Paris : Handover ceremony between Francois Bayrou and Sebastien Lecornu at Matignon
Eric TSCHAEN-pool/SIPA

Sébastien Lecornu a reçu à déjeuner les chefs de partis du socle commun, face à l’équation budgétaire complexe

Alors que les manifestants battaient le pavé, le premier ministre a rassemblé autour de lui Bruno Retailleau, Gabriel Attal, Edouard Philippe, Marc Fesneau et Hervé Marseille, avec l’épineuse question du budget au menu.
François Vignal

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Pendant que les manifestants se mobilisaient jeudi, les chefs de partis du socle commun se sont retrouvés, à Matignon, pour déjeuner. Autour du premier ministre Sébastien Lecornu, Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, Edouard Philippe, président d’Horizons, le député Marc Fesneau pour le Modem – voir François Bayrou à la table aurait été pour le moins cocasse – Hervé Marseille, président de l’UDI, et un certain Bruno Retailleau, président des LR et ministre de l’Intérieur, qui a eu le temps de venir, alors que les forces de l’ordre étaient mobilisées face aux possibles débordements, qui sont restés au final à la marge.

Mais on n’en saura pas plus pour l’heure. « On essaie de se fixer une règle et de la tenir : ne pas sortir ce que l’on se dit à cinq… », glisse l’un des convives. L’enjeu est de taille pour le premier ministre, qui a rencontré les partis sur le budget, avec un objectif, trouver un accord de non-censure avec le PS, sésame pour adopter le projet de loi de finances… et ne pas sauter.

« Dans les deux cas, c’est le bordel ! »

Mais Sébastien Lecornu est-il face à une équation insoluble, comme l’était François Bayrou ? « Je ne vois pas trop la solution dans un avenir immédiat », confie un responsable du socle commun, pessimiste, selon qui « il y a deux solutions : soit il cherche le budget à tout prix, car la France a besoin d’un budget. Donc on fait des concessions terribles au PS qui vont annuler les efforts d’économies, si on cède. Et il y a beaucoup de gens, à Renaissance, qui sont plutôt sur cette ligne. Mais même en cas d’accord, qu’est-ce qui garantit que les 62 députés PS s’abstiennent bien ? » s’interroge notre source.

Le même poursuit son analyse : « Soit on résiste, on dit qu’il faut faire 38 milliards d’euros d’économies, qu’il faut demander des efforts aux Français, auquel cas, le premier ministre tombe. Dans les deux cas, c’est le bordel ! Et tout ça nous conduit direct à la dissolution », prédit ce responsable de la majorité. Difficile encore de lire l’avenir, même si l’hypothèse d’une censure votée rapidement n’est pas impossible, si Matignon ne fait pas de sérieux pas vers le PS.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration of the  Cour des Comptes in Paris
7min

Politique

Nouvel impôt sur la fortune, taxe sur les holdings, révision du Pacte Dutreil : les pistes de la Cour des comptes accueillies froidement par la majorité sénatoriale

Dans une note destinée à nourrir le débat public, la Cour des comptes préconise une légère hausse de la fiscalité du patrimoine via la création d'un nouvel impôt sur la fortune personnelle, une taxe sur les holdings ou encore la révision du Pacte Dutreil. Ces pistes sont destinées à répondre « au sentiment d'injustice, qui altère le consentement à l'impôt », mais vont à rebours de la position de la majorité sénatoriale pour qui le redressement de l'économie passe au contraire par un allégement de charges et la facilitation des transmissions des biens professionnels.

Le

Sébastien Lecornu a reçu à déjeuner les chefs de partis du socle commun, face à l’équation budgétaire complexe
2min

Politique

Primaire du PS : Boris Vallaud se dit « peiné et consterné du ton que prend cette campagne »

Invité de la matinale de Public Sénat, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud a regretté les propos de Ségolène Royal concernant Raphaël Glucksmann. En attendant le premier tour le 9 octobre, le dialogue pourrait encore se tendre entre les cinq candidats, parmi lesquels figurent Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann.

Le