Le gouvernement prévoit de fortement réduire le déficit de la Sécurité sociale à 2,2 milliards d'euros en 2018, un niveau inédit depuis 17 ans,...
Sécu: forte réduction du déficit au prix d’économies « importantes » dans la santé
Le gouvernement prévoit de fortement réduire le déficit de la Sécurité sociale à 2,2 milliards d'euros en 2018, un niveau inédit depuis 17 ans,...
Par Estelle EMONET
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Le gouvernement prévoit de fortement réduire le déficit de la Sécurité sociale à 2,2 milliards d'euros en 2018, un niveau inédit depuis 17 ans, au prix d'économies importantes dans le domaine de la santé, a-t-il annoncé jeudi.
Le premier projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) du gouvernement présenté jeudi par les ministres de la Santé Agnès Buzyn et des Comptes publics Gérald Darmanin, prévoit de réduire en un an le déficit global de la Sécu de 3 milliards d'euros.
"Nous sommes clairement sur une trajectoire du retour à l'équilibre en 2020", a déclaré Mme Buzyn lors de la présentation du budget aux médias.
Ce PLFSS est celui des "engagements tenus, de la responsabilité, de la solidarité et de la transformation", a-t-elle argumenté.
En 2017, le déficit cumulé du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), doit atteindre 5,2 milliards d'euros, selon le gouvernement dont les estimations sont plus pessimistes que celles de la Commission des comptes de la Sécu divulguées mercredi soir, le gouvernement ayant choisi un périmètre différent.
Déficit global et déficit du régime général de la sécurité sociale, évolution depuis 2012 et prévisions pour 2017, d'après la Commission des comptes de la sécurité sociale
AFP
Pour la première fois depuis 2001, le régime général auquel sont affiliés les salariés du privé serait en léger excédent de 1,2 milliard d'euros en 2018. Trois de ses branches resteraient dans le vert: accidents du travail (+500 millions d'euros), retraites (+200 millions d'euros) et famille (+ 1,3 milliard d'euros).
La branche maladie resterait déficitaire de 800 millions d'euros, mais la réduction de son déficit serait spectaculaire: -3,3 milliards en une année.
Plombé par le chômage, le FSV, qui verse le minimum vieillesse et les cotisations retraites des chômeurs, resterait lui largement déficitaire de 3,4 milliards d'euros en 2018, contre 3,6 milliards en 2017.
- Economies "importantes" -
Le gouvernement prévoit ainsi des économies "importantes" dans le domaine de la santé, plus de 4 milliards d'euros. L'Ondam, mécanisme servant à limiter la hausse naturelle des dépenses de santé - liée notamment au vieillissement de la population, aux coûts des innovations thérapeutiques et à l'augmentation des maladies chroniques - progressera de 2,3% ce qui représente une dépense totale 200 milliards d'euros.
Les principales économies (près de 1,5 milliard d'euros) seront recherchées dans les médicaments avec des actions sur la baisse des prix et de leur consommation, mais les hôpitaux ne seront pas non plus épargnés.
La restructuration de l'offre de soins (optimisation des achats, économies dans les services) doit leur permettre de dégager 1,46 milliard d'euros.
Evolution du déficit cumulé du régime général et des branches de la Sécurité sociale depuis 2012 et prévisions du gouvernement pour 2017 et 2018
AFP
Les établissements de santé verront par ailleurs leurs recettes augmenter notamment grâce à une revalorisation du forfait hospitalier dont le montant, inchangé depuis 2010, passera de 18 à 20 euros. La mesure, évaluée à 200 millions d'euros, fait déjà grincer des dents les mutuelles prenant en charge ces frais de séjour et les associations de patients. Elles craignent une hausse des tarifs des contrats qui "punira" en particulier les "plus pauvres".
Côté recettes, la branche maladie pourra aussi compter sur la hausse progressive du prix du tabac, qui atteindra 10 euros d'ici fin 2020.
Par ailleurs, l'obligation vaccinale infantile sera étendue à partir du 1er janvier de 3 à 11 vaccins.
Avec presque la moitié de son budget lié à des dépenses sociales, le ministère de la Santé et des Solidarités, dont l'enveloppe a été augmentée de 11%, devra aussi financer les revalorisations progressives des minima sociaux ciblées vers les familles les plus défavorisées (aide à la garde d'enfants, allocation adulte handicapé ou encore minimum vieillesse) et de la prime d'activité pour les travailleurs à revenus modestes.
Des efforts seront demandés aux administrations de la Sécurité sociale, qui devront diminuer de 15% leurs frais de fonctionnement sur quatre ans.
Enfin, le projet de loi acte la disparition progressive du RSI. Le régime social des indépendants sera confié au régime général à partir du 1er janvier 2018, "avec une phase transitoire de l'ordre de deux ans".
Le gouvernement prévoit en outre de reporter d'octobre 2018 à janvier 2019 la revalorisation des pensions.
La ministre du gouvernement Lecornu, proche d’Emmanuel et de Brigitte Macron, pourrait bien se présenter aux sénatoriales en septembre prochain. Sabrina Roubache se retrouverait ainsi face au président de la région PACA, Renaud Muselier, déjà candidat et lui aussi membre de Renaissance… « On va voir si elle va faire sa liste. On va voir comment ça finira », réagit auprès de publicsenat.fr le président de la région, qui juge « inamicale » sa candidature.
Du Royaume-Uni à l’Italie, plusieurs pays européens ont renforcé leur arsenal répressif contre les free parties. En France, une rave géante a réuni le 1er mai près de Bourges quelque 17 000 participants selon la préfecture. Le gouvernement entend désormais criminaliser plus sévèrement organisateurs et festivaliers.
Publié au Journal officiel samedi, le décret sur l’aide aux « grands rouleurs » prévoit une indemnité unique de 50 euros pour certains travailleurs, sous conditions de revenu et d’effectuer suffisamment de kilomètres pour se rendre au travail. Les démarches pour l’obtenir s’ouvrent le 27 mai. Public Sénat fait le point.
Invitée de la matinale de Public Sénat, Isabelle Florennes a détaillé les propositions sénatoriales pour « mieux réprimer » les rave-parties, alors qu’une nouvelle fête a réuni des dizaines de milliers de personnes dans le Cher ce week-end. Peines de prison, usage de drones, accès aux messageries cryptées… autant de mesures reprises par le gouvernement dans son projet de loi dit « Ripost », dont la sénatrice centriste se félicite.