le Rassemblement National appelle tout de même le nouveau Premier ministre à avoir recours à un vote de confiance « pour partir sur de bonnes bases ».

En revanche, le vice-président du RN refuse d’annoncer le dépôt d’une motion de censure par les députés de son groupe s’il n’y a pas de vote de confiance. « Nous n’avons pas pour habitude de juger les gens avant de les voir agir », avance Sébastien Chenu, alors que les députés Insoumis ont d’ores et déjà annoncé qu’ils en déposeraient une.

« Poids lourds de LR au gouvernement »

Le parlementaire Rassemblement National est également revenu sur la composition du nouveau gouvernement. Sébastien Chenu a ainsi expliqué que « les poids lourds des Républicains » figurent parmi les ministres, égrenant les noms de Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, Rachida Dati, ministre de la Culture et Catherine Vautrin, ministre du Travail et de la Santé. « La dernière fois qu’ils ont été ministres, c’était il y a quinze ans sous Nicolas Sarkozy », tacle le député du Nord.

Concernant la polémique suscitée par la nouvelle ministre de l’Education Amélie Oudéa-Castéra, celui qui est aussi conseiller régional des Hauts-de-France juge qu’elle a « tout à fait la liberté de scolariser ses enfants dans le privé ». Elle avait en effet justifié son choix d’inscrire ses enfants au collège-lycée privé catholique Stanislas dans le VIe arrondissement de Paris par « les heures non remplacées à l’école publique ». Une version contestée par les informations du quotidien Libération. Sébastien Chenu ne remet pas en cause le choix de la ministre mais considère que ce qu’elle dit est « cruel pour ceux qui gèrent l’école publique, en particulier pour Emmanuel Macron, Gabriel Attal et ce gouvernement, là depuis bientôt 7 ans ».

Le RN en tête des sondages pour les européennes

A l’approche des élections européennes en juin prochain, le vice-président du Rassemblement National n’a pas manqué de rappeler le sondage Elabe pour BFMTV et la Tribune Dimanche paru ce dimanche. La liste menée par Jordan Bardella, le président du RN est donnée en tête avec 28,5 % des voix contre 18 % pour la liste Renaissance. Un sondage publié au moment où Marine Le Pen et Jordan Bardella annonçaient dans le Journal Du Dimanche que si elle est élue présidente de la République en 2027, lui serait Premier ministre.

Dans ce cas-là, le député européen quitterait donc Bruxelles pour Matignon. « Si les Français nous font confiance, il quittera le Parlement européen. Le jeu en vaut la chandelle », martèle Sébastien Chenu. Il plaide, dans la droite ligne de la position de Marine Le Pen depuis la présidentielle de 2022, pour un « changement du mode de fonctionnement de l’Union européenne » et pas pour une sortie de la France des institutions européennes.

Partager cet article

Dans la même thématique

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

Sébastien Chenu juge « contraire à la pratique républicaine » la conférence de presse d’Emmanuel Macron, avant le discours de politique générale de Gabriel Attal
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le

Sébastien Chenu juge « contraire à la pratique républicaine » la conférence de presse d’Emmanuel Macron, avant le discours de politique générale de Gabriel Attal
2min

Politique

En réponse à l’absence de Lecornu, les présidents de départements boycottent le discours de Françoise Gatel

Le Premier ministre a annulé hier soir sa venue aux Assises des départements de France et a convié à Matignon le 16 novembre les présidents des exécutifs locaux pour tenter de répondre à leurs inquiétudes sur le budget. En guise de protestation, les présidents de départements ont quitté la salle au moment du discours de la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel.

Le

Sébastien Chenu juge « contraire à la pratique républicaine » la conférence de presse d’Emmanuel Macron, avant le discours de politique générale de Gabriel Attal
3min

Politique

« À l’EHPAD ! » : pour Xavier Bertrand, le candidat à droite qui « fera élire l'un des deux extrêmes aura intérêt à essayer la chirurgie esthétique ou l’exil »

Xavier Bertrand est le nouvel invité de l'émission « À l’EHPAD ! ». Alors qu'il est lui-même candidat à l'élection présidentielle de 2027, il est d'emblée interrogé sur la multiplication des candidatures à droite par les habitants de la résidence. Une émission à voir dès maintenant sur publicsenat.fr et les chaînes YouTube de « À l’EHPAD ! » et Ouest-France.

Le