Sécu: l’Assemblée adopte « le reste à charge zéro »
L'Assemblée nationale a adopté vendredi le remboursement intégral par la Sécu et les complémentaires santé de certaines lunettes, prothèses...

Sécu: l’Assemblée adopte « le reste à charge zéro »

L'Assemblée nationale a adopté vendredi le remboursement intégral par la Sécu et les complémentaires santé de certaines lunettes, prothèses...
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L'Assemblée nationale a adopté vendredi le remboursement intégral par la Sécu et les complémentaires santé de certaines lunettes, prothèses dentaires et auditives, une promesse du président Emmanuel Macron qui fait craindre à certains une augmentation des tarifs des mutuelles.

"C'est un investissement que j'assume et que nous allons partager", avait lancé le chef de l’État en juin dernier lors du congrès de la Mutualité française.

Près d'un Français sur trois a renoncé à se faire soigner au cours des 12 derniers mois, dans la moitié des cas en raison d'un reste à charge trop élevé, selon un sondage CSA paru début octobre.

Le principe de la mesure, votée dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019, est d'offrir à tous les Français un accès à des soins d'optique, dentaire et d'audiologie intégralement pris en charge.

Une concertation avec l'ensemble des acteurs du secteur a abouti à la définition d'un panier "100% santé" comprenant des équipements de soins répondant aux besoins de santé publique dans les trois domaines concernés.

Cette offre sera accessible à tous les assurés et prise en charge à 100% par l'assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé, et donc sans reste à charge pour les patients.

Pour la bonne information des assurés, les opticiens et les audioprothésistes seront tenus de proposer ces offres et d'établir un devis faisant systématiquement apparaître un équipement sans frais.

L'offre "100% santé" doit être disponible à compter du 1er janvier 2019 pour les aides auditives, du 1er avril 2019 pour les prothèses dentaires et du 1er janvier 2020 pour les équipements d'optique.

- "Ambitieux mais atteignable" -

"Il y a eu un élan de l'ensemble des parties prenantes pour faire aboutir cette réforme, considérant que c'était ambitieux mais atteignable", a expliqué la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

"L'assurance maladie prend 75% de la dépense, soit 750 millions d'euros. Les complémentaires santé se sont engagées sur 250 millions d'euros", a-t-elle précisé.

"Nous avons tablé sur environ 20% des Français qui accéderaient à cette offre. Nous avons un comité de suivi de la réforme (...) et si nous voyons une dérive, nous travaillerons avec l'ensemble des secteurs pour voir comment nous adapter", a-t-elle indiqué.

"Il ne faut pas laisser croire aux Français qu'il s'agit d'une cagnotte invisible", a mis en garde Stéphane Viry (LR), inquiet de voir les complémentaires tentées de compenser leur engagement en majorant d'autres dispositifs pour trouver l'argent nécessaire.

Même préoccupation pour Alain Brunel (PCF) qui s'est également demandé quelle serait la situation des assurés qui voudraient sortir du panier imposé. "Il est probable que les tarifs vont alors exploser", a-t-il dit.

Également inquiète de voir "les mutuelles augmenter leurs tarifs", l'Insoumise Caroline Fiat a estimé qu'un 100% sécurité sociale aurait été préférable.

Édouard Philippe avait déclaré jeudi n'avoir "aucune raison a priori de ne pas croire en la parole donnée par les mutuelles", en réponse aux craintes d'augmentation de cotisations.

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