Sécurité : les annonces de l’exécutif attendues
Edouard Philippe va s’exprimer pour annoncer de « nouvelles mesures », après les violences de samedi dans le cadre de la manifestation des gilets jaunes. Plusieurs pistes sont évoquées.

Sécurité : les annonces de l’exécutif attendues

Edouard Philippe va s’exprimer pour annoncer de « nouvelles mesures », après les violences de samedi dans le cadre de la manifestation des gilets jaunes. Plusieurs pistes sont évoquées.
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Par Public Sénat (avec AFP)

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L’exécutif se retrouve à nouveau sous le feu des critiques de l’opposition après la nouvelle journée de violences qui a marqué la dernière manifestation des gilets jaunes à Paris, samedi 16 mars. Un niveau de violence qui a rappelé les journées de mobilisation de décembre, avec les dégradations à l’Arc de Triomphe.

« Dysfonctionnements »

Emmanuel Macron a reçu à l’Elysée ce lundi son ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, pour une réunion sur les réponses à apporter. Le chef de l’Etat était entouré du secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, et de son directeur de cabinet Patrick Strzoda, dont le Sénat doit décider cette semaine d’une éventuelle transmission au parquet dans l’affaire Benalla.

Des annonces du premier ministre sont attendues en fin d’après-midi. « Après ce qui s'est passé, le président de la République a demandé de nouvelles mesures à son premier ministre et son gouvernement. Nous avons regardé les dysfonctionnements, comment on fait sur les plans judiciaire, technique, policier. Le Président est très désireux que les dysfonctionnements soient expliqués et présentés avec un bilan et des décisions adaptées », a-t-on indiqué dans l'entourage du chef de l'Etat, cité par l’AFP. Samedi, au retour de son séjour au ski, critiqué par certains vue la situation, Emmanuel Macron a souhaité « des décisions fortes pour que cela n’advienne plus ».

Responsabilités de la « chaîne de commandement »

Matignon a reconnu dès dimanche des « dysfonctionnements » du dispositif de sécurité. Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez a admis lundi un « échec ». Il entend se pencher sur les responsabilités de la « chaîne de commandement ».

Les spéculations vont bon train quant aux possibles annonces. Les déclarations de Laurent Nuñez ont relancé les spéculations sur un prochain départ du préfet de police de Paris, Michel Delpuech. Autre piste, évoquée dans Libération par l’avocat Jean-Pierre Mignard : une interdiction de manifester. Elle pourrait se limiter au périmètre des Champs-Elysées.

Pour Frédéric Péchenard, vice-président LR de la région Ile-de-France, en charge de la sécurité et ancien directeur général de la police sous Nicolas Sarkozy, il faut « interdire les manifestations » de « gilets jaunes » dans toute la France.

« Laxisme »

Bruno Retailleau, président du groupe LR du Sénat, a vu dans les événements de samedi un parallèle avec Notre-Dame-des-Landes. Il accuse Emmanuel Macron d’avoir « donné un permis de casser aux casseurs ». Avant même les annonces de l’exécutif, l’auteur de la proposition de loi anticasseurs, reprise par le gouvernement, accuse le Président de « laxisme » en saisissant lui-même le Conseil Constitutionnel sur la PPL anticasseurs.

Le président du groupe LR pointe aussi dans un entretien à France Info « un maintien de l’ordre très classique ». Face aux « Black blocks », « il faut impérativement changer la doctrine d’utilisation des forces de l’ordre » estime Bruno Retailleau.

Si Emmanuel Macron décide de nouvelles mesures sécuritaires, il risque en revanche de mécontenter davantage encore une partie de sa majorité LREM, qui s’était abstenue à l’Assemblée lors du vote sur la loi anticasseurs. De l’autre, le Sénat, dirigé par la droite, va auditionner demain le ministre de l’Intérieur et celui de l’Economie, suite aux violences (à suivre en direct sur Public Sénat à 16h30). Alors qu’il semblait retrouver un peu d’air grâce au grand débat, Emmanuel Macron se retrouve pris en étau sur le plan sécuritaire.

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