Ségolène Royal multiplie les attaques contre l’exécutif, la macronie s’agace
Réforme des retraites, écologie, pension d'Emmanuel Macron: Ségolène Royal multiplie les attaques contre l'exécutif et agace la...

Ségolène Royal multiplie les attaques contre l’exécutif, la macronie s’agace

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Public Sénat

Par Nadège PULJAK

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Réforme des retraites, écologie, pension d'Emmanuel Macron: Ségolène Royal multiplie les attaques contre l'exécutif et agace la majorité. "Ils ne savent plus quoi inventer pour me faire taire", dénonce l'ex-ministre, qui devrait être convoquée devant l'Assemblée nationale pour s'expliquer sur son bilan d'ambassadrice des pôles.

Ségolène Royal prévient la macronie qu'elle ne désarmera pas: "je continuerai chaque fois que c'est nécessaire. Ils devront s'y habituer", a-t-elle déclaré jeudi dans un entretien à l'AFP.

Depuis quelques jours, le compte Twitter de la candidate socialiste à la présidentielle 2007 semble observer une sorte de trêve de Noël. Mais son dernier message en date du 22 décembre résonne encore dans les oreilles de la macronie. Commentant l'annonce qu'Emmanuel Macron allait renoncer à sa future pension d'ancien président, elle y pose "la vraie question", celle de "savoir s'il renonce à retourner après l'Elysee dans le monde du business mondialisé avec les énormes retraites chapeaux qui vont avec".

Le tweet, dernier d'une série de salves critiquant le pouvoir sur les pesticides, la réforme des retraites ou l'hôpital, déclenche aussitôt une levée de boucliers des soutiens de M. Macron, de la députée LREM Aurore Bergé jusqu'à Alexandre Benalla.

"Nous avons appris à suivre l'intensité des critiques de Ségolène Royal en fonction de la proximité ou de l'éloignement dans lequel elle se situait de participer, de près ou de loin, à des fonctions officielles dans le gouvernement ou proches du gouvernement. Ces critiques doivent signifier qu'en ce moment, elle en est très loin", cingle le patron des députés en marche, Gilles Le Gendre, sur LCI.

"Elle est gonflée, elle en veut à Macron parce qu'il ne l'a pas proposée comme commissaire de la France à la Commission européenne", embraye Daniel Cohn-Bendit, ancien eurodéputé EELV devenu proche d'Emmanuel Macron, en évoquant "une vengeance" de la part de Mme Royal.

Dans le Point, Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos, voit dans les critiques quotidiennes de l'ex-ministre de l'Environnement de "la démagogie pure" et un "excès d'opportunisme", motivé par la volonté de plaire à "un électorat très à gauche".

C'est dans ce contexte que le Figaro révèle, le soir du réveillon, que Mme Royal va prochainement recevoir une convocation devant l'Assemblée nationale pour répondre de son bilan d'ambassadrice des pôles, un poste sur lequel elle a été nommée par Emmanuel Macron.

- "Supprimer" les candidats à 2022 -

Deux députés, Christophe Naegelen (UDI) et Eric Girardin (LREM) veulent entendre ses explications sur "son absence à l'ensemble des réunions officielles au Conseil de l'Arctique qui se sont tenues depuis sa nomination" il y a deux ans et "ses interventions médiatiques quasiment hebdomadaires sur la politique nationale".

"Elle semble plus active dans la politique nationale que dans son rôle d'ambassadrice", fait remarquer le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde auprès de l'AFP.

Réagissant jeudi à cette "opération de communication", Mme Royal dit qu'elle n'est "pas dupe des arrières-pensées politiciennes".

"Ils ne savent plus quoi inventer pour me faire taire parce que toute parole de vérité qui dénonce les graves désordres sociaux dont la France souffre les dérange", lâche-t-elle à l'AFP, déterminée à se défendre énergiquement contre toutes ces "calomnies".

Déjà mise en cause mi-novembre pour l'utilisation de ses moyens d'ambassadrice à des fins personnelles, Mme Royal avait assuré que "tout est faux", en promettant d'aller "porter plainte pour diffamation", une menace restée jusqu'ici lettre morte.

Il est "impossible d'utiliser une ligne budgétaire ministérielle" à sa guise. "Il y a un contrôleur financier!", argumente jeudi celle qui a confié ces derniers mois ne pas exclure une candidature à l'Elysée en 2022.

Ses défenseurs dénoncent une opération de représailles. "Tout le monde a compris: il s'agit de supprimer tous les candidats - c'est fait avec Jean-Luc Mélenchon, c'est fait avec Ségolène Royal - potentiels à l'élection présidentielle, tout en préservant bien Madame Le Pen", estime François Kalfon, conseiller régional et membre du bureau national du PS, accusant Emmanuel Macron de tout faire pour se retrouver une nouvelle fois face à Marine Le Pen au second tour en 2022.

npk/jk/sl

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