Sénat et Assemblée trouvent un accord sur les mesures d’urgence face au COVID-19
Sénateurs et députés, réunis en commission mixte paritaire pendant 4h, se sont mis d’accord sur un texte commun pour instaurer un état d’urgence sanitaire pour faire face au Coronavirus. Deux points faisaient l’objet des principaux débats : les restrictions empiétant sur la liberté des Français et les élections municipales.

Sénat et Assemblée trouvent un accord sur les mesures d’urgence face au COVID-19

Sénateurs et députés, réunis en commission mixte paritaire pendant 4h, se sont mis d’accord sur un texte commun pour instaurer un état d’urgence sanitaire pour faire face au Coronavirus. Deux points faisaient l’objet des principaux débats : les restrictions empiétant sur la liberté des Français et les élections municipales.
Public Sénat

Par Tâm Tran Huy

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Une liste précisant les restrictions

C’était le principal point de désaccord entre l’Assemblée et le Sénat. Lors de l’examen du texte à l’Assemblée, les députés avaient donné le champ libre au gouvernement pour restreindre les libertés des Français. Limitation des déplacements, confinement, quarantaine, isolement, fermeture d'établissements recevant du public, interdiction des rassemblements, réquisition des biens et services, contrôle des prix, toute mesure pour approvisionner en médicaments. Les députés avaient par ailleurs ajouté une rédaction laissant carte blanche au gouvernement, l’autorisant à prendre « toute restriction de liberté nécessaire dans la crise sanitaire ». Impossible pour le Sénat qui souhaitait une liste précise des restrictions et qui a obtenu gain de cause. Cet alinéa a été retiré : « Nous nous sommes opposés à ce que le Premier ministre a appelé lui-même une clause de compétence générale. » explique Jean-Pierre Sueur, vice-président (PS) de la Commission des lois.


Abstention des socialistes, opposition des communistes et de LFI

« Ce texte est très hard en matière de renforcement des pouvoirs de l’exécutif » précisait Jean-Pierre Sueur en entrant en réunion. L’autre socialiste de la commission mixte paritaire, Marie-Pierre de la Gontrie, et lui se sont d’ailleurs abstenus, annonçant le vote de leur groupe en séance publique. « Il y a une grande extension de tous les pouvoirs de l’exécutif sans contrôle du Parlement, ce n’est pas assez cadré » estime-t-il à la sortie. « On a gardé les mesures de restriction du Sénat tout en veillant à ce que le champ d’action soit assez souple » juge au contraire Stanislas Guérini, le délégué général de la République en marche, également présent dans la négociation. Comme le réclamait le ministre de la Santé Olivier Véran, il a pu ajouter à la liste « la restriction de la liberté d’entreprendre ». Le groupe communiste au Sénat lui n’avait pas de membre titulaire participant à la réunion mais avant même qu’elle ne touche à sa fin, il avait fait connaître sa position.


En conséquence, il vote contre (tout comme doit le faire le groupe LFI à l’Assemblée). En dehors de ces oppositions des groupes de gauche, les autres groupes ont voté favorablement le texte.


Accord trouvé sur la tenue du second tour des municipales

Même si les municipales restent un sujet important pour les parlementaires, tous avaient conscience qu’il ne fallait pas faire échouer le texte pour cette raison. Indigne du débat et inexplicable auprès de l’opinion publique… « La priorité a été donnée à l’urgence sanitaire » explique le sénateur LR René-Paul Savary. L’Assemblée nationale avait supprimé l’obligation fixée par le Sénat de déposer les listes des candidats au second tour avant le 31 mars. Les sénateurs dénonçaient un « tripatrouillage » dans la volonté de l’exécutif de permettre le dépôt des listes de 2e tour jusqu’à quelques jours avant le 21 juin. Finalement, les parlementaires ont levé le point de blocage sur les municipales. Un rapport scientifique doit être rendu le 23 mai pour permettre de dire si le 2e tour peut bien se tenir le 21 juin. Le dépôt des candidatures (avec les accord et fusions de liste habituels) devra avoir lieu début juin. Stanislas Guérini conclut : « c’était important que l’énergie politique soit consacrée à la crise et qu’on n’entre pas dans une phase politicienne. Toutes ces heures de débat ont montré le travail très utile du Parlement pour enrichir un texte d’urgence. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture ICIEU
4min

Politique

L'IVG doit être un « droit » reconnu par l'Union européenne pour cette eurodéputée finlandaise

L’Union européenne apparaît comme un rempart des droits des femmes, mais si on y regarde à la loupe, elle connait aussi une forme de régression. Ainsi, le droit à l’avortement est en recul dans plusieurs pays tels que l’Italie, la Hongrie, et surtout la Pologne, où il est quasiment interdit, tout comme à Malte. Malgré une initiative populaire reprise par la Commission européenne pour donner un accès à l’IVG pour toutes les européennes, la bataille idéologique bat son plein. "Ici l'Europe" ouvre le débat, avec les eurodéputés Anna Cavazzini (Allemagne, les Verts), Sirpa Pietikäinen (Finlande, PPE) et Marc Angel (Luxembourg, S&D).

Le

Sénat et Assemblée trouvent un accord sur les mesures d’urgence face au COVID-19
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Second round legislative election-Dijon
11min

Politique

Sondages : pour les municipales, « un exercice vraiment plus difficile » pour les sondeurs

Les sondages sont-ils fiables pour les municipales ? C’est la question qui se pose après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.

Le